‹ La captivité de BarceloneChapitre 112 sur 181 · Ceci d’après Ferrer, Barcel. caut., t. Ier, p · texte numérisé non relu

Ceci d’après Ferrer, Barcel. caut., t. Ier, p

3. Rapport de la Commission administrative (dépositions Sagarra et Anniquint); cf. Renseignements sur Barcelone : « Sagarra s’empressa de faire à Casanova le rapport de la remise de Canton à l'officier Calamini ; le commissaire général lui demanda quelles étaient les personnes présentes à cette expédition : il parut même tenir beaucoup à les connaître. I1 voulut savoir aussi s’il restait quelques effets précieux dans la maison: il savait d'avance qu'elle avait été visitée avec trop de soin pour renfermer encore des objets de grande importance ; aussi ne balança-t-il pas à faire à Sagarra l’abandon de tout ce qui pouvait rester, pour se le partager avec Aspero... »

4. Ferrer, Barcel. caut., t. Ier, p. 592-593 ; Rapport de la Commission administrative (déposition Ponsoni).

« qui paraissait posséder toute sa confiance » ; le sergent, escorté de deux soldats, de Sagarra et de l’agent Philippe Anniquint, emmena le vieillard « qui, tout effrayé de cet appareil, dit en tremblant à ce dernier : Monsieur Philippe, est-ce que je vais mourir? Anniquint a avoué dans sa déclaration qu’il fut violemment ému de ces paroles : il les répéta à Sagarra qui, dans le même moment, descendait de l’appartement de Lechi ; Sagarra lui fit alors la réponse suivante : L’homme que vous voyez au milieu des soldats n'a pas une heure à vivre ; j'ai été appelé chez le général pour répondre à des questions qu'il m'a faites sur votre compte, je vous ai dépeint comme un agent de police des plus dévoués ; c’est le seul moyen d'assurer votre vie’ Personne ne revit jamais le vieillard. L'agent Anniquint reçut mission de menacer de mort le geôlier?, « s’il osait révéler l’entrée et la sortie de prison du nommé Canton, l'enlèvement du feuillet d’écrou qui en constatait l’entrée, et la disparition du grand-père * ». Mais il y avait encore deux personnes dont les bavardages ou les plaintes pouvaient attirer l'attention sur l'affaire, la servante et la femme de Canton. « Quelque temps après ces événements, Sagarra dit à plusieurs reprises à Anniquint : 1! faudra que nous emmenions la vieille servante au delà des avancées. Sur ces entrefaites, la femme Canton vint de Matar6 ‘.

4. Dans cette citation et dans celles qui suivent, pour que l'abus des guillemets ne rende pas les textes incompréhensibles, les propos compris dans les passages cités textuellement sont mis en italique.

2. Le rapport dela Commission administrative mentionne rapidement le fait (d'après les déclarations Sagarra et Anniquint). Récit plus détaillé, dont est tirée la citation, dans les Renseignements sur Barcelone ; cf. Beau, mont-Brivazac à Savary, Barcelone, 30 juin 4812, F6554.

3. Rapport de la Commission administrative (d’après les notes de Font ÿ Glosas) ; cf. Renseignements sur Barcelone.

4. Sur ce point, le témoignage de Ferrer (t. Ier, p. 593), qui place l’arrivée de la veuve Canton le 16 décembre, me semble préférable. Mais il est très compréhensible qu'Anniquint, qui ne fut mêlé en somme à l’affaire qu’à partir de la disparition du domestique du geôlier, se trompe sur la date de l’arrivée de cette femme, et cela ne doit pas nuire à ses autres assertions.

Comme elle se présentait tous les jours chez le sieur Casanova et M. le général Lechi, Sagarra dit encore à Anniquint. : Nous nous verrons forcés de la faire assassiner, que tel était l'avis du sieur Casanova et le sien, afin de ne plus parler du passé‘. »

Mais, vers le 10 janvier 1809, la veuve de Canton, accompagnée du capitaine général marquis de Vilalba, se présenta chez Duhesme et se plaignit formellement que sa maison eût été pillée et son mari assassiné par la police. Elle ne portait d’ailleurs plainte, paraît-il, que contre le commissaire Sagarra et l’agent Aspero, qui avaient arrêté son mari et fouillé sa maison. Duhesme, qui était peu au courant de l’affaire et pensait peut-être que tout ce qu’on racontait à Barcelone sur l’événement n’était que commérage et calomnie, chargea son secrétaire Guinard et le chef de bataillon Laffaille de faire une enquête secrète”; à la suite de cette enquête, qui fut très rapide, Duhesme fit arrêter les deux policiers, * à qui Casanova avait eu le temps d’ailleurs de faire la leçon. Puis le général manda chez lui Lechi et lui demanda ce qu’il savait de l'affaire. Lechi entra dans des explications très mensongères, décla-

1. Rapport de la Commission administrative (déposition Anniquint).

2. Réponse de M. le général Duhesme à S. E. Monseigneur le duc de Feltre, Paris, 26 août 4810 (Arch. G., 28 juillet 1810) ; Mémoire présenté le 3 février 1811 {affaire du sieur Canton) à S. E. le ministre de la Guerre, ibid. Dans ses Mémoires sur la campagne du corps d'armée des Pyrénées-Orientales en 1808 (prolongés en réalité sous forme plus brève pour les années suivantes), Laffaille ne dit rien ni de cette enquête ni d’ailleurs en général de toute l'affaire. Mais il y à, dans son dossier, aux Arch. adm. de la G., une lettre de lui au général de Caux, chef de la 7e division (Paris, 17 août 1816) et un Mémoire justificatif (Paris, 27 août 1816) qui confirment absolument et de tous points ce que Duhesme dit de l’enquête confiée à Guinard et à cet officier.

3. Le 12 janvier 4809, d’après Ferrer, Barcel. caut., t. III, p. 64.

4. Renseignements sur Barcelone, Arch. nat., F76554 : « Le 11 janvier 1809, Casanova prévint Sagarra qu'il serait interrogé, et lui dicta toutes les réponses à faire ; il lui recommanda surtout de nier d’être entré dans la maison de Canton; il l’assura de sa protection en cas qu'il fût arrêté, etc... » (probablement d’après les dépositions de Sagarra et d’As pero). Le rapport de la Commission administrative (Arch. nat., AFrv 1625) ne mène pas le récit au delà du 410 janvier 1809.

rant qu’ «il avait ordonné aux agents de la police de lui amener le nommé Canton, accusé de répandre de très mauvais propos dans les cafés, et que cet homme ayant été arrêté dans un café et lui ayant été amené sur le soir, il avait renvoyé libre après lui avoir fait une semonce, et qu'il l’avait même épargné attendu qu'il était Milanais 2»: :

Duhesme semble avoir conçu alors quelques vagues soupçons sur le véritable rôle de Lechi. Mais il ne pouvait, sans preuves certaines, paraître soupçonner son « meilleur collaborateur », ce qui eût fait très mauvais effet ?. Obligé de prendre un parti, le général se borna à donner l'ordre de faire informer contre les deux agents par un capitaine rapporteur : et, au cours du voyage qu'il fit peu après au quartier général de Saint-Cyr avec l’'intendant et les délégués de la junte, Duhesme rendit sommairement compte de l'affaire au colonel-général®.

Pendant ce temps, le capitaine rapporteur interrogeait les deux policiers arrêtés. Mais Casanova et Lechi s’arrangeaient pour « effacer jusqu'aux moindres traces des crimes dont ils venaient de se souiller ». Le commissaire général faisait disparaître de chez les inculpés tout ce qui avait appartenu à Canton, amusait la veuve et intimidait les témoins éventuels ; il restait en communication avec les détenus, leur recommandait de tout nier et leur promettait sa protection et celle de Lechi. Quant à ce dernier, « il

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