Murat à Duhesme, Aranda-de-Duero, 47 mars 1808, Arch. G
2. Murat à l'Empereur, Madrid, 27 mars 1808, Corr. Mural, n° 235. Cf. Duhesme à Clarke, Barcelone, 16 et 22 mars 1808, Arch. G.
3. C’est le sens général de toutes les lettres écrites en mars et en avril; voir plus particulièrement : à Murat, Paris, 9 mars 1808, Corr. Nap. n° 43632; Saint-Cloud, 27 mars 1808, 1bid., ne 13695, etc.
l'Empereur viendrait à Barcelone‘. D’autre part, il prenait les mesures nécessaires pour l’entrée en Catalogne de
la division Chabran, ce qui mettrait à la disposition de Duhesme un petit corps d'armée de treize à quatorze mille hommes *.
Jusque-là Napoléon avait ordonné avant tout à Duhesme
de garder ses troupes réunies, et s'était opposé même à ce qu'il mît un petit détachement dans le fort de Figuières, comme Murat le conseillait; ce serait, avait décidé l'Empereur, l'affaire de la seconde division, quand elle entrerait en Espagne, si toutefois le fort en valait la peine’. L’inspecteur du génie Marescot, qui visita la Catalogne vers ce moment, jugea la place importante. Chabran fut donc chargé d’y mettre garnison au passage. Entré en Catalogne le 2 avril, il jeta aussitôt un bataillon dans la place’. Quelques jours après, Duhesme rendit compte au ministre de cette petite opération : « Cela s’est fait très paisiblement et volontiers, du consentement du gouverneur, à qui l’on a fait entendre que l’on attendait un grand personnage, que l’on craignait vis-à-vis quelque débarquement, et qui, enfin, a entendu tout ce qu’on a
1. À Joseph Napoléon, Paris, 5 mars 1808, Corr. Nap., n° 13622; à Clarke, Paris, 10 mars 1808, id., no 13635 ; au même, même date, Dernières leltres inédiles de Napoléon Ir, éd. de Brotonne, n° 655; Clarke à Duhesme, 11 mars 1808, Arch. G.
2. À Murat, Paris, 14 et 16 mars 1808, Corr. Nap., nos 13652 et 13656; cf. nos 13695 et 13721.
3. Murat à l'Empereur, Bayonne, 7 mars 4808, Corr. Murat, n° 212; Murat à Duhesme, Vittoria, 12 mars 1808, Arch. G: « Rendez-moi compte de la situation de Figuières; et commencez préalablement par en demander l'occupation, si vous croyez ce poste assez important pour assurer nos derrières... Dans ce cas, vous le feriez occuper ; et je ne sais pas si vous n'auriez pas dû commencer par là avant d'arriver à Barcelone ». L'Empereur à Murat, Paris, 10 mars1808, Leftres inédites de Napoléon Le, éd. Lecestre, n° 240 ; à Clarke, Paris, 10 mars 1808, Corr. Nap., n° 13635: Clarke à Duhesme, Paris, 11 mars 1808, Arch. G. ; Murat à l'Empereur, Aranda-de- Duero, 16 mars 1808, Corr. Murat, n° 222 : « Je n’ai point ordonné positivement au général Duhesme de s'emparer de Figuières, mais d’en demander l'occupation et d’y jeter une centaine d'hommes, si ce poste en valait la peine... »
4. Chabran à Clarke, Perpignan, 4er avril 1808, Arch. G : « La première colonne partira demain du Boulou pour entrer en Espagne. »
voulu”. » Les gouverneurs des places de Sa Majesté Catholique étaient accommodants, et se faisaient décidément une singulière idée de leurs responsabilités et de leurs devoirs.
La division, qui venait renforcer Duhesme, était composée uniquement de Français; elle s'était parfaitement conduite en France, notamment à Perpignan : « Les habitants en sont très contents, les autorités m'en ont fait l'éloge », avait écrit au ministre le général Chabran?. L'entrée de ces nouvelles troupes à Barcelone fit sensation; elle était opportune*.
En Catalogne, comme partout en Espagne, le prince de la Paix était détesté, Le faible Charles IV méprisé; son fils était au contraire considéré comme l'espoir de la monarchie, parce qu'il était l'ennemi du tout-puissant favori, parce qu'il était traité tantôt en suspect et tantôt en incapable, parce qu’enfin, comme il n'avait pris aucune part aux affaires, on pouvait tout espérer de lui‘. La nouvelle des événements d’Aranjuez, de la chute du prince de la Paix et de l’abdication du vieux roi en faveur de son fils causèrent une vive émotion. « La joie était peinte sur tous les visages. Militaires, négociants, artisans, chacun se complimentait comme d’une victoire remportée. Le régiment d'artillerie en garnison ici voulait brûler ses drapeaux paree qu’il les tenait du prince de la Paix et qu'ils portaient son chiffre. Le commerce regardait sa chute comme le