M/ra, p
que la population sédentaire des plaines de Capsa, Thigès, Thasarte, Maknassy, put être de 150.000 habitants environ, soit 30 au kmq. sur les surfaces cultivées, 15 environ sur Tensemble du territoire (oasis non comprises)*.
A cette population sédentaire du bled, il faut ajouter la population nomade qui n'avait pas complètement disparu sous la domination romaine, puisqu'elle reprit, dès Tépoque vandale et byzantine, une importance politique considérable dans le pays^. Autrefois comme aujourd'hui, les sédentaires avaient besoin pour, vivre des troupeaux nomades, et ceux-ci pouvaient trouver d'excellents pâturages sans les régions montagneuses d'El-Ayaïcha et du djebel Sehib, sur toutes les pentes impropres à la culture, sur les terrains humides voisins des barrages, même dans les intervalles laissés libres entre les olivettes, et principalement sur les bords marécageux des sebkhas et des garaats^. Malgré ses riches plantations, la région ne cessa pas d'être le « pays du mouton ».
Ce n'était pas trop des réserves d'eau des citernes romaines pour les usages alimentaires et domestiques de ces 150.000 sédentaires, de ces nomades, de ces troupeaux, et pour l'arrosage de quelques jardins disséminés dans les olivettes, au voisinage des habitations.
Ainsi, par des travaux assurément modestes si on les considère chacun en particulier, mais bien appropriés aux conditions géographiques et construits sans doute peu à peu, après expérience, les colons du sud de la Tunisie transformèrent le régime économique de leur pays. Même, ils réussirent k en modifier sur certains points le climat : en effet, ces grandes plantations qui fixaient le sable des plaines et retenaient l'eau des pluies; ces barrages qui forçaient les eaux ruisselantes après les orages, à s'arrêter au milieu de leur course dévastatrice, à déposer le limon qu'elles contenaient, et à créer ainsi