‹ La captivité de BarceloneChapitre 131 sur 181 · Diario de Barcelona du 27 janvier · texte numérisé non relu

Diario de Barcelona du 27 janvier

3. Duhesme à Savary. Bourgneuf (Saône-et-Loire), 30 novembre 1810, Arch. nat., F7 6564; Mémoire abrégé du général Duhesme (présenté le 4 août 1810), Arch. G. (28 juillet 1810).

4. « J'ai déjà fait interpeller le général Rey d’avoir à donner sa déclaration sur ces assertions et je réclame de nouveau qu'il soit confronté avec moi, si sa déclaration n’est pas conforme à la mienne; et, quoique j'aie Jieu de regarder ce général comme un des principaux agents de toutes les tracasseries et persécutions que j'ai essuyées, par ressentiment du peu d'accueil que des circonstances politiques m'obligèrent à lui faire à Lyon, lors de la consulta d'Italie. », dit Duhesme dans le Mémoire présenté le 3 février 4811 (affaire du sieur Canton), Arch. G, (28 juillet 1810). Les dénonciations anonymes étaient jointes à la lettre du 6 février et sont résumées dans l'Analyse, ainsi qu’ « une lettre du général Nicolas, datée de Barcelone, le 20 janvier, dans laquelle il assure que les généraux n'ont jamais été consultés par le général Duhesme,et que son honneur l’oblige à faire une déclaration qui prouve qu'il n’a eu aucune part aux mesures par lesquelles l’armée à manqué de tout, malgré l'abondance qui existait ». Hion est mentionné comme un des accusateurs et est qualifié de « très méprisable » par Blondel, dans un rapport à Champagny du 30 janvier 1840, Arch. des Aff. Etr., vol. 681, fes 90-94. Hion nous est signalé comme ayant été arrèté en 1812 à Perpignan et transféré en poste à Paris, par le commissaire de police de Perpignan Renouard (à Pelet de la Lozère, Perpignan, 2 novembre 1812), Arch. nat., F7 6352. |

les privations des soldats, sur le dépeuplement de la ville, sur la misère des habitants, et on le persuada aisément que ces maux très réels étaient uniquement dus à Duhesme’. Le maréchal semble n’avoir pas examiné de bien près les accusations, n'avoir procédé alors à aucune enquête, et n'avoir eu d’abord qu’un souci, éloigner un grand coupable. Il y eut, paraît-il, une explication très vive?, à la suite de laquelle Augereau remit au général l'ordre suivant : « Il est ordonné à M. le général de division Duhesme de partir demain pour la France où il attendra de nouveaux ordres de Son Excellence le ministre de la Guerre. Il voudra bien désigner le lieu de sa résidence »*. Le maréchal donna ensuite à son subordonné une sorte de laissez-passer ostensible, portant que le général irait attendre à Montpellier de nouveaux ordres du ministre de la Guerre “ ; et le lendemain 30 janvier 1810, les Barcelonais virent Duhesme s’éloigner avec les troupes du duc de Castiglione, « sous prétexte de santé ». On

1. Outre les pièces déjà citées à la note précédente, Duhesme à Savary, 30 novembre 1810 : « Il me donna l'ordre de rentrer en France et me dénonça au gouvernement comme un homme coupable de tous les crimes et de tous les excès, comme enfin un cannibale, contre lequel les cris du peuple de Barcelone s’élevaient, et contre qui la garnison était prête à se révolter, qui enfin allait laisser tomber cette place importante entre les mains des Anglais et Espagnols réunis et s'enfuir avec ses trésors, si lui, maréchal d'Empire, ne fût pas arrivé à point pour tout réparer ». Fautil voir là la reproduction d’accusations proférées par Augereau dans sa colère, ou une amplification ironique, de Duhesme? En tout cas, Augereau paraît avoir été très loin dans la lettre du 6 février, d’après le résumé qu'en donne l'Analyse de la correspondance : « Adresse une partie des dénonciations qu'on lui à remises contre le général Duhesme. Il n’y à qu'un cri contre lui dans Barcelone, où il s’est commis des infamies de tout genre et sans nombre. La ville allait tomber au pouvoir de l'ennemi... Duhesme a voulu se sauver avec ses trésors, ainsi que ses complices. »

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