‹ La Capsa ancienne: la Gafsa moderneChapitre 62 sur 133 · Baraban^ op. cit., p. l · texte numérisé non relu

Baraban^ op. cit., p. l

palmier y rencontre, moins bien favorisée que les oasis du Djerid; elles valent environ 1 fr. 50 la grappe de 10 kilogr. Les autres, charnues et riches en sucre, connues sous le nom de Deglat en-Nour, sont exportées en France et dans tout le bassin de la Méditerranée au même prix et avec la même marque que les dattes célèbres du Djerid, et valent 40 à 60 francs les 100 kilogr. K

Le nombre officiel des palmiers de Toasis était de 32.000 environ en 1887, d'après M. Blanc^ de 64.000 en 1891, d'après la statistique du gouvernement tunisien (en comprenant dans cette évaluation les palmiers d'El-Guettar) ^, et le produit de Kanoun des dattiers en 1903 permet d'évaluer à 40.000 environ le nombre des arbres productifs à cette date et à 80.000 le nombre total des palmiers de Gafsa et d'El- Guettar ^

1. ScHWEiNFURTH, op. cU.y p. 241-245, 302. — Blanc, op. cit., p. 19. — Rebatel ni Tirant, op. cit., p. 311. — Rimkhe et LEcq, Afanuel d^ A gHculture algérienne, p. 341.

2 Blanc, op. cil., p. 19.

3. Secrétariat général du gouvernement tunisien, statistique officielle, 1881-1892, p. 263.

4. Le produit de Kanoun des dattiers dans le caïdat de Gafsa a été de 22.852 fr. (55 en 1903, d'après le règlement déOnitif du budget de 1903 (renseignement fourni par le ministère des Affaires étrangères). Le taux de Kanoun étant à Gafsa do 1 franc par dattier deglat et de fr. 50 pour les autres variétés, si nous évaluons à un huitième de la recette totale le produit des dattiers deglat, proportion observée à Tozeur et à Nefta (Indicateur tunisien, 1905, p. 408-409), nousobtenons un total d'environ 3.000 dattiers deglat et 40.000 dattiers ordinaires. Il faut ajouter à ce nombre les palmiers non producteurs de dattes et les dattiers de moins de vingt ans exempts de l'impôt, environ 40.000 arbres d'après la proportion observée à Tozeur et à Nefta (Indicateur tunisien, 1905, p. 125, 408-409).

Masselot, Les dattiers des oasis du Djerid, Bull. agr. et comm., a\Til 1901, p. 114-161; uov. 1901, p. 115-116 : • Le palmier est larbrebéni des Arabes. 11 sert à tous les usages. Tandis que les fruits subviennent à la nourriture d'une très nombreuse population, ses feuilles pressées, sont converties en chapeaux, vn paniei's, en nattes, en zembils d'ânes, en éventails, en plumeaux et même en récipients pour l'eau ; ses palmes, au Djerid, servent à la confection des plafonds, des berceaux, des cages de lit, des barrières, des nervures de tentes et, disposées parallèlement, elles constituent un très bon sommier; c'est avec les rpines des palmes qu'on fait les peignes pour carder la laine et la tisser; son stipe, indépendamment du chauffage, est, à l'exclusion de tout autre bois, em-

GEOGRAPHIE ÉCONOMIQUE. lH^

Les arbres fruitiers de toutes les espèces croissent A Tabri des palmiers dans Toasis de Gafsa : amandiers, pêcbers, abri-cotiers, pruniers, pommiers, cognassiers, figuiers, jujiibiei^, grenadiers, orangei*s, oliviers; les jardins sont en pleine floraison au début du printemps et la cueillette des fruits, à Tautomne, coïncidant presque avec celle des dattes, les remplit d'animation et de vie intense.

I-,es légumes et les plantes les plus diverses, abrités du vent, viennent dans d'excellentes conditions, grAce à l'irrigation el à Tactivité intelligente des maraîchers : henné, tabac, piment, fèves, pois, haricots, melons, potirons, concombres, citiouilles, pastèques, tomates, aubergines se pressent et se succèdent dans Toasis; le maïs, Forge et le blé occupent des espaces relativement considérables, principalement dans les parties où la palmeraie, moins épaisse, laisse le soleil pénétrer davantage

ployé dans la menuiserie ou dans la charpente des maisons, selon la Lfua* lité.

• On a remarqué que les palmiers dont les racines étaient pivotaute* ilonnaient un bois beaucoup plus résistant et à grain plus serré que len aiUro^f. Lu matière textile qui entoure la base des palmes que nous nommons la boune et les Arabes • liffa • sert à faire d'excellentes cordes, des matelas^ drs nattas, des zembilsy des cliouaris (sorte de sacs) pour les dattes. Les pédoncules des régimes sont utilisés pour la confection de certaines cordes grossi èfï^s^ ceux d'une espèce particulière appelée - gundi ■ sont employés dans la teiniijjvrie. Les brindilles qui supportent les dattes sont données quelquefois an \ chameaux pour leur nourriture, on en fait aussi des balais et des allumettes qui' I on enflamme en les frottant l'une contre Tautre. Entaillé d'une certaine faron, \o palmier produit selon le procédé d'extraction une boisson douce et fermentée qu'on nomme* lagmi •. Bref toutes les parties de cet arbre sont ulilÎM-es. LêJ^ indigènes disent qu'un chameau pénétrant dans un jardin de paluiin^ fieul en ressortir complètement harnaché de sa bride, de sa naouia, de scii deux chouaris et même, ajoutent-ils naïvement, du bâton pour les faire liiaivher. Lorsque, trop vieux pour produire encore, le palmier doit céder à un plus jeune la place qu'il occupe dans le jardin, abattu sans pitié parti' kli^ïiaméâ qu'il a nourri si longtemps, son gigantesque cadavre jonche le sol, il offiT encore un dernier don : son cœur dont les indigènes sont très friands, w ot son bois.

En outre on peut fabriquer de l'eau-de-vie avec les dattes : en faisant rermenter pendant quinze jours dans de l'eau additionnée de fenouil 100 k^. de datie», on obtient après distillation 40 litres d'alcool à 50 degrés. A Gafsit. quiiL7.e Israélites sont pourvus d'alambics et distillent l'eau-de-vie des daui-s l£lk\, Let industries imiiyènes de ta Tunisieyp. 93).

LA GAPSA ANCIENNE. 7

entre les palmes ; ils complètent la série des végétaux alimentaires cultivés dans l'oasis ^

Cependantles cultures n'ont pas dans toute Toasis l'aspect que nous venons de décrire : l'olivier en effet est trop arrosé dans les jardins à palmiers; il y est trop à l'ombre et manque d'aération; il jaunit, ses racines pourrissent, ses fruits sont peu nombreux et de qualité médiocre^. Aussi des olivettes très étendues ont-elles été plantées hors de la palmeraie, principalement au nord et au sud-est de l'oasis, dans la direction du chemin de fer; elles occupent environ les deux tiers de la surface de l'oasis : sèches ou légèrement arrosées au moment de la floraison, en avril, mai, et au mois d'août ou de septembre, ces olivettes sont très productives, bien que les indigènes de (iafsa ne pratiquent pas la taille des arbres comme les m'rharei sfaviens et les jardiniers d'El-Oudiane*^.

La culture de Tolivier a une importance spéciale à Gafsa, marché central où les nomades du sud-ouest de la Tunisie viennent chercher l'huile qui est un des articles les plus importants de leur régime alimentaire : il y avait à Gafsa en 1899 plus de l'i.QOO oliviers produisant annuellement 15.000 à 20.000 heclolifns d'olives et 3.000 à 5.000 hectolitres d'huile ^ En 1905 lo nombre dos oliviers dans tous les caïdats de Gafsa i El-Guettar

L TiUANTOt Rabatkl, op. Cit., ]). 311-312. Ca(jn\t et Sai.adin, Clakf.tie, Blanc. Ole, hc. cil. RiviKiiE ot Lecq, fip.ril.y p. 21M]-3î*S, 0111»- 722. Il y a môme à (Jafsii 1 11 ce tare HT) do vigne {Itappuvl au Président, llKXî, p. 5G()).

La i-aiine à sucre et le coton pourraient trouver sans doute dans les jardins In^ nii^dies conditions d'humidité du sol et de sécheresse de Pair qu'ils renconircril l'u Egypte ou au Soudan. Mais ces plantes néces-siteraient, à cette limite exljvine de leur zone de production, des soins trop méticuleux, un arrosage irap aiiondant pour les ressources en eau de Gafsa et nuisible aux autres produits de roîisis : la culture en serait trop délicate et trop restreinte pour être ivMlunératrice (Hivn*:uEel Lkc(^ op. rit., p. 281>-21)t), 31 l-3lt>. Cohnl, li.O.S.. 15défi-inbrel8lXi, p. 10HI-1Ù85).

2, AJnAN<;oiN, Culture lie rolivirr,\). 39.

'A. \\K ftfiil, l.(MM) métrés cubes d'eau par Ha. — Vivien de Saint-Mautin, op. cil. ^- Fi.^utv, Les industnrsitutif/ènes en Tunisie, llMl), p. l!5. — /nfra,p. 105.

L FuLUY, op. cit., p. ÎC>. — La moyenne de la production, pendant les di.x dernières années, a été de l.G<x> hectolitres (moyenne fournie par le contrôle civil de Gafsa en lUOt)).

et Nécbiou compris) était de 133.758, dont 9.561 sauvages et 13.508 plantés depuis moins de vingt ans (non imposés) ^ La fabricaiion de l*bui1e est une industrie très active dans Toasis; les procédés, du moins ceux des indigènes, sont grossiers : leurs instruments, les pressoirs surtout, rappellent tout à fait ceux dont se servaient les agriculteurs de l'époque romaine : « Après la cueillette, les olives sont entassées dans une chambre obscure de rbuilerie, par coucbes alternant avec une couche de sel. Elles macèrent ainsi pendant trois ou quatre mois... Malbeureusement la fermentation qui se produit pendant la macération des olives communique à l'buile une rancidité qui la rend insupportable à des palais européens. Les olives sont ensuite portées au moulin qui consiste en un rouleau de pierre dure ou en une meule tournant dans une auge, en pierre également, par le moyen de la traction animale. La pulpe et le noyau sont broyés ensemble, ce qui contribue encore au mauvais goût de Tbuile ; la pâte résultant de ce broyage est recueillie dans des couffins en alfa, lesquels, empilés les uns sur les autres, sont soumis à Faction de la presse. Celle-ci toute en bois, se compose de plateaux, mobiles entre deux montants verticaux, et actionnés soit par une vis, soit par un tronc d'arbre faisant levier. Le liquide exprimé se rend dans un récipient où, par le repos, l'buile ne tarde pas à surnager et est recueillie dans de grandes jarros do fabrication locale 2. » Malgré l'imperfection de ces procédés, les huiles de Gafsa, célèbres dans la Berbérie depuis jïlusieurs siècles, suffisent largement à la consommation locale; les huiles de fabrication européenne plus fines alimentent même un certain trafic d'exportation et le commerce total des huiles se monta en 1900 à 300.000 francs environ 3.

1. /Rapport au Président, 11)05, p. IjOT. — Imlicaleur luitisien, VM7t, ]k 1 *C.

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