‹ La Capsa ancienne: la Gafsa moderneChapitre 77 sur 133 · Infra, p. 125 et sq · texte numérisé non relu

Infra, p. 125 et sq

L\ CAFSA ANCIESltE. Jl

lîii2 LA GAFSA ANCIEiNNE ET MODERNE.

absolument unis les uns aux autres ; elles ont donné lieu à des mouvements d'échanges si complexes et ont rendu les habitants du pays, nomades et sédentaires, si étroitement solidaires que Ton conçoit bien les raisons de leur rivalité constante avant le règ^ne dr la paix française : c'était une nécessité économique inrluctable, pour les pasteurs de s'assurer la suzeraineté sur Toasis^ pour les ksouriens de sauvegarder leur indépendance afin de pouvoir traiter d'égaux à égaux avec tous leurs voisins; ces luttes sans cesse renaissantes, ces guerres de la faim no leur procurèrent que la misère : nomades et sédentaires, plus isolés dans leurs cantons que les habitants de nos vieilles provinces agricoles françaises ne le sont du reste du pays, ont un besoin de calme et de sécurité plus grand encore, ils sont unis par des liens plus intimes peut-être que les maraîchers, los artisans, les bourgeois de nos villes et les cultivateurs, les bergers plus rustres des campagnes voisines.

Détenninés par les conditions naturelles du pays, ces rapports étroits ne pouvaient que gagner en régularité à rétablissement du Protectorat français qui leur a permis de se manifester, sans être entravés par l'état de guerre et de pillage. C'est par le seul perfectionnement de ces rapports entre les populations, par l'amélioration des procédés de culture, d'élevage ot d'industrie locale que l'on a cherché, avec raison, à développer la prospérité du pays; instruit par l'exemple des Romains, le gouvernement tunisien a donné tous ses soins à la conslruction d'ouvrages hydrauliques et d*aménagement de Teau^ qui sont la condition essentielle de tout progrès en ce pays.

Si dans vingt ou trente ans, comme il est probable, l'oasis de Garsa s'est largement étendue, si les cultures d'oliviers couvrent dans le bled de vastes territoires à côté des parcours nomades, «i l'élevage est plus parfait et donne lieu à des transactions nombreuses, si le commerce des lainages reste plein iFaclivité, cette situation nouvelle sera due au développement de la situation actuelle; si un important commerce d'expor-

tation s'établit, si un courant d'importation se crée, si le chemin de fer devient l'artère vitale de la région et Tun des principaux agents de sa prospérité agricole, l'autonomie ccïjnomiciue de la région n'en subsistera pas moins : c'est le vieux nuirché local de Gafsa qui aura donné naissance, par son extension, au marché nouveau, et le séculaire groupement gcographiqur des cultures et des industries du pays restera le fondement id la garantie de sa prospérité.

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