Chabran à Clarke, Perpignan, 1e avril 4808, Arch. G
4. Résumé historique des opérations ; Vacani, Sloria delle campagne Ep 471%
pronostic de la paix générale'.. » Il paraît même que, à Barcelone comme à Madrid, les Français se ressentirent un instant « de cette disposition générale des esprits. On parlait d’eux avec éloge parmi le peuple, sur le port; les autorités constituées même ont paru avoir plus d’égards encore pour les officiers français... » On supposait, comme à Madrid, que les Français, venus seulement pour chasser” Godoy, appuieraient le nouveau monarque; on se remit à parler du mariage de Ferdinand avec une princesse impériale ?. Pendant quelques jours, on fut tout à l'espoir. Seuls « les anti-Français, car il v en aura toujours ici quelquesuns » insinuaient que les Français en voulaient moins à Godoy qu’à la dynastie, que leur dessein était de faire partir la famille royale en l’effrayant et que le coup de théâtre d’Aranjuez « aurait été entièrement contre les vues du gouvernement français* ».
Dans les premiers jours d’avril, on attendit les nouvelles de Madrid et de Paris avec une impatience fébrile. Le 5, arriva de la capitale espagnole un courrier‘ par lequel on connut l'attitude de Murat, à qui Napoléon avait enjoint dès le 27 mars de ne pas reconnaître Ferdinand VII et qui, en attendant, avait évité de se prononcer*. « Je vous
1. À Murat, St Cloud, 27 et 30 mars 1808, Corr. Nap., nes 1369% et 13702 : « Vous devez faire placer le roi Charles IV à lEscurial, le traiter avec le plus grand respect, déclarer qu'il commande toujours en Espagne jusqu’à ce que j'aie reconnu la révolution... » Cf. Murat à Duhesme, Madrid, 16 avril 1808, Arch. G.
2. Blondel à Champagny, Barcelone, 26 mars 1808, Arch. Aff. Étr., vol. 673, fos 429-430. La raison pour laquelle on espérait la paix générale aurait été « que les Anglais perdaient en lui (Godoy) un allié très utile », dit Blondel, en bon courtisan. :
8. Blondel à Champagny, 26 mars. Cf. (pour Madrid) Geoffroy de Grandmaison, L'Espagne el Napoléon, p. 150-155 : une proclamation appelait les Français les «alliés de Ferdinand ».
4. Blondel à Champagny, Barcelone, 2 avril 4808, Arch. Aff. Étr., vol. 674, fos 9-10.
5. Blondel à Champagnys, Barcelone, 6 avril, Arch. Aff. Étr., vol. 674, fos 34-35.
6. Sur l'attitude de Murat en attendant les ordres de l'Empereur, Geoffroy de Grandmaison, p. 147-150, 160-162. À en juger par les cas où nous le
rendrais difficilement l'inquiétude, je dirais presque la tristesse que le courrier de Madrid d'aujourd'hui (5 avril) a jetée dans les esprits. L’impatience ne calcule aucune distance; et, parce qu'ils n’y ont pas vu annoncer l'arrivée de l'Empereur à Madrid, ni aucune communication du grand-duc de Berg au nouveau Roi, les uns commen- cent à craindre, et les autres affirment bien positivement que les événements qui ont eu lieu sont étrangers, même contraires, aux vues du gouvernement français. J’ai vu de bons esprits mêmes qui étaient ébranlés”. » Les paysans, apprenant qu’on demandait aux bayles la liste des habitants de dix-sept à quarante ans, et redoutant l’établissement de la conscription française, menaçaient d’assassinat le corrégidor de Vich, pour le contraindre à désobér”.
Le 8 avril, arriva le Journal de l'Empire du 29 mars, où on trouva un article qui rendit plus difficile encore la tâche des « bons esprits* ». L'Empereur ne reconnaissait pas la validité de l’abdication. « On regardait cet article comme presque officiel. Tous les esprits en furent abattus. Les généraux français étaient invités ce soir-là à une réupion chez un des premiers négociants catalans, où j'étais aussi. On jugea convenable de taire cette nouvelle, pour ne pas troubler la fête. Les généraux mêmes crurent prudent (j'en ai été assuré) de donner quelques ordres de précaution pour garantir la tranquillité du lendemain”. » savons, les lettres de l'Empereur mettaient une semaine de Paris à Madrid. Celle du 27 mars dut donc arriver vers le 3avril. Le courrier arrivé à Barcelone le 5 avril était certainement parti de Madrid auparavant. Mais. dès le 23 mars, la conduite de Murat avait été significative. ,
4. Blondel à Champagny, Barcelone, 6 avril 1808, Arch. Aff. Etr., vol. 674, fos 34-35.
2. Blondel à Champagny, Barcelone, 8 avril 1808, Arch. Aff. Etr,, vol. 674, fs 53-54 : « Mon auteur est un homme réfléchi ».
3. Cf. à Lavallette, au prince Eugène, à Coulaincourt, St Cloud, 29 et 31 mars 1808, Lettres inédites de Napoléon Ie, éd. Lecestre, n° 256-258.
Cf. également Blondel à Champagny, le # mai : « Les esprits se tranquillisent ou s’agitent ici, suivant qu'ils conjecturent plus ou moins de bonnes intelligences entre S. M.et le prince des Asturles. »