Tout ce paragraphe d’après Ferrer, &. IE, p
2. Ferrer, L. IT, p. 367-383 : Procès-verbal du jugement rendu le 2 juin 1809, impr., Arch. nat., Aliv 1621.
3. Rapport de Casanova à Duhesme, Barcelone. 16 mai 1808, impr., Arch. des Aff. Etr., Mém. et Docs, France, vol. 64%, fos 249-245: Duhesme à Clarke, Barcelone, 14 juin 1809.
4. Renseignements sur Barcelone. Arch. nat., F°6554; Petit dictionnaire: des hommes qui ont figuré en Catalogne depuis le mois de février 1808, Arch. nat., F6352 ; Compte-rendu par Pelletier, Arch. G., 14 février 48114.
blement; et je priai le général Chabran, commandant supérieur de la place, de suivre avec assiduité cette affaire, et lui recommandai une surveillance plus active que jamais!. » | Jusque-là, Casanova ne savait pas grand’chose de précis, et n'avait pu faire aucune arrestalion. Mis au courant, il aposta près du lieu fixé pour les rendez-vous un de ses subordonnés, et celui-ci reconnut les deux conspirateurs, qui étaient probablement assez novices dans leur art. Le soir venu, on tint sur pied dans les casernes une partie de la garnison, les postes furent renforcés, et des partis de soldats battirent les environs de la place et du Monjuich, déjouant ainsi les projets des miquelets de Claros?. Pendant ce temps de nombreux conjurés se rassemblaient par groupes sur divers points de la ville : mais, ne recevant point le signal convenu, constatant que tout restait tranquille au dehors, les Barcelonais comprirent que le complot devait être éventé, et les rassemblements se dispersèrent avant le jour sans avoir rien tenté. Au matin, en voyant les postes renforcés et de nombreuses patrouilles sillonner la ville, les chefs de la conspiration s’effrayèrent, et beaucoup s’enfuirent dès l'ouverture des portes ; dans l’après-midi,les prêtres affiliés s’occupèrent de mettre les armes en lieu sûr. Ce fut en vain que, dans les journées du 12 et du 13, la troupe et la police visitèrent les églises et cherchèrent les chefs des conjurés. Mais, le 14, on mit la main sur les interlocuteurs du capitaine Provana : c’étaient l’agent de change Salvador Aulet et l'employé de la consolidation des vales, Juan Massana”. Ces deux individus firent-ils des aveux complets et dénoncèrent-ils leurs complices, comme l’affirma le surlendemain
1. Duhesme à Clarke, Barcelone, 14 juin 1809, Arch. nat., AFrv 1621.
2 Duhesme à Clarke, Barcelone, 44 juin 1809; Rapport de Casanova à Duhesme ; Laffaille, Mémoires sur la campagne, P. 235-236.
3. Ferrer, t. IL, p. 384-394 et 427-428 ; Procès-verbal du jugement.
Casanova dans un rapport destiné à la publicité®? En tout cas, dans les jours qui suivirent, la police obtint plus de résultats : les perquisitions aboutirent enfin à la découverte de fusils, de cartouches, de sabres et de cocardes, et. de nombreuses arrestations furent opérées. Le régent de l’Audience Medinabeytia collaborait avec Casanova dans la direction des recherches *.
C'est sur ces entrefaites que le régidor de Ferrater, qui était le véritable dirigeant du nouvel Ayuntamiento, fut blessé par un inconnu d'un coup de bâton à la tête. Duhesme prit aussitôt un arrêté pour empêcher le retour de faits analogues : « Considérant qu'il est urgent de prendre des mesures pour faire jouir les autorités constituées, les fonctionnaires publics et les citoyens paisibles de la protection spéciale du gouvernement, et de punir rigoureusement les malveillants qui pourraient les insulter. 11 est défendu à tout individu de paraître dans les rues et promenades avec un bâton, ni de porter sur lui un couteau, de ceux prohibés par les lois, ou toute armé blanche, sous peine d'être arrêté et traduit devant une commission militaire pour être jugé comme assassin et conspirateur. Les fonctionnaires publics sont exempits de cette disposition. Les vieillards qui, par leurs infirmités ou leur grand âge, ont besoin d’un appui pour marcher, pourront porter la canne... Tout homme qui ira avec un manteau sera visité dans les rues par les agents de police et par les soldats des divers postes‘. » Peu après, les magistrats devaient recevoir une « carte de sauvegarde » avec la formule suivante en espagnol et en français « Sauvegarde pour M. N.., régent, juge ou fiscal de lAudience, en vertu de laquelle tous les militaires de
{. Rapport de Casanova à Dulhesme.
2. Ferrer, t. [NE p. 495-525 ; Duhesme à Clarke, Barcelone, 44 juin 4809.
3. Ferrer, &. If, p. #10 (le 20 mai) ; cf. Renseignements sur Barcelone.
4. Arrêté de Duhesme, Barcelone, 22 mai 1809, dans le Diario de Barcelona du 235.
l’armée française et tous les habitants de la ville indisünctement sont requis de lui prêter secours et assistance ; le citoyen qui s’y refuserait sera puni... de quinze jours de prison ou d’une amende de cinquante livres catalanes, si ses facultés Le permettent. »
L'agression contre Ferrater fournissait d’ailleurs l'occasion d'enrichir de quelques dispositions nouvelles le code spécial de sûreté que les autorités « intruses » avaient peu à peu constitué par leurs arrêtés : « S'il survenait une émeute populaire, toute maison où lon aurait assassiné un Français, un magistrat, un militaire ou un employé des diverses autorités et administrations de cette ville, toute maison, de laquelle on lancerait des pierres, ou d’où l’on tirerait quelque coup de feu, sera livrée au pillage: ilen sera de même de toute maison où il y aura eu des. rassemblements séditieux ; et, si cela arrive dans des maisons habitées par les propriétaires mêmes, ou qu'ils en aient eu connaissance sans en prévenir auparavant le gouvernement, elles seront en outre démolies ?... »
Quand l'instruction contre les coupables eut été suffisamment poussée par le capitaine nommé rapporteur près la commission militaire par le nouveau commandant supérieur Chabran”, on sut, paraît-il, que les vrais instigateurs de la conspiration avaient été les prêtres et les moines *, que « plusieurs églises et couvents de cette ville de Barcelone » avaient « déjà servi de lieu de réunion à des conspirateurs »; les « ministres de Notre-Seigneur » avaient, d’après Duhesme, méconnu l’exemple donné par le Christ, qui avait « toujours été un vrai modèle de douceur, d'humanité et de soumission aux puissances supé-