‹ La Capsa ancienne: la Gafsa moderneChapitre 92 sur 133 · TissoT, op. cit., p. 427, n" 3; Héfiodote, clxxviii · texte numérisé non relu

TissoT, op. cit., p. 427, n" 3; Héfiodote, clxxviii

palmiers étrangers et improductifs de ces lies * ; les noms du Menaceb Faraoûn, le « camp de Pharaon », dans TAurès, de Henegère et de Menegessem, villes anciennes de la plaine fertile du Fouçanah, à 140 kilomètres au nord de Gafsa-, sont des traces sérieuses de ces invasions égyptiennes successives. Il est possible que Gafsa ait été visitée par les Égyptiens établis tout à Tcntour, sur les routes qui convergent vers cette oasis: mais il est difficile de dire dans quelles circonstances. Cependant M. du Paty de Clam veut que Gafsa ait été prise et fortifiée par une armée kouschite au vni* siècle avant Jésus- Christ. D'après la légende, dit-il, d'après Salluste, Diodore de Sicile, Paul Orose, Capsa fut fondée par Melkarth, rilercule libyen et tyrien, qui l'aurait entourée d'un mur percé de cent portes, d'où le surnom d'Hécatompyles ^. Nous connaissons une autre « ville aux cent portes » fondée par l'hercule tyrien; la religieuse Tape, Thèbes, d'où partît, pour envahir la Libye, le Pharaon Tarhaqua (en 742). L'origine fabuleuse commune, le nom semblable de l'oasis libyque et de la cité égyptienne,

1. TissoT, o/y. (il., p. 110. Lo nom exact des îlos Fai-aoùn d*api*ès Tissot (p. 1 11) est djozira Nkil Famoùn • îles des palmiers de Pharaon ■.

•i. TissoT, op. ciL, p. 427, note 3. « Men • signifie • la place, le camp -. Des rapports analogues ont été cités entre le nom de Nepharis (près de Tunis), forme hellénisée de ■ Neiïer » - la bonne -, élément de MeneflTer, Memphis; — entre Tunis (Thinissa) et Thynis en Ilaute-Êgypte (Tissot, op, cit., p. 427, note 3); — entre Tunis et Tanis dans le Delta du Nil (Medixa, Un peuplement ayro'hélhéen etc., II. Tun., 1899, p. 392); — entre Maktar de Tunisie et Maktar du Delta etc. Il ne semble plus possible, après les ti'avaux de M. Médina, de considén'i-, iivtr' Tissot (o/t. cil., p. 427, n° 3), ces analogies comme résultant crune coiiuiiimaulr < l'origine entre les Berbères et les Égyptiens : cette comiiiumiiilé d*ori;:iïii' semble beaucoup trop lointaine pour avoir pu pi-oduire des eHi'is si cnrai^téristiques et les villes que nous signalons ne sont pas situées dans l*ère ti'ov|>îiiision des premiers Berbères probablement originaires d'Ét^ypto, les hjeridts (cf. su/tni, p. (Kl et 89). Une nécropole que M. Médina décl^jv '"gypt îi-nne l't d<'s oh}oU> orientaux et égyptiens (scarabée au cartouche dv Thoiitmès III *"tc.), s<ms doute antérieurs à la fondation de Carthage, ont été trouvés il Saint-I.ouis de Carthage (Medixa, A^. sur la nécropole etc., IL Tuiu. mn. \i, TA)-^,).

:i. Svi.i.LsTi'i .lugui'tha, i.xxxix; Diodore de Sicile. — Paul Orose, V, 15. — Gi;ùiis, loyo'jtf titrftéoloyiqtie dans la rrgence de Ttinix^ I, 281; cite Mannert qui iilenlîJle llécatompyles et Gafsa,

LA POPULATION. i63

cette coïncidence de rexpédition en Libye d'un roi thébain, décident M. duPaty de Clam à considérer le Pharaon Tarhaqua comme le vainqueur et le seigneur suzerain de Gafsa, et sans doute de tout le sud tunisien et de l'Aurès oriental ^ A Tépoque carthaginoise, Gafsa s'appelait encore « la murée >» : Kafaz -.

Peut-être aussi la muraille de Gafsa fut-cllc élevée par quelques Phéniciens ou Carthaginois, pirates ou commerçants adorateurs de Helkarth, car l'Hercule libyen était un grand voyageur et un grand marcheur ^.

Il est bien délicat de se prononcer, puisque nous ne connaissons aucun fait historique précis se rap[)ortant à Gufsa, avant la prise d'Hécatompyles par le général carthaginois Hannon, en 243, et même avant l'expédition de Marins.

Quoi qu'il en soit des circonstances dans lesquelles GaTsa fuË fortifiée par des étrangers, les Égyptiens d'abord, les Grecs et les Phéniciens ensuite exercèrent une influence — économique et politique — sur la civilisation de ses habitants, e( les préparèrent sans doute, en les poliçant, k profiter largement des bienfaits de l'occupation romaine. CVï^t pourquoi nous avons tant insisté sur leur domination. Nous indiquerons plus loin l'influence commerciale des Égyptiens, des Phéniciens et des Grecs.

En ce qui concerne leur influence religieuse signalons que

1. Du Pat Y de Clam, Fastes chronologiques de (iafsa, p. 8ii ItK

2. Elysée Reclus, XI, p. 21 1. — Faut-il établir un rapprocher! j(*nl ^'ntri' ciî nom (rUécatompyles et de Kabaz et le nom de Gafsa à Tépoqne romaine : Capsa, dont l'homonyme signifie « le coffre, la cassette ^ (lioincc), - la ciiso pour conserver les fruits • (Mart.), • le cercueil • (Eccl.)? En un niol If^ nom de Capsa pourrait-il signifier - la close, la ville entourée de murailles -, * Vontrepôt fortifié »? Capsa était un ■ oppidum magnum atque îngens », SALLl^T^:,

3. TissoT, op. cil.. Il, p. G<>8. Diodore de Sicile^ iv S(\. — Ri-iUMtr», Ijt Ifnltlerranée phénicienne, Ann. de Géoc/., 1891-95, p. 275.

«64 LA r-AFSA ANCIENiNE ET MODERNE.

Ton peut retrouver Finfluence égyptienne perpétuée dans plusieurs nécropoles de Tépoque romaine, particulièrement le mausolée de Nara (Bir El-Hafel, à 70 km. au nord de Garsa) doïit la chambre funéraire est difficilement accessible S et que les cultes de Melkarth, l'Hercule tyrien, fondateur légendaire de (iafî^a, de Baal et de Tanit, le couple suprême des dieux phéniciens > furent assez populaires à Gafsa pour prospérer encore pendant l'empire romain, sous les noîns gréco-latins de Saturne ' et de Gérés '^ et préparer peut-être, par l'imprécision de leurs dogmes et le symbolisme des attributs divins, l'avènement des religions monothéistes d'Orient, le catholicisme et riskmisme^. Si superficielle en effet que paraisse leur domination, les Orientaux ont réussi à faire adopter quelques-uns de leurs procédés, quelques-unes de leurs croyances par les habitants de Gafsa : ceux-ci comme leurs voisins et leurs frères de la Berbérie orientale, ont toujours été très prompts A s'assimiler les connaissances qui servaient leurs intérêts ou n étaient pas en contradiction absolue avec le vieux fond de leurs convictions et de leurs habitudes locales.

Ils doivent à cette qualité précieuse la prospérité sans égale qu'ils connurent sous le protectorat de Rome.

L TOUT.41S, Les cités romaines de la Tunisiey p. 241 -•i43.

SsALAHiN et Cagxat, A/issiofi archéologique en Tunisie^ Arch. Missions se. et IHL, :.V si-rit-, t. XUl, p. 99.

■L Tiissoi Jiignale au voisinage de Kriz, village de l'oasis d'Ei-Oudiane, une tOle tra^!L*e au trait sur une roche et surmontée d'un croissant; il est probable ijue celle représentation divine, mi-anthropomorphique, milunaire, est celle de Baal Saturne ^Tissot, I, p. 479-180). Sur l'un des ex-voto néo-puniques de iMaktar si- Ui le nom d'un potier de Gemellae (Sidï Aïch, à 35 km. au nord de Capsa), Sextus Hamilcat (Toitais, op. cit., p. 261 ; CH.A. Inscr. et B.-L., 1890, p. 3.')^ il\ Corpus^ VII, suppl, n* 14314.

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