‹ La Capsa ancienne: la Gafsa moderneChapitre 93 sur 133 · Corpus, VIII · texte numérisé non relu

Corpus, VIII

1* TuLTUNtO;?. c<7., p. 211-230,261-262. Manceaux, La liUératurc chrétienne fhm rAfrif/ife du nord, p. 10. Médina, le Christianisme dans l'Afrique du nord amni l'hhm, H. tan., lî)01, passira. Schulten, U Afrique romaine, R, Tun.,

Toutefois, il ne faudrait pas se méprendre sur le caractère de la colonisation romaine en xVfrique et particulièrement dans le sud de la Tunisie. A Capsa comme ailleurs, le nombre des colons romains fut très restreint et ce sont les Berbères, plus ou moins civilisés par les Carthaginois et les Orientaux^ qui semblent avoir transformé le pays, sous la direction très large et les conseils des administrateurs, des officiers, des ingénieurs et de quelques grands propriétaires romains, avec le concours sans doute des commerçants et des financiers de Carthage et de la métropole.

En effet, la plupart des noms propres d'apparence romaine gravés sur les monuments et les stèles funéraires de Gafsa et des environs sont des noms indigènes : ou bien le nomen est de racine punique ou libyque^, ou bien le cognomen, rare dans le reste de Tempire, est emprunté à la religion populaire de Baal Saturne, ou bien il traduit un surnom nettement punique ou bien il exprime, selon la coutume carthaginoise, les idées religieuses ou morales de victoire, de bonheur, de progrès, de prière, de justice 2; — ou bien un individu n'a pas de prénom, ce qui est absolument contraire aux usages romains 3 ; — ou bien le surnom est individuel et distingue les

1. TouTAiN, op. cit., p. 173. — Chuhila. Corpus, VIII, S., 11238. Aclia Victoria Zat-acata, 11*210, et Aurelia Muslula^ 11257, \a.tor\{is Mulhimus, \\'2'it), So.xtiis ihtiiiileal de Gemellac 14314.

2. TouTAis, ap cit.f p. 183, 181, 186. — Flavius Saiurninus Acmilius, Corptts, VIII, 138, Antonius Saturninus, Ibld., 1 U, Acmilius Saturninus, Ibid,, 128, I'iuih ponius SahitfiinuSf Ibid., 11213; VakM'ius Donatus; Ibid., 112rjO. P. Taunimitjs JusUis, Ibid,, 1 U. — Valgius Secundxis, Ibid., 111. Valgius Datanius pator, lUd.^ 111. Vateria 6Vct/nrf€i, Vatcrius Januarius, /6«rf., S., lliTjO. Poniponia ^Vci^n^^i, Ibid.y S., 11258. Félix, Ibid., S., 11242. Apanius Forlnnotius {}>\mso\éQ du \\U\i\ Ilecheria), Galckler, Rapport épigraph. sur les découvertes faites en Tuid»if\ etc., Bull. Arch. C\ tr. hist, et se. y 1807, p. :{87. — Crescentia^ (-orpus, Vlfl. S., 11243. Aelia Victoria Zaracaia, Ibid., S., 11210. A'tVo, Ibid., S., 11212 - Sextus Julius liogatianus, Ibid., S., 11255. — Julius Hugatus (à Geinellae).

3. TouTAiN, op. cit., p. 180-188. — Julius Caiulidus, Corpus, VIII, 128. — Julia Cara, Ibid., 128. — Julia Pegasus, /bid., 128. — Julius Senteanus, Ibùi.^ 131. — Julia Quinta, Ibid., S., 11251. — Julius Kogatus, (à (iemellae), Caia.^t et Salidix, Mission arch., M. se. et litt., Xlll, 110-113. — Aelius Gudula, forpus, VUI, S., 11238. —Aelia Victoria Zaracaia, /6iVf., S., 112tO. —Aelius Cisgo,

166 LA GAFSA ANCIENNK KT MODKUNE.

individus d'une nrième famille ^ : — sur une liste de quarante noms déchiffrés dans la région de Gafsa, il n'y a pas, semblet-il, plus de quatre noms vraiment romains '-, hormis ceux des proconsuls et de leurs Tamilles ^; — même les deux légionnaires de Lambèze* originaires de Gapsa paraissent de souche indigène.

Sans doute les gens de Capsa, au moins les riches, comprenaient, parlaient, écrivaient même le latin, sous Fempire romain : les inscriptions en font foi. Mais ils devaient apprendre à Técole, très difficilement, cette langue si diflFérente des langues sémitiques qu'ils connaissaient naturellement; ils la parlaient mal, et Tépitaphe du tombeau d'Urbanilla^, rédigée pour la femme d'un riche exportateur capsitain, est en latin populaire. Il est bien probable que ce latin grossier, langue officielle et commerciale, n'avait nullement supplanté les vieux idiomes libyphéniciens qui devaient subsister dans les rapports journaliers et dans la vie de famille à côté des anciens cultes puniques à peine modifiés sous des noms nouveaux.

Aussi le pays semblc-t-il être demeuré presque entièrement berbère pendant Toccupation romaine malgré les apparences d'une assimilation complète, comme si les colons italiens ne s'étaient jamais fixés dans le sud de la Tunisie;

Ca(;nat, Ed'plov. épit/r.y III, p. G7, n* 1()8. — Aclius Caprasinus, Ibid.^ p. G8, n" 110. — Monna, Ibid., p. 76, ii» 121. — Juiiius Cn. Filins, Corpiif, VIII, 120. ~ Jiinius Qulntianus, Ihid., S., ll^fiG. — Fabius Fronto, Ibid., Kfô. — Uli>ia Quintia, Ibid., 143. — Nico, Folix, Ibid.y S., 11212. — Crescontia, Jbid., S-, 11213.

1. ToiTviv, û/i. tiL, p. 190. — Vatorius Donatus, Corpus, VIII, S. 11250. — Vaioritis JVInlliunusi frater, Ibid., — Vatcrius .lanuarius, Ibid., — Vateria Se- Cuuria, !buL^ L'tc., cf, supra.

2. Tm-ius Veraa, Curator, Corpus, VUI, 100. — M. AureliusPriiuasius, Ibîd.^ S„ 11257. —C.Valnriiis Nous, /6îf/., S., 11251. — PoniponiusCillo, Eitplor. épiyr,,

:i. C, lîrutus Pmcseiis, Corpus, VIII, 110. — Valoria Marcia IIo.stilia, Ibid. — Crispina .Morcin Cornclia, Ibid. —P. Valorius Pri..., Ibid., VIII, 98. 1, l*. XaiMiiïs Faustus, Corpus. VIII, 25(»9. — I. Flavius Maxiiiius, Ibid. 5, Corpus, VIU^ 152.

LA POPILATION. 167

comme si les officiers, les ingénieurs, les commerçaDts et les financiers romains retournaient mourir dans leur patrie.

Les Vandales et les Byzantins qui succédèrent aux romains furent sans doute moins nombreux encore, et la décadence générale de la latinité dut atteindre Capsa sous leur administration qui ne savait plus assurer la paix romaine. Mais Tanarchie, les progrès du catholicisme', les luttes religieusies, les hérésies, en fortifiant l'autonomie du pays capsitain, accentuèrent encore le caractère nettement berbère des anciens; adorateurs de Melkarth et de Baal-Saturne. Tantôt Donatistes-, tantôt advers^iires des Vandales schismatiques, les évèqucs de Capsa et du sud-ouest de la Tunisie donnèrent rexem[ïlc de la rébellion contre le pouvoir central-^ : à Tinstigation du clergr officiel arien, ils furent convoqués à Carthage, en 48^, par le roi vandale Uuneric, pour rendre comi)te de leur foi et de leur fidélité suspectes^. Plusieurs moururent martyrs : Lactus, évéques de Nefta, fut brûlé vif avant l'ouverture même de celte conférence de Carthage"^; Vindemialis, évoque de Capsa, fut torturé et égorgé sous le règne de Thrasamond ''.

Même les Berbères gafsiens ne se laissèrent pas entamer par les premiers immigrants arabes (viii'-^ siècle); ils conservèrent Tusage de la seule langue commerciale utile à leurs intérêts : « Les habitants de Kafsa, écrivait au xn" siècle le géographe El-Edrîsi, sont devenus (lisez : sont restés) Berbères, et la plu-

1. Au v« siècle, toutes les cités et les gros bour^^s du sud-ouest de la TnriisK Capsa, Nefta, Tuzuros, Nura, Télepte avaient un «''vêque. Kn 181 c>*s t'»v(^<|ut^s

«'•talent : Vindemialis Capsensis, LaetusNeptinanus, Flortinus Tuzurik s, Vie-

ter Narensis, Victor Talaptulensis. Dlpitii, Fastes saars de f'Afihfntf thée' /iVmie, p. 436-8(111).

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