fd., p. 155 et sq
grandit en population et en importance politique : « THécatompyles » égyptienne, la Kafaz phénicienne * ne pouvaient exister sans de vastes jardins pour les nourrir. Et tandis que les Égyptiens introduisaient leurs casques, leurs armes, leurs cuirasses étiez les populations riveraines du lac Triton ^, ils apportaient avec leurs armées et leurs caravanes, sll faut en croire la légende, cette espèce de palmiers particuliers aux lies Pharaoun et dont les dattes ne mûrissent pas ^, peut-être aussi Folivier et d'autres arbres fruitiers venus d'Orient en Tunisie, des légumes, et, sans doute, leurs primitives araires dont nous voyons encore, dans Toasis et dans la région de Gafsa, des copies à peine modifiées, traînées, comme les ctiarrues des bas-reliefs égyptiens, par un bœuf sous le joug, par un àne, ou par un chameau ^.
A l'époque où les négociants phéniciens, puis les navigateurs grecs, fréquentaient le golfe de Gabès et pénétraient peut-être, à quelque distance de la côte ^, jusqu'à Kafaz, appelée par Tissot grand emporium saharien ^, presque tout le pays situé entre le rivage des Syrtes et cette oasis était occupé, comme aujourd'hui, par des nomades ^ « qui aimaient mieux mettre leurs terres en pâturages pour leurs troupeaux, que de les ensemencer » ^ et « combattaient la disette d'eau en se nourrissant presque toujours du lait et de la viande des animaux sauvages » ^ : la nourriture de ces pauvres tribus était « toute pour la lutte contre la faim et la soif », sans que rien existât pour le caprice et pour le luxe ^^ .