‹ La captivité de BarceloneChapitre 62 sur 181 · Résumé historique des opérations · texte numérisé non relu

Résumé historique des opérations

2. Duhesme à Berthier, 20 septembre 1808, Arch. G. ; Résumé historique des opérations politiques et militaires du général Duhesme (Arch. G., première quinzaine de mars 1809).

reur qu'ils exerçaient leurs fonctions respectives * ».

Mais la Cour de cassation n’eut point à décider de qui émanaient les pouvoirs des fonctionnaires nommés antérieurement à l’état de siège par le gouvernement espagnol et maintenus en fonctions par Duhesme. | En réalité, Duhesme ne tenait point, pour le moment du moins, à ce que les autorités passées sous son commandement eussent à « se prononcer ». Pour « laisser aux yeux des Espagnols la même apparence de gouvernement », il se trouvait obligé de maintenir en fonctions, dans la mesure du possible, ceux qui y étaient auparavant, et qu’il n’eût point été facile de remplacer. « Quant à l'administration civile, le général Duhesme n’a jamais remplacé aucun employé de l’ancien gouvernement, qu’il ne se fût éloigné, et n’a jamais appelé à aucune fonction que des hommes de la classe riche et privilégiée *. » Duhesme prévoyait que beaucoup de ceux qui se résignaient en fait à lui obéir se refuseraient à accepter par un acte solennel et public les changements accomplis. Même parmi les rares fonctionnaires qui, par intérêt ou par « philosophie », étaient prêts à reconnaître l’abdication de Ferdinand VII, deux partis devaient bientôt se former : les uns tenant à rester espagnols, comparant la situation présente à celle du début du xvin° siècle, se déclarant patriotes et se posant par suite en partisans du roi Joseph ; les autres ne trouvant

1.. Cet arrêt fut rendu à propos de l'affaire Canton, sur laquelle nous reviendrons. Copie de l’arrêt- de la Cour de cassation, section criminelle, du 6 juin 1811, renvoyant Lechi, Casanova et leurs complices devant le juge d'instruction du tribunal de première instance de la Seine, Arch. nat., BB‘#793. Les considérants sont très longs, souvent contradictoires ; l'impression qui se dégage de leur lecture est que la Cour se tira en réalité d'affaire par un expédient, en profitant de ce que Casanova et ses agents tenaient leur nomination de Duhesme. Au fond de la décision de la Cour, il y a, semble-t-il, la raison d'Etat.

2. Précis relatif au général Duhesme, janvier 1812, Arch. G. (28 juillet 1810). Il n’y a guère à signaler d’ailleurs que le remplacement, en octobre 1808, du contador principal des rentes, émigré, par le sieur Bassas, agent consulaire français à Matar6, mais Espagnol de naissance (Résumé historique des opérations ; Diario de Barcelona du 10 octobre 4808).

« digne d’eux que d’appartenir à l'Empire français » et se croyant « une acquisition précieuse pour lui’ ». En éclaircissant prématurément la situation, Duhesme aurait fait naître des difficultés : « Quoique l’Audience royale, les membres de la junte générale et les régidors ne se fussent pas prononcés, le général en tira un grand parti ; car ils continuèrent à rendre la justice, à administrer la ville, à s'occuper du service de l’armée ?. »

Au reste 1l était difficile de savoir Les vrais desseins de VEmpereur sur le pays ; les intentions manifestées par Napoléon à Bayonne relativement à l'intégrité de la monarchie espagnole pouvaient avoir été modifiées par les événements survenus depuis ; il n’était arrivé de Paris aucune instruction relative à la reconnaissance solennelle du roi Joseph par les autorités des provinces. En prenant l’initiative d'imposer à ses nouveaux subordonnés un acte de soumission officielle à Joseph ou à l'Empereur, Duhesme eût risqué de contrarier les desseins de son maître *.

1. Rapport sur Barcelone au 15 décembre 1809 (de l’agent Blondel), Arch. des Aff. Etr., Mém. et Doc., Esp., volume 210, fes 305-306. C’est dans cette pièce que Blondel traite la question avec le plus d’ampleur, mais il avait déjà donné des indications à ce sujet dans un rapport à Champagny, Barcelone, 31 mai 1809, Arch. des Aff. Etr., Corresp. diplom., Esp., vol. 679, fos 124-125.

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