El-Bekri, Description de VAfmqiœ septenlrionaley p
2. Tissot, op.cii., p. 303-371. De la Blanciièke, op. cit., passiin, ot p. 8^1.
elle est signalée par les géographes de l'antiquité : Hérodote, Scylax, Pomponius Mêla, Pline ^ A marée haute, les marins grecs pouvaient tirer leurs barques sur le sable et passer dans le lac Triton, avec Taide de pilotes indigènes 2; une lie se trouvait au milieu du détroit qui faisait communiquer avec la mer le lac ou golfe Tritonide ^. Ce golfe était évidemment situé dans le sud de la Tunisie et ne saurait se confondre avec le Triton que Strabon place au fond de la grande syrte * : Tcxistence de la marée, le voisinage de Tautel des Philènes, le fait que le pays des nomades et des sables ne s'arrêtait pas exactement à la rive orientale et que le pays des agriculteurs commençait à une certaine distance seulement de sa rive septentrionale ^, le placent nécessairement au voisinage de Toasis actuelle de Gabès.
Mais les travaux de H. Fuch, les conclusions des rapports de la mission Roudaire, les études géologiques de H. Rolland et de M. Pervinquière, les opinions de Pomel, Reclus, de Vivien de Saint-Martin, de M. Marcel Dubois, semblent distinguer absolument le chott Djerid et l'ancien lac Triton. En eflfet le seuil de Gabès qui sépare le chott de la mer est formé d'une assise rocheuse quaternaire de 13 mètres au minimum, recouverte de Sk mètres au moins de limons, sables gypseux et cailloutis; le chott Djerid lui-même est élevé de 15 à 20 mètres au-dessus du niveau de la mer; un seuil rocheux de 91 mètres le sépare des chottsRharsa etMelghir; au delà seulement, à 173 kilomètres de la mer, commencent les dépressions creusées en contrebas de la Méditerranée ^. Toute la partie orientale du Sahara et les plaines des chotts tunisiens sont de formation quaternaire et, de l'avis des géologues les plus autorisés, semblent d'ori-
1. HÉRODOTE, IV, CLXxviii. PéHpIe de Scylax, 110. Pompomis Mêla, I, vi cl