‹ La captivité de BarceloneChapitre 145 sur 181 · Clarke à Macdonald, Paris, 13 juillet 1810, Arch, G · texte numérisé non relu

Clarke à Macdonald, Paris, 13 juillet 1810, Arch, G

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pectifs. Après avoir reçu du ministre, le 13 juillet, des instructions détaillées !, Carrion-Nisas partit, emmenant avec lui som neveu Lautrec, qu’il comptait placer en Cataiogne*. Son premier rapport au ministre fut envoyé le 24 juillet, de Girone. Carrion-Nisas y séjourna jusqu'au 8 août, et en partit pour Barcelone avec Macdonald; après un court arrêt dans cette place (11-14 août), il accompagna l’armée d’opérations à Reus et à Lérida, d’où il repartit le 1° septembre par le Haut-Aragon et le port de Venasque. Le 12 septembre, dans la soirée, il arrivait à Paris, touchait au ministère, et allait aussitôt rendre compte de sa mission à Saint-Cloud *.

Bien qu’il eût envoyé de Catalogne une dizaine de rapports, Carrion-Nisas, qui ne voulait point se laisser oublier, rédigea à son retour un gros mémoire général, accompagné de pièces justificatives qu’il s'était procurées sur place; ce gros mémoire, intitulé « Compte-rendu par l'adjudant-commandant Carrion- Nisas, en conformité des instructions de $S. E. Monseigneur le duc de Feltre, ministre de la Guerre »*, dut être remis en octobre : il parut au ministre d’une « lecture intéressante el amusante ». C'était en effet un travail d'homme de lettres, bien ordonné, soigneusement divisé en chapitres courts et clairs, assez coloré, quelquefois piquant. Carrion-Nisas y étudiait successivement l’administration de Duhesme, celle de Gouvion- Saint-Cyr, le commandement d’Augereau, celui de Macdonald, l’état des esprits, le moral des troupes, l’état des campagnes, etc. Il ne s’astreignait pas à raconter par le détail les événements et les actes des généraux, et faisait plutôt des tableaux, en rapprochant les faits caractéristiques, en étudiant le caractère et la méthode des chefs, en insistant sur les impressions

4. Instruction pour M. lPadjt.-commt. Carrion-Nisas, 13 juillet 4810, se G

2. Copie des notices historiques... remises au général Decaen par le::

ruaséehol duc de Tarente, Figuières, 19 oct. 1811, Arch. G. Cf. les ts ts. ge ane à cités en note (section I). )

Compte-rendu par l'adjt-commt. C.:N. : C.-N. à Clarke, Girone; au. 30 juillet, 2, 8, 5, 7 août 1810 ; Reus, 20 août 1810; Clarke à l’'Empereur, 42 sept. 1810, huit heures et demie du soir, le tout aux Arch. nat. AFiv 1625.

4. Copie de l’époque, faite au ministère de la Guerre. Cette copie fut envoyée à l'Empereur le 19 novembre 1810 par Clarke (lettre d'envoi, AFiv 1625). Pour la date que nous-assignons, remarquer qu'il à fallu, au

ministère, longtemps pour copier le Coin pte-reridia et ses annexes (car tout est de la même main).

qu'avaient éprouvées les Catalans, etc. Il corrigeait aussi ce que Certains de ses premiers jugements avaient eu de hätif ou d’incomplet. É Garrion-Nisas n’a pas vu à l’œuvre la plupart des hommes dont il trace le portrait et il utilise surtout les renseignements qu'il a recueillis par la conversation des témoins du passé. I semble avoir cherché à connaître l’avis de beaucoup de gens, généraux, officiers, employés militaires, négociants français de Girone et de Barcelone : ce qu'il écrit dans son compte-rendu représente en somme sur chaque point une sorte d'opinion moyenne ou, comme le disait Clarke, « la.voix publique »!. La voix publique pouvait naturellement se tromper sur les faits, surtout quand il s’agissait de choses difficiles à constater, et plus encore sur les hommes. Il y à peut-être même dans le compte-rendu un peu de cette inconsciente déformation, à laquelle l'écrivain de métier est toujours exposé par la recherche de l'expression forte ou amusante. Pourtant la plupart des impressions de Carrion-Nisas sont corroborées par d’autres documents, et il les rend avec bon sens el finesse, le plus souvent avec mesure, quelquefois avec un certain talent de psychologue. Carrion-Nisas a souvent la formule Juste,. qui résume bien un homme ou une situation : et Napoléon .eût bien fait de tenir compte de certaines des indications fournies par : l'adjudant-commandant ?. Quelques détails sont peut-être peu sûrs ; mais les vues d'ensemble sont frappantes et exactes.

Laffaille et ses Mémoires sur la Campagne du.corps d'armée des Pyrénées-Orientaless. — L'ouvrage peu connu: et Pourtant

{. Aussi dans le Compte-rendu on trouve en abondance les formules comme celles-ci : « On l’accuse (Lechi) d'avoir commis des horreurs... Les dilapidations, dont l'opinion publique accuse le général Duhesme.... I] paraît que c’est le cas du général Saint-Cyr... on lui reproche... Le sieur Grobert, commissaire des guerres, que l'opinion publique désigne comme... » etc.

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