De la Blancukke, op. c'U.j p
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dues. Mais précisément ces témoignages et ces raisons nous fournissent l'explication d'une contradiction apparente entre l'histoire et la géographie. Hérodote nous avertit que « la Lihye, dans ses meilleures régions, ne parait pas assez fertile pour être comparée à l'Asie ou à l'Europe »> . C'est de « jardins » que parlent les textes arabes, et les ruines nombreuses de fermes et de villages romains parsemés dans les bleds, Texistence même de cités importantes aux carrefours des grandes routes, nous indiquent bien que la forêt africaine ne fut pas l'œuvre de la nature mais de l'industrie humaine qui la créa et l'exploita : par une ingénieuse économie de l'eau jaillante et ruisselante, les agriculteurs avaient fécondé le pays; l'examen détaillé des travaux romains nous le montre; et les barrages, les citeiiies, les aqueducs subsistants, s'ils étaient en état et aussi bien entretenus, contiendraient sans doute autant d'eau qu'à l'époque où ils furent construits; il ne nous semble pas permis de supposer une variation sensible du débit des sources et des oueds depuis dix-huit siècles; il y a peu de travaux d'irrigation, et les débris de pressoirs, lesnoms significatifs de ruines nombreuses : KsarZitouna, Hir. Zitouna « le château de l'olivier » nous prouvent que la « forêt méridionale » fut une plantation de cultures indigènes de terre sèche, une immense olivette, semblable aux olivettes modernes de Sfax, de Sousse et de Haknassy ^
Ainsi la nature ne fut pas transformée : mais l'homme utilisa sagement les ressources qu'elle lui donnait.
Les travaux humains d'ailleurs ont pu réagir dans une certaine proportion sur les forces naturelles utilisées : le sol, cultivé, retenait mieux l'humidité et la terre devint sans doute, à la longue, plus fertile; le sable se fixa; sous l'influence des cultures, les pluies et les rosées purent être plus abondantes; et, dans les cantons pauvres respectés par la colonisation, sur la montagne même, les arbustes, les tamarins, les broussailles
1. HÉRODOTE, IV, cxcviii. Cf. Ics articlcs de Wolfrom, de Carton, etc. Infra, p. G2 et sq., lOl et sq.
cl les herbes, préservés du pacage par la prédominance de la vie sédentaire, purent former un maquis* plus serré.
Mais la vie pastorale reparue, la broussaille livrée de nouveau auv moutons et aux chèvres, le chameau introduit dans les olivettes abandonnées, les citernes comblées et les barrages rompus, l'eau torrentielle dépouilla de nouveau les pentes, le sable envahit les bleds ; et le pays redevint ce qu'il rtail autcmpsdeMarius,ce qu'il est aujourd'hui. Il n'est certes pas nécessaire de supposer l'apparition vers l'an 1250 du M maximum de chaleur de l'époque ioterglaciaire actuelle »* : l'incurie humaine suffit à expliquer l'aridité des environs de Gafsa et du sud de la Tunisie.
C'est le détail de cette prospérité et de cette destruction successives produites par l'activité et Tinertie des hommes, qu'il convient d'étudier maintenant.
1, Mfircj'l Dubois, fa Tunisie au début du A' A* siècle, Introduction géographique ^ p. 2f>-27.
'lu TcLUER, toc. cil. y p. 55.