Renseignements sur Barcelone
4. L’adjudant-commandant Ordonneau, soupçonné de manœuvres répréhensibles au cours des réquisitions, fut arrêté pendant quelques jours. Puis la commission « écrivit... le 3 avril à M. le maréchal duc de Castiglione que M. l’adjudant-commandant Ordonneau avait satisfail à ses demandes, et que $S. E. pouvaitle libérer, si elle le jugeait convenable... », dit Pelletier dans son Compte-rendu. Les Renseignements sur Barcelone apprécient ainsi l’attitude de Pelletier dans l’interrogatoire d'Ordonneau : « Un juge convaincu des crimes d’un scélérat qui va être condamné à mort n’a jamais employé des termes aussi durs que ceux dont Pelletier se servit à l'égard d’un officier qui lui était si supérieur en grade et en mérite. Mais, malgré le désir de la commission de trouver quelque sujet de culpabilité dans la conduite de M. Ordonneau, elle fut forcée de déclarer qu'on ne pouvait y trouver rien de répréhensible.. » Cf. Petit dictionnaire des hommes qui ont figuré en Catalogne depuis le mois de février 1808, Arch. nat., F6352.
5. Par exemple, en s'en prenant au capitaine Lachaise des actes de la commission des émigrés (Renseignements sur Barcelone) ; en enquêtant sur les ventes de soufre, cuivre, plomb, papier faites au négociant Durand à trop bas prix (on a vu que Duhesme avait voulu s'acquitter d’une partie de ce qui était dû à ce fournisseur, tout en touchant de l'argent comptant); en enquêtant sur le commissaire aux contraintes Raynal : « N'y ayant
Au début, on voulut connaître tout le passé, et on porta les recherches sur tous les points à la fois. C’était là une entreprise bien vaste pour des gens peu exercés et peu perspicaces. On ne sut pas sérier les questions, on perdit du temps sur des détails, et on n’aboutit en somme, sur chaque point, qu’à recueillir quelques-uns des éléments nécessaires pour conclure?. On s’aperçut toutefois, comme si on eût fait une découverte, que Duhesme et ses auxiliaires avaient usé d’expédients pour se procurer de l'argent, et que leurs procédés avaient été de ceux que n’emploie pas une administration régulière. La commission n’aurait eu qu'à lire la collection du Diario pour s’en convaincre; mais elle n’arriva point à établir que le général ou ses agents financiers eussent dilapidé ou détourné des fonds*.
L’enquête ne fut réellement poussée à fond que sur l’administration des biens des absents et sur les actes de la police. La commission parvint à bien connaître la gestion d’Ollivier, à établir la matérialité de quelques faits délictueux ; elle fit droit à quelques plaintes par des restitutions*. Mais, bien qu'Ollivier fût très compromis par les constatations de la commission, il resta en liberté, et échappa à des poursuites judiciaires qui eussent pourtant été fondées °. ;
Le maréchal ignorait sans doute l'affaire Canton quand il fit
rien de positif sur cette affaire, la commission n'a pu y donner suite » ; en s’en prenant aux fonctionnaires restés à Barcelone de la disparition de pièces comptables emportées par les fonctionnaires émigrés (ces trois faits d’après le Compte-rendu par Pelletier), etc.
1. La commission à Augereau, s. 1. n. d. (Barcelone, entre le 20 et le 25 mars), Arch. G. (31 janvier 1810) : « Peu de personnes de l’ancienne administration paraissent exemptes de reproches; l'esprit de désordre semble s'être emparé dans les derniers temps de tous ceux qui, par état, devaient maintenir la tranquillité du pays, et se déclarer les protecteurs de la fortune publique et de celle des familles. » Cf. sur toutes les recherches entreprises le Compte-rendu par Pelletier. « I1 fut décidé que l’on ferait appeler les chefs des différentes administrations. »
2. Renseignements sur Barcelone ; Compte-rendu par Pelletier : « Les événements. firent que cette commission ne fut ni administrative ni d’enquête, et l’obligèrent à ne connaître que superficiellement de tout, excepté de l'affaire Casanova... »
3. Ici on ne peut que renvoyer aux longs procès-verbaux d’interrogatoires, reproduits par Pelletier; cf. Renseignements sur Barcelone.
4. Particulièrement pour l'affaire des dames Riera, dont il a été question au chapitre V, section vu; et pour une autre affaire analogue (Grassot), sur laquelle la commission fit un petit rapport spécial, qui figure en annexe au Compte-rendu par Pelletier.
5. Cf chapitre V, sections mx et vi. La commission s’en prit longtemps au capitaine Lachaise, que, parait-il, Ollivier essaya de perdre par
partir Duhesme; mais il en fut informé lors de son deuxième séjour à Barcelone et fit un éclat. Le 25 mars, Casanova fut destitué et arrêté avec plusieurs de ses complices présumés {. Pendant quelques jours, on prétendit même impliquer dans l'affaire le vice-consul de France, parce qu’il avait indiqué Casanova à Lechi en 1808 et avait gardé des relations fréquentes
avec le commissaire général. Puis on le mit hors de cause”.
Mais la justice catalane fut saisie à nouveau, et un juge du tribunal criminel instruisit à la fois contre Casanova et contre certains de ses agents®. De son côté, la commission administrative enquêta sur la police, interrogea Casanova et plusieurs autres policiers“, et put faire rédiger par un de ses membres un rapport « sur la conduite administrative et politique de l’excommissaire général de police Casanova * ».
des connivences avec un témoin ; Renseignements sur Barcelone. Sur les faits constatés contre Ollivier, même document, et Compte-rendu par Pelletier.
4. Augereau à Clarke, Barcelone, 9 avril 1810. Arch. G. ; cf. Clarke à l'Empereur, 23 avril 1810, Arch. nat. AF1v 1625. Date de l'arrestation fournie parles Renseignements sur Barcelone et par Ferrer, Barcel. caul., t. V, p. 242-243 (ce dernier nous décrit la joie des Barcelonaïis). Sur les détails de l'arrestation de Casanova et de ses complices (sa servante, Vignes, Ollivier, et cinq policiers, dont le commissaire Las Casas, le secrétaire Barreau, le substitut Font y Closas), Lacombe-Saint-Michel (gouverneur de la ville) à Augereau, Barcelone, 26 mars 1810, Arch. G.; Rapport militaire, politique ct administratif du 25 au 26 mars du gouvernement de Barcelone, ibid. ; lettre de la commission à Augereau (vers le 25 mars), Arch. G. (51 janvier 1810). Las Casas et Font y Closas se firent en réalité les accusateurs de Casanova et furent relâchés dès le 271 mars: Augereau à Clarke, Barcelone, 9 avril 4810, Arch. G.
2, Augereau à Clarke, Barcelone. 9 avril 1810 : « Je fis appeler ce consul ; je lui demandai de la franchise ; je le priai de me dire la raison de cette liaison si ‘particulière avec un homme aussi dépravé; s'il n'avait jamais entendu parler de la disparition du nommé Canton ; s’il ne s'était pas aperçu de la totale désertion des habitants dela ville; s'il n’en avait pas recherché les causes pour en rendre compte au gouvernement français ; s'il n'était pas le dépositaire des trésors du commissaire général. Ses réponses me parurent équivoques ; j'ordonnai, en conséquence, que les scellés fussent mis sur ses papiers, la chancellerie exceptée, et qu'il Fût gardé à vue... Je n’assurerai pas que cet homme soit coupable; il est au moins d’une stupidité rare... »; Compte-rendu par Pelletier; Renseignements sur Barcelone.
3. Renseignements sur Barcelone ; le tribunal criminel était une des créations d'Augereau. C'était le juge Revert qui était chargé de l'instruction.
4. Compte-rendu par Pelletier ; Renseignements sur Barcelone (les interrogatoires de Casanova durérent du 11 avril au 23 mai, d'après Casa nova à Pelletier, Barcelone, 19 juillet 4810, Arch. G., 17 juillet 1810).
5. C'est le rapport que nous avons utilisé au chapitre VI, section mi : Arch. nat., AFrv 1625.
Mais à ce moment les circonstances extérieures changèrent. Macdonald, qui venait de succéder à Augereau, arriva à Barcelone en juin. Or la commission devait tout son pouvoir à la confiance du duc de Castiglione. Celui-ci une fois parti, le prestige de la commission s’évanouit ‘. Le gouverneur de Barcelone osa faire, dans un rapport à son nouveau chef, quelque cas du système administratif suivi par Duhesme *. Le 15 juin 1810, la commission fut supprimée, et le capitaine Pelletier fut simplement chargé de rédiger un rapport d’ensemble sur ce qu’elle avait fait et appris”. Casanova put sortir du Monjuich, et retourner à soh domicile, où on lui imposa d’abord la surveillance d’un sous-officier. Lorsque le 17 juillet Pelletier, qui n’avait pas eu la précaution de faire signer sur-lechamp les interrogatoires, demanda la signature de l’ex-commissaire général, celui-ci refusa de la donner ‘“. Quand le juge catalan qui enquêtait sur l'affaire Canton voulut faire comparaître Casanova devant lui, le gouverneur déclara que c'était au juge d’aller chez l’ex-inculpé ÿ. « Une affaire où étaient impliqués des officiers généraux au service de Sa Majesté ne