‹ La captivité de BarceloneChapitre 25 sur 181 · Murat à Duhesme, Bayonne, 26 février 1808, Arch. G · texte numérisé non relu

Murat à Duhesme, Bayonne, 26 février 1808, Arch. G

Barcelone,

tement que pouvaient le permettre les formes lentes et graves de la justice militaire espagnole”. »

Quelques rixes, quelques assassinats, ce n’était pas assez pour que l'Empereur voulût admettre que ses affaires risquassent de mal tourner en Catalogne. Murat lui ayant écrit, le T mars, au sujet de la fermentation que Duhesme . y signalait ?, l'Empereur lui répondit péremptoirement : «Il n’y à aucun mécontentement à Barcelone. Le général Duhesme est une commèreé. On donne des coups de stylet à des Napolitains; c’est dans le caractère des habitants. Du reste, on est bien disposé; et, quand on a la Citadelle, on a tout. » Murat, de son côté, enseignait à Duhesme le moyen de calmer le pays : « Appelez chez vous les curés ; faites-leur entrevoir un meilleur avenir, promettezleur la protection de l'Empereur ; dites-leur combien leur condition est au-dessous de leur travail et des services qu'ils rendent à la religion ; rappelez-leur que c’est l'Empereur qui à rétabli la religion en France, qu'ils doivent le prêcher et le redire-sans cesse au peuple... Dites au contraire aux moines que vous êtes informé de leurs sourdes menées‘. » Cinq jours plus tard, lorsqu'il eut appris par la lettre du maître que Duhesme était « une commère » et qu'il n’y avait « aucun mécontentement à

4. Duhesme à Clarke, Barcelone, 16 mars 1808, Arch. G. Dans le rapport du 3 mars, cité plus haut, Duhesme rendait un compte plus détaillé du début de l'affaire : « Frappé de la lenteur avec laquelle les tribunaux militaires espagnols avaient, jusqu'à ce jour, informé contre les délinquants que nous leur avions remis, j'avais cru. devoir mettre en vigueur le décret de Empereur pour la sûreté individuelle et générale de ses troupes en pays étranger par l’ordre dont je joins copie. Mais le capitaine-général espagnol m'ayant réclamé ce soldat avec parole d’en faire prompte et sévère justice, j'ai cru devoir lui donner une nouvelle preuve d'amitié et de désir de bonne intelligence et harmonie en remettant cet homme à la justice de son régiment... » et en P.-$.: « … il paraît que cet homme, malgré toutes les bonnes paroles, ne sera pas fusillé. » Le rapport du 16 montre qu'il le fut pourtant.

2. Murat à l'Empereur, Bayonne, 7 mars 1808, Corr. Murat, n° 212.

3. À Murat, Paris, 10 mars 1808, Lettres inédiles de Napoléon Ier, éd. Lecestre, n° 240.

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