‹ La captivité de BarceloneChapitre 24 sur 181 · Duhesme à Ezpeleta, Barcelone, 4e mars 1808, Arch. G · texte numérisé non relu

Duhesme à Ezpeleta, Barcelone, 4e mars 1808, Arch. G

2. Déchiffrement de la lettre de M. Blondel, de Barcelone, 15 mars 1808 ; et Blondel à Champagny, Barcelone, 22 mars 4808, Arch. Aff. #tr., vol. 673, fos 34-348 et 395-396.

3. Déchiffrement de la lettre ne 2 de M. Blondel, de Barcelone, Ler mars 1808, Arch. des Aff. Étr., vol. 673, fes 274-277. Cette crainte de troubles démagogiques apparaît dans toutes les pièces émanées d’Ezpeleta qu'on verra citer plus loin.

4. Les forces françaises ne dépassaient guère alors le Douro (elles occupaient Valladolid depuis janvier) ; mais elles avaient été progressivement portées de 25000 à plus de 60000 hommes. Elles venaient d'occuper la citadelle de Pampelune (16 février), Saint-Sébastien (5 mars) ; on avait certainement appris à Madrid l’arrivée de Murat à Bayonne (26 février), et la réunion de nouvelles divisions, qui étaient en marche de Poitiers iusqu'à Bayonne. Voir Corr. Nap., t. XVI, et plus spécialement : à Murat, Paris, 20 février 1808, nes 13588 et 13589 : à M. de Tournon, Paris, 25 février 1508, Corr. Nap., n° 13603; etc.; cf. comte Murat, Murat lieutenant de l'Empereur en Espagne, p. 109-111 ; Oman, À history of the peninsular war, t. [er, p. 33-36, etc.

5. Sur cette mission, voir un peu plus haut; Izquierdo était arrivé au plus tard le 9 mars; Beauharnais à Champagny, Madrid, 9 mars 1808, Arch. des Aff. Étr., vol. 673, fos 314-315.

6. Bausset, Mémoires anecdotiques, t. Ter, p. 195-196 : « Il (Napoléon) dut

plus de naïveté que d’ironie, rappelé le 9 mars au ministre la nécessité de faire préparer les étapes de Barcelone à Cadix, Godoy feignit de croire qu’il y avait en eflet urgence, et il s'empressa ‘de répondre tout simplement : « Je puis d'autant mieux assurer de nouveau à Votre Excellence que les mesutes les plus efficaces ont été prises pour que les approvisionnements des troupes françaises qui se rendent à Cadix soient prêts et préparés sur la route de leur passage que, en conséquence de la grande activité que jy ai mis (sic), le général français commandant cette division a déjà reçu de M. le capitaine-général de Barcelone son itinéraire, auquel il s’en suivra celui de Valence et progressivement!.» A quoi bon paraître douter de la bonne foi française? Si le prince de la Paix était inquiet pour lui-même et peut-être aussi pour ses souverains, il n’hésitait sans doute déjà plus qu'entre deux attitudes, la résignation entière ou la fuite *.

Mais, en Catalogne, le peuple de la capitale et des campagnes voisines ne se montrait ni aussi résigné ni aussi accommodant; la conduite des Français, hôtes du pays, atteignait les Catalans dans leur orgueil * et révélait des. projets dont la nature restait incertaine, mais qui menaêtre bien étonné, lorsque le prince de la Paix, remis à ces troupes, fut amené à Bayonne, de ne trouver, au lieu d’un homme d'Etat, qu'un individu remarquable seulement par ses formes athlétiques et par une assez belle figure... » Goya représente en effet Godoy comme de haute taille, de larges épaules et d’une figure très régulière, presque distinguée. Sur le caractère (ou l’absence de caractère) du personnage, l'appréciation la plus intéressante est dans Baumgarten, Geschichle Spaniens vom Ausbruch, t. Le. p. 48-50. Cf., sur un point spécial (son indiscrétion), Mayer, Die franzüsisch-spanische Allians, t. Ier, p. 47, et les textes cités dans les notes.

1. Le prince de la Paix à Beauharnais, Madrid, 9 mars 1808, Arch. des Aff. Etr., vol. 673, fo 316. — Remarquer que, depuis plus d’un mois, le Moniteur insérait des nouvelles rédigées dans une forme désagréable pour Godoy, et que celui-ci ne pouvait l’ignorer.

2. Voir, là-dessus, avec ce que nous avons déjà indiqué plus haut, le rapport de Talleyrand du 23 mars 1808 (Pièces justificatives, I).

3. Vacani, Sloria delle campagne, t. Ie, p. 310; cf. le Compte-rendu par lPadjudant-commandant Carrion-Nisas en octobre 1810 (Travail d'ensemble sur l’histoire de l’occupation française en Catalogne, depuis 1808. Voir aux Notes criliques), Arch. nat., AF1v 1625.

çaient évidemment l'indépendance espagnole‘. Si, grâce « à la sagesse et aux bonnes intentions des chefs militaires et civils » espagnols, une apparente tranquillité régna à peu près à Barcelone le jour de l'occupation des forts?, on sut plus tard que les paysans des environs avaient « passé la nuit à observer si on ne leur ferait pas quelque signe pour se porter en force au secours de Barcelone” ». Le 1°* mars, plusieurs soldats de Duhesme furent assassinés. Le lendemain, un sapeur italien fut tué « sans aucune provocation » par un militaire espagnol. Mais cette fois le meurtrier fut arrêté *.

Duhesme venait justement de recevoir une lettre de Murat, nommé depuis peu lieutenant de l'Empereur en Espagne, où celui-ci lui recommandait avant tout de veiller à la sûreté des troupes, tout en n’épargnant ni les égards ni les protestations, et de rendre « responsables des événements et de leurs suites les commandants espagnols * ». Duhesme réclama donc la peine capitale pour le meurtrier, et finit par avoir satisfaction : « Je fis la menace, écrivait-il à Clarke le 16 mars suivant, de le faire juger par une commission militaire française et je ne l'ai rendu à la justice de son corps que sur la parole formelle du capitaine-général qu’il serait fusillé ! Et il l’a été aussi promp-

1. Déchiffrement de la lettre n° 2 de M. Blondel, Barcelone, 1 mars 1808, Arch. des Aff. Etr., vol. 673, fos 274-277 : « Cette entrée des troupes dans cette province comme dans toute l'Espagne est attribuée à un plan général sur ce royaume... »

2. Duhesme à Clarke, de mars 1809, Arch. nat., AFrv 1605; la citation

est de Blondel, Barcelone, 15 mars 1808.

3. Déchiffrement de la lettre de M. Blondel; Barcelone, 15 mars 1808, Arch. des Aff. Etr., vol, 6173, fs 345-348. Il ajoute : « Par une singularité remarquable, les Français sont entrés à Montjouy le jour même, anniversaire de celui où, dans la guerre de la Succession, un grand nombre de troupes françaises avait été assassiné par les décharges à mitraille de cette citadelle où ils croyaient entrer tranquillement par les intelligences qu'ils avaient dans la place... Les Catalans ont remarqué cette coïncidence anniversaire... »

4. Résumé historique des opérations; Duhesme à Berthier, 3 mars 1808, Arch. nat., AFrv 1605.

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