Representaciôn de la junta de comercio de Barcelona
2. Je n'ai pu trouver ce guide, dont Ferrer cite, en le traduisant en espagnol, un long passage dans sa Barcelona caultiva, t. Ie, p. 1-3; cf. Bourgoing, Nouveau voyage en Espagne, t. Il, p. 138-159; Rohfues, L'Espagne en 1S0S, t. IT, p. 42-44 (énumération des fabriques catalanes).
3. C.-A. Fischer, Voyage en Espagne aux années 17971 el 1798, t. II, p. 274-275.
4. Laborde, lfinéraire descriptif de l'Espagne, t. I, p. 32-35.
5. Id., ibid. ; Pi y Arimon, Barcelona anligua y moderna, t. {,p. 299-. 300 ; Blanch, Hisloria de la querra, elc., &. Ier, p. 48. Certains acceptaient même à celte époque le chiffre de 160000 habitants : Notes sur la Catàlogne (du général Pino), Arch. nat., AFrv 1629.
6. Le Relevé général du budget des villes, publié en 1812 par le ministre de l'Intérieur (Arch, nat., AFrv 1067) évalue la population de Lyon. à
plus du tiers appartenait déjà à la population urbaine *.
Si les habitants des villes avaient lieu d’être satisfaits de leur situation matérielle, ceux des campagnes euxmêmes n'avaient pas trop à se plaindre de la leur. Le servage avait disparu depuis trois siècles? ; quelques paysans étaient propriétaires ; les autres étaient généralement des emphytéotes, c’est-à-dire qu'ils vivaient dans la situation la moins désavantageuse qu’ait faite aux tenanciers le régime féodal. Ils exploitaient le sol dans des conditions assez voisines de la propriété ; ils payaient des rentes modérées (censos) en argent ou en nature, et, en cas de mutation, le nouvel exploitant devait acquitter des lods et ventes (cdnon y laudemio) assez onéreux à la vérité; mais les emphytéotes ne pouvaient être évincés arbitrairement ; ils pouvaient « planter et bâtir, hypothéquer, vendre même » les terrains occupés *. La province était une de celles où les grandes propriétés improductives étaient les moins nombreuses, les biens des possesseurs de majorats, des églises et des couvents consistant surtout en maisons. La charge la plus lourde était en somme la dîme payée au clergé : et les Catalans étaient trop attachés à leurs prêtres et au catholicisme pour en désirer bien vivement la suppression‘. Les campagnes, qui produisaient
115000 habitants, celle de Marseille et de Bordeaux à 100 000, etc. En 1812, Barcelone, si elle avait gardé sa population, n'aurait plus eu que le troisième rang, après Amsterdam (200000), mais avant Rome (135 000) et Hambourg (106 000).
1. Montalivet à l'Empereur, Paris, 26 janvier 1812, Arch. nat., AFtv 1067; cf. un rapport du duc de Cadore à l'Empereur, octobre 4810, Arch. nat., AFiv 16234.
2. Cärdenas, Ensayo sobre la hisloria de la propiedad territorial en España, €. Il, p. 28-30. Sur ce qui suit, Desdevises du Dezert, L'Espagne de l’ancien régime, t. LI, p. 15-18.
8. Corbella, Historia juridica de las diferentes especies de censos, p. 242- 246, 249-252, Au moyen âge, on donnait en Catalogne le nom d'acapte à l'emphytéose.
4. La question du régime seigneurial en Espagne à l'époque moderne n'a guère été étudiée qu'au point de vue juridique ; mais, à ce point de vue, il y à un ouvrage de valeur réelle (Cärdenas, Ensayo sobre La historia de la propiedad terrilorial en España) qui contient de bons cha-
en abondance le blé, le vin, l'huile, les légumes et les fruits de toutes sortes, étaient prospères, et les Français allaient le remarquer d’un accord unanime.
Cette prospérité matérielle explique que les Catalans se soient momentanément à peu près résignés à la perte de leur autonomie politique et de leur vie nationale. Au reste, les faits économiques ne font pas comprendre seulement l'amélioration des rapports entre la Catalogne et le gouvernement madrilène ; ils expliquent aussi, et au moins autant que les événements politiques, l'attitude des Catalans vis-à-vis de la France.
A coup sûr pour eux la France était le pays qui les avait abandonnés au temps de Mazarin, qui leur avait imposé les Bourbons en 1714, qui avait porté chez eux en 179% et 1795 la guerre d’invasion avec ses violences et ses exactions. Mais les Catalans rendaient aussi, et non sans raison, les Français responsables des trois guerres où l'Espagne s'était engagée avec eux contre l'Angleterre depuis 1778; or, dès que les croisières anglaises donnaient la chasse aux bâtiments espagnols, le coton n’arrivait plus, le commerce de la Catalogne avec les Indes cessait ; le cabotage même était gêné. En 1806, à la suite de deux années de guerre, avait recommencé à circuler le vieux dicton : Guerre avec le monde entier et paix avec l'Angleterre‘ ! L'état d'alliance avec la France ne rapporpitres sur la Catalogne (t’ IT, p. 5-69). On peut aussi consulter Gumersindo de Azcarate, Ensayo sobre la hisloria del derecho de propiedad y su estado actual en Europa. Comme les Français ne s'occupèrent pas des droits seigneuriaux, la documentation sur cet ordre de questions fait presque totalement défaut. On trouve quelques remarques à ce sujet dans les Observations politiques et statistiques sur la Catalogne, par le corrégidor de Girone (jurisle de carrière), Arch. nat., AFrv 1625, et dans le rappèrt déjà cité d'Alban de Villeneuve, préfet des Bouches-de-l'Ebre, Arch. nal., F1e73.
1. Stalf, Der Be freiungskrieg der Katalonier, t. I, p. 11 (Con todo el mundo guerra, y paz con Inglaterra). C'était le moment où Godoy semblait vouloir renoncer à l'alliance française, faire la paix avec l'Angleterre, peut-être se joindre à la coalition (Cf. les notes du chapitre Il, 1). Sur ce revirement, voir Mayer, Die franzôsisch-spanische Allianz in den Jahren,
4196-1807, t. II, p. 4-9, 41-16; cf. Th. von Bernhardi, Napoleon’s I. Politik in Spanien, Historische Zeilschrift, L. 40 (1878), p. 509-511 ; etc.
tait rien, et nuisait à la vente des produits catalans dans le reste de la péninsule. On avait remarqué au contraire que, pendant la guerre entre la France et l'Espagne, de 1793 à 1795, la Catalogne avait été enrichie par les dépenses des troupes et la suppression totale de la concurrence française !. L'auteur de cette remarque concluait : « Le Catalan se fait gloire de haïr mortellement les Fran- GAIS. »
Au début de 1808, après quatre ans de guerre maritime, beaucoup de manufactures barcelonaises s'étaient fermées ; des milliers d'ouvriers étaient sans travail ; les industriels se ruinaient ; la Maison de Charité ne pouvait trouver de quoi nourrir ses quinze cents pensionnaires”. « Je ne crois pas, écrivait en 1808 un Français domicilié à Barcelone, que ce pays se soit jamais trouvé dans une position aussi misérable ni aussi critique. »* Si, parmi les Catalans, quelques-uns souhaitaient vaguement une « régénération » par l'influence de la France, l'immense majorité désirait plutôt la paix avec l'Angleterre, si nécessaire à la reprise de l’activité économique du pays.
1. C. A. Fischer, Voyage en Espagne, t. I, p. 285-286. Cf. dans Tratchevsky, art. cit., Revue historique, t. XXI, p. 48, ce passage d’un rapport de l'ambassadeur russe en 1797 : « 11 faut ajouter le mécontentement causé autant par le gouvernement du prince que par l'alliance conclue avec les Français. Les Catalans surtout sont indignés... On à mème déjà outragé le consul de France à Barcelone. » Voir aussi dans Balaguer, Historia de Cataluña, &. IX, p. 349, l'appréciation très dure (Pauteur était catalan) du traité de Saint-Ildefonse et de la politique de guerre à l'Angle-
terre, politique considérée comme « terrible et fatale » à cause de la ruine du commerce. ge
2. Voir les avis publiés de semaine en semaine dans le Diario de Barcelona de 1805 à 180$, pour faire appel à la charité publique. Cf. Blanch, Historia de la querra, t. [r, p. 48-49.
3. Rapport remis à Duhesme, le 29 février 1808. Arch. nat, AFrv 4605,