‹ La captivité de BarceloneChapitre 49 sur 181 · Reille à Berthier, sous Girone, # août 1808, Arch. G · texte numérisé non relu

Reille à Berthier, sous Girone, # août 1808, Arch. G

8. Gouvion-Saint-Cyr reconnaît l'humanité de Reding, Journal, p. 151; il affirme avoir donné l'exemple, p. 47. La chose est possible : en tout eas, les historiens espagnols, qui relèvent avec complaisance les actes de rigueur systématique de Duhesme, d'Augereau, de Macdonald, etc., ne citent rien sur Saint-Cyr. Vacani, Sloria delle campagne e degli assedi, t. Il, p. 184.rend le même témoignage aux deux chefs : enfin Carrion-Nisas écrit de Girone à Clarke, le 30 juillet 1810, en parlant de Saint-Cyr : « Son commandement passe d’ailleurs pour avoir été assez doux pour les Catalans et assez favorable à la discipline. » Arch. nat., AFiv 4695.

d’alliés, occupé les forteresses par des ruses déloyales, et qui traitaient de « brigands » ceux qui défendaient leur patrie? Les Catalans trouvent légitime de massacrer et de mutiler les traînards, de poignarder les soldats jusque sur les glacis de Barcelone, de terroriser par les menaces de mort et les supplices les paysans qui fournissent des vivres aux « intrus'! »; les Français considèrent comme des actes de justice l'incendie des maisons d’où l’on tire sur eux, le sac des villes qui se défendent, la pendaison des partisans ?.

Enfin, dernier caractère général à noter, la guerre de Catalogne fut une guerre de sièges. Il y avait beaucoup de places fortes dans la province : deux seulement, il est vrai, Barcelone et le grand fort San-Fernando, près de Figuières, semblaient, par leur état et leur importance, capables d'une résistance sérieuse au début des hostilités ?; et ces deux places étaient aux mains des Français. Mais les insurgés se hâtèrent partout de réparer, de renforcer, de rèlever tout ce qui pouvait mériter plus ou moins le nom de fortifications. Comme tous les soldats courageux mais peu exercés, les Catalans firent merveille derrière les murailles : leurs milices y montrèrent un acharnement et une bravoure réelles, tenant bon pendant des mois

1. Résumé historique des opérations politiques et militaires du général Duhesme, Arch. G. (première quinzaine de mars 1809); Duhesme à Clarke, Barcelone, # sept. 1809, Arch. nat., AFrv 4625: Laffaille, Mémoires sur la campagne du corps d'armée des Pyrénées-Orientales en 1808, p. 56-57, 62 ; etc., etc. Cf. Toreno, Historia del levantamiento, querra y revolucion de España. t. TT, p. 60.

2, Duhesme à Ezpeleta, Barcelone, 31 août 1808, Arch. mun. Barcel., of. recib.. 1808: Diario de Barcelona, 13 août 1808 ; Toreno, Hisloria del levantamiento, querra y revoluciôn de España, t. Ie', p.285 ; Résumé des opérations militaires (de Porte, chef d'état-major de Duhesme, déc. 1808), Arch. nat., AFiv 1621, etc.

3. Etat des places et points fortifiés en mai 1808, Catalogne, dans Arteche, t. Ler, p. 562-565. Les places étaient : Barcelone (avec la Citadelle et Le Monjuich}), Girone (avec plusieurs forts et un autre Monjuich), Tarragone, Tortose (avec un château), Lérida (avec un chäteau), Cardona, Rosas, {avee le fort de la Trinité), La Seu d'Urgel. Les « points fortifiés » étaient : le Fort du Col de Balaguer, le château de Berga, le château d'Hostalrich, et quelques petits ouvrages sur la côte.

dans des bicoques, et obligeant par R les Français à multi-

plier les sièges en règle, opérations toujours longues et épuisantes pour l’assiégeant, surtout lorsqu'il est lui-même à demi bloqué dans ses lignes et que la disette le menace presque autant que l'assiégé.

Il reste à indiquer le plus brièvement possible les principaux événements militaires qui se succédèrent en 1808 et en 1809.

Ce que les insurgés eussent par-dessus tout désiré au

début eût été de rentrer en possession des places occupées par les Français. Et pendant que deux ou trois mille paysans bloquaient dans le fort de Figuières les trois cents Français qui l’occupaient depuis avril, la plupart des. miquelets levés dès le début allaient s'établir autour de Barcelone et y formaient un «cordon » pour isoler et affamer les troupes de l’envahisseur. Du reste, aw moins jusqu’à la fin d'octobre, ils ne furent point en état de fermer toute issue aux troupes agissant en nombre et Duhesme en profita pour s'éloigner de sa base d'opérations. Dès le 16 juin, le général français enlevait Mataro ; il poussait ensuite audacieusement jusqu'à Girone et tentait en vain d'y pénétrer.

Lorsque la division Reille commença à se former, son chef s’occupa d’abord, pendant les premiers jours de juillet, à ravitailler et débloquer Figuières. Ce n’était là qu’une préface au programme que Napoléon avait tracé à Reille, En effet, pour rouvrir, conformément aux instructions impériales, les communications régulières avec Barcelone, le plus urgent semblait être de s'emparer de Girone. Cette vieille petite place, où passait, avant de se bifurquer, la route carrossable de Perpignan à Barcelone, était si faible et si mal entretenue que les Français n'avaient point jugé utile d'y mettre garnison au printemps précédent. Duhesme et Reille parvinrent à se concerter, pour en faire le siège en commun, Le premier amena de Barce-

lone sa division française et quelques grosses pièces ; le second, partant de Figuièresavec environ six millehommes, vint rejoindre son camarade sur le Ter, tout près de la. place, le 24 juillet. Pendant plus de trois semaines, les deux divisions réunies, environ treize mille hommes, attaquèrent Girone de concert. Mais les défenseurs résistèrent vaillamment. Les assaillants furent bientôt attaqués euxmêmes par derrière ; les bandes de Clarés qui couraient à travers l’'Ampurdan les obligeaient à faire de gros détachements pour communiquer avec Figuières et la France ; Lechi, à qui Duhesme avait confié le commandement de Barcelone, envoyait par ses émissaires des nouvelles alarmantes ; enfin on apprit au cours du siège le désastre de Baylen. Après quelques jours de bombardement, Reille revint sur Figuières, et Duhesme repartit pour Barcelone (16 août)‘. Il trouva la route détruite par les insurgés, dut combattre à plusieurs reprises et essuyer le feu de la croisière anglaise. A la fin, il prit le parti de détruire ses bagages et de noyer son artillerie, et se jeta dans les sentiers de la sierra côtière.

Rentré à Barcelone (20 août 1808), il dut se borner désormais à des excursions plus modestes ; il était maintenant attaqué par mer; le « cordon » recevait peu à peu des renforts et se rapprochait de Barcelone. Enfin Vivés,

nommé le 28 octobre capitaine-général de la Catalogne, renforca les lignes des assiégeants, et en novembre le blocus devint un véritable siège. Les Français durent s’enfermer dans la place ; la situation de Duhesme devint

1. Oman, À history of the peninsular war, LE, p. 331-333, se montre à cette occasion fort sévère pour Duhesme. Il lui reproche même, p. 392, n. 4, d'avoir imaginé, pour justifier sa retraite, un ordre de l'Empereur de se replier sur Barcelone. Cet ordre ne se trouve point en effet dans la Corr. Nap., mais ce qui existe bien, c'est un ordre de Berthier à Duhesme, Bordeaux, 2 août 4808, Arch. G., où le major général prescrit à ce chef de se replier sur Barcelone. Sans doute l'ordre fut donné oralement à Berthier par l'Empereur. Il est facile de juger sévérement Duhesme, quand

on ne tient pas compte des circonstances où il se trouvait, avec ses médiocres troupes et ses plus médiocres lieutenants.

bientôt assez difficile pour qu'il demandât énergiquement du secours.

Gouvion-Saint-Cyr, qui avait pris depuis les premiers jours de septembre la haute direction des opérations dans l'Ampurdan, avait jugé nécessaire de commencer par s'emparer de Rosas ; il employa deux mois en préparatifs, un mois au siège proprement dit. Dès que la place se fut rendue (6 décembre), il se hâta de marcher au secours de - Duhesme. Girone lui fermant la route, il laissa à Reille une division pour observer cette place, pour contenir l’'Ampurdan et pour protéger la frontière ; et avec les deux autres, sans artillerie et sans bagages, il se porta rapidement vers le Sud, enfonça à Cardedeu les troupes que Vivés envoyait au-devant de lui (16 décembre) et débloqua Barcelone (17 décembre 1808). IL y trouva des munitions, s’y adjoignit une des divisions de Duhesme et put même, avec les ressources locales, s’y organiser une petite artillerie de campagne.

L'Empereur voyait déjà Gouvion-Saint-Cyr maître de toute la province, et lui traçait le plus vaste programme". En réalité, le commandant du 7° corps était simplement en état de promener ses troupes à travers des villages déserts, et de battre les insurgés lorsque ceux-ci l’attendaient. I le fit aussitôt à Molins-de-Rey (21 décembre 1808), et, pendant quelques jours, le découragement sembla régner parmi les Catalans, Toutefois Gouvion-Saint- Cyr n'osa pas se porter rapidement sur Tarragone et s’occupa pendant près de deux mois à battre les vallées du Llobregat et de ses affluents pour y trouver des vivres. Pendant ce temps, les miquelets et les troupes réunies à

4. A Berthier, Chamartin, 17 décembre 1808, Corr. Nap., n° 14579: au même, Benavente, 4 janvier 1809, no 44652; au même, Valladolid, 41 janvier 180), no 14681 (Saint-Cyr devra communiquer avec Lannes en Aragon, prendre Tarragone, s'emparer de Tortose, et Reille devra assiéger Girone le 15 février). Le programme ainsi t'acé par l'Empereur ne sera rempli qu'en 1811, par les moyens combinés de Macdonald et de Suchet.

Girone harcelaient Reille dans l'Ampurdan, les vaincus de Molins-de-Rey passés sous le commandement de Reding se réorganisaient, et Tarragone était mis en sérieux état de défense. Les succès de Saint-Cyr à Igualada et à Valls (48 et 25 février 1809) n’eurent point grand résultat, et ce général bloqua inutilement Tarragone pendant un mois. 1l dut renoncer à prendre cette place par un simple blocus et se replier non sans combattre sur Barcelone ; il y fit un séjour, puis gagna avec son armée la plame de Vich, qui n’était point encore épuisée. Il put alors rentrer en communication avec les troupes de lAmpurdan; et celles-ci, profitant de son arrivée et d’ailleurs renforcées, mirent enfin le siège devant Girone {mai 1809).

Duhesme se retrouva alors seul dans Barcelone avec la division Chabran, soit cinq à six mille combattants. Au mois de juin, Saint-Cyr communiqua encore une fois avec lui'; puis, de juin 1809 jusqu’à janvier 1810, Duhesme fut dans la même situation que pendant les derniers mois de 1808, bloqué moins étroitement et mieux pourvu de vivres, mais avec trop peu de troupes pour pouvoir étendre son action hors d’un rayon très limité.

Dès le 1° juin, l'Empereur, peu satisfait de Saint-Cyr, avait nommé Augereau au commandement du T° corps”. Mais, le maréchal ayant été immobilisé à Perpignan par une crise de sciatique, Gouvion-Saint-Cyr garda le com-

4. Le chef d'état-major Rey à Clarke, Caldas-de-Malavella, 21 juin 1809, Arch. nat, AFiv 1621 ; Clarke à l'Empereur, 29 juin 1809, Arch. nat,, AFrv 1618.

2. L'Empereur avait, dés le mois d'avril, manifesté l'intention d'envoyer Augereau en Catalogne, car Clarke, dans un rapport du 24 avril 1809, Arch. nat., AFrv 1618, rappelait à Napoléon cette intention. Toutefois Augereau ne futnommé «commandant en chef de nos troupes en Catalogne » que par un décret d'Ebersdorf, {9 juin 1809, Arch. nat., AFiv plaqg. 2506. Clarke remit au maréchal les instructions censées impérialesle 17 juin 1809 (Arch. nat, AFiv 1624); le 3 juillet 1809. Augereau était à Perpignan, car une lettre du commissaire ordonnateur par intérim sous cette date (Lemarquant à Augereau, Perpignan, 3 juillet 1809, Arch. G.) mentionne des « ordres » donnés par le maréchal. Mais Augereau tomba malade aussitôt ; Clarke à l'Empereur, 42 juillet 1809, Arch. nat, AFiv 1618.

mandement effectif jusqu'à la fin de septembre; il le déposa d’ailleurs très irrégulitrement, et d’une façon qui marquait beaucoup d'humeur *. Au reste, le rôle du 7° corps, sous Augereau comme sous (ouvion-Saint-Cyr, se borna, de juin à décembre, à couvrir les opérations du général Verdier, qui avait rémplacé Reiïlle dans le commandement des troupes assiégeantes.

Le siège de Girone peut être mis en parallèle avec celui de Saragosse. Sous le commandement de l’énergique Mariano Alvarez, les assiégés résistèrent pendant plus de sept mois (mai-décembre 1809) ; les habitants, les femmes mêmes, prirent part à la défense ; il fallut des mois pour forcer les Espagnols à abandonner quelques misérables fortins; à plusieurs reprises, on parvint à leur faire passer du dehors des renforts importants ; et tout un convoi de vivres fut même jeté dans la place (1* septembre). Enfin la famine et les maladies finirent par obliger le conseil de défense à capituler (10 décembre 1809). Augereau put alors essayer enfin de « pacilier » lAmpurdan et d'établir des communications plus fréquentes avec Barcelone.

La fin de 1809 marque à peu près le terme de la pre-

4. Dès qu'il fut informé de la nomination d'Augereau, c’est-à-dire le 29 juin, Saint-Cyr demanda à s'en aller pour raison de santé (à Clarke, 29 juin 4809, Arch. nat., AF1v 1621). Clarke répondit au colonel-général de rester en fonetions {ant qu'Augereau serait malade (Clarke à Gouvion-Saint- Cyr, 25 juillet 1809, Arch. G.); l'Empereur, informé, réitéra cet ordre en le complétant : si Gouvion-Saint-Cyr était malade au point de ne pouvoir rester, il devait d’abord rétablir la communication avec Barcelone et confier son corps à Duhesme (à Clarke, Schænbrunn, 29 juillet 4809, Corr. Nap., n° 15594). Gouvion-Saint-Cyr, dansun rapport daté de Fornells, 15 septembre 4809, Arch. nat., AFrv 1621, revenait sur son état de santé ; Napoléon pensàa alors à donner le commandement en Catalogne à Bernadotte (à Clarke, Schœnbrunn,26 septembre 1809, Corr. Nap., ne 415864). Mais. entre temps, Saint-Cyr partit pour Perpignan sous prétexte d'aller y pourvoir aux besoins des troupes ; une fois à Perpignan, il continua sur l'intérieur (Clarke à l'Empereur, 5 oct. 1809, Arch. nat., AFrv 1618: Saint-Cyr à Clarke, Perpignan, 3 octobre 1809, AFrv 1621 ; Clarke à l'Empereur, 8 octobre 1809, ibid.) Napoléon, très irrité, menaçca d'abord de faire arrêter Saint-Cyr (à Clarke, Schœnbrunn, 16 octobre 4809, Corr.. Nap., n° 15958). Il se contenta ensuite de lui faire ordonner de rester aux arrêts « dans sa campagne » {à Clarke, Fontainebleau, 7 novembre 1809, Lettres inédites

de Napoléon le, 64. Lecestre, ne 545 ; Clarke à Saint-Cyr, 8 novembre 4809, Arch. G:}-

mière période, à la fois dans l’histoire de la guerre et dans celle du gouvernement français de Catalogne. Durant cette période, le territoire occupé de manière permanente par les Français resta assez restreint, et par suite le champ du gouvernement fut toujours peu étendu. En 1808, les Français ne purent en somme se faire obéir qu'à Barcelone, à Figuières et dans quelques villages très voisins de la frontière‘. En 1809, le pays réputé soumis s’accrut de la banlieue immédiate de Barcelone”; et d'autre part il s’étendit peu à peu dans lAmpurdan. Il y comprenait, en mai 1809, les villages de la sierra de Rosas et de la plaine entre la frontière et la Fluvia ; vers septembre de la même année, on pouvait y ajouter le territoire entre la Fluvia et le Ter, au moins enplaine, c’est-à-dire jusque vers Bañolas et Besalu *. D'ailleurs, si le territoire s’étendait, le nombre

4. Pour Barcelone, occupé militairement, et pour Figuières, tenu sous le canon du fort San-Fernando, la chose va de soi ; ‘pour les villages voisins de la frontière, la Junquera, Agullana, ete, le général Saint-Germain à l'Empereur, Bellegarde, 3 et 5 août 1808, Arch. nat., AFtv 1606 ; le même à l'Empereur, Bellegarde, 14 août 1808, Arch. nat., AFiv 1621.

9, Duhesme à Berthier, Barcelone, 14 avril 1809, Arch. nat., AFrv 1621: Duhesme à Berthier, Barcelone, 14 novembre 1809, Arch. nat., AFrv 1625 : « Nous n'avons pu encore apprivoiser qu'une dizaine de villages aux environs de Barcelone. »

3. Compte-rendu par Pelletier, secrétaire de la Commission administrative du gouvernement de Catalogne, Arch. G. (14 février 1811) : cf. Augereau à Clarke, Fornells, 4* décembre 1809, Arch. nat., AFrv 1621. A la fin de décembre, quand la prise de Girone rend les troupes de Verdier et de Pino disponibles, on occupe Olot et Ripoll. Le 10 janvier 1810, un aide de camp de Clarke, M. de la Palice, luiremet, avec un croquis explicatif (dont nous nous servons pour la carte qu'on trouvera à la fin de ce volume) un rapport dont voici le début : « La division du général Verdier occupe la Jonquière, le pont de Capmagne, le pont des Moulins. Figueras, Bascara, Besalu, Castelfollit et Girone. La division du général Souhan occupe en force Olot, Ripoll, et pousse de fortes reconnaissances sur Vich et Campredon. La division du général Pino, commandée en son absence par le général Mazzuchelli, occupe les alentours de Girone, le quartier général et pousse de fortes reconnaissances partout. La position actuelle de l'armée aété amenée par les mouvements que l'ennemi à faits depuis la prise de Girone. Il faut, pour garder les communications avec la France : 600 hommes à la Jonquière...; 2.000 au fort et à la ville de Figuières ; 600 hommes à Bascara : 600. hommes entre Baseara et Girone ; 1.000 hommes à Besalü, point intéressant à garder ; 2.000 hémmes à Girone el dans les forts. Si les ennemis étaient entièrement dispersés et que l'armée se portât sur Barcelone, il faudrait laisser 2.000 hommes pour bloquer Hostalrich, qui est un fort sur la route de Barcelone, situé sur une haute montagne.

des administrés restait faible, la plupart des habitants tenant la montagne‘. Aussi, durant toute cette période, est-ce surtout à propos de Barcelone qu’il convient de parler de gouvernement et d'administration.

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Ce gouvernement, celle administration n’ont point élé organisés en vertu d'instructions émanées soit de l'Empereur, soit du roi Joseph. Par son décret du 25 mai 1808, Napoléon s'était contenté de maintenir provisoirement les autorités existantes en Espagne, sous la direction du lieutenant-général Murat. « Les ministres, le conseil d'État, le conseil de Castille et toutes les autorités religieuses, civiles et militaires sont confirmés en tant que besoin. La justice continuera à être administrée de la même manière et suivantles mêmes formes que par le passé*. » Napoléon pensait évidemment ménager par là, et de la façon la plus simple, la transition entre le gouvernement de Charles IV et celui de son frère; il semblait ne point prévoir le cas

Total des troupes, 8.800 hommes, sans compter les colonnes mobiles qu'il faudrait jeter dans l’'Ampurdan et aux alentours de Girone... » Arch. nat., AF1v 1625. On voit ce que signifie, même après la prise de Girone, l’expression de « pays occupé ». Il en avait été naturellement de même pendant le siège de la place : à tout moment les bandes descendaient des montagnes dans la plaine, gènaient les communications, surtout entre Figuières et la frontière de France : il fallait sans cesse lancer des colonnes à leur poursuite : Verdier à Clarke, sous Girone, 12et18 juin, 17 et 21 juillet 4809, Arch. nat., AFiv 1621 ; Augereau à Clarke, Prades, 98 septembre 4809, :bid.; Augereau à Clarke, Perpignan, 9 octobre 1809, Arch. Gisele:

4. Clarke à l'Empereur, 29 juin 1809, Arch. nat. AFrv 1618 ; Augereau à Clarke, 28 septembre 1809 : « Depuis la Jonquière jusqu’à Girone les cultivateurs ont disparu et par conséquent les champs de blé sont restés incultes. . » etc.

2. Décret impérial de Bayonne, 25 mai 1808, publié au Moniteur du 18 juin {en minute aux Arch. nat., AF1v plaq. 2224), art. 3. Ce décret ne fut sans doute point connu à Barcelone en temps utile, car il ne fut publié dans le Diario de Barcelona que le 27 juin, en mème temps que la proclamation impériale du 6 juin, qui annonçait le choix de Joseph comme roi d'Espagne.

où les « autorités civiles, religieuses et militaires » refuseraient d’obéir au lieutenant-général Murat, ni celui où les communications seraient coupées entre les administrations locales etle gouvernement provisoirement maintenu à Madrid.

Or, dès le 1° juin, les relations régulières entre Barcelone et la capitale se trouvèrent interrompues ; le capitainegénéral, l’intendant, l’'Audience, en un mot les autorités de Catalogne ne pouvaient plus recevoir d'instructions du lieutenant-général ni des ministres, si ce n’est par la France et la voie de mer, de Collioure à Barcelone, c’està-dire avec des délais infinis !. Duhesme attira en vain le 11 juin l'attention de Berthier sur la nécessité de faire modifier, par un arrêté du grand-duc de Bérg, sa situation officielle vis-à-vis des autorités locales?. Si cet arrêté eût été pris, par Murat ou par tout autre, la nature des pouvoirs de Duhesme en Catalogne eût été nettement définie. Mais l'Empereur n’attacha sans doute point d'importance à une question de forme ; ses troupes étaient maîtresses de Barcelone, c’était là l’essentiel. En tout cas, il se contenta, dès la réception de la lettre de Duhesme, de faire envoyer * à celui-ci par le major général des instructions d’un caractère strictement militaire, où la question théorique

1. C'est la voie que Duhesme employa une fois en sens inverse pour écrire à Murat, d’après le texte même de sa lettre : Duhesme à Murat, Barcelone, 3 juin 1808, Arch. G. Le souvernement impérial n’employa que la voie de mer pour communiquer avec Barcelone; Allègre, commandant d'armes à Collioure, à Berthier, 29 juin 1808, Arch. G. : Berthier à Duhesme, Bayonne, 1er juillet 1808, ibid. ; le contre-amiral Emeriau, préfet maritime de Toulon, à Berthier, 5 juillet 1808, tbid., etc. Duhesme envoya toutefois des émissaires à Saint-Cyr: « J'ai l'honneur d'envoyer à V. A. un billet qui vient de me parvenir de la part du général Duhesme ; il l’a écrit, comme vous le verrez, avec du jus de citron, dans les interlignes d'un autre billet ostensible dont son messager était porteur. Cet homme, pour plus de précautions, l'avait placé dans la jarretière de sa culotte et la sueur à fait disparaître quelques mots qu'il a été impossible de faire revenir. » Gouvion-Saint-Cyr à Berthier, Perpignan, 6 septembre 1808, Arch. G.

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