CHAPITRE XVI
la conclusion de la paix. — comment elle fut accueillie par les allemands et par les internés de wilhelmshœhe. — l'état d'esprit de bazaine. — ses prédictions. — LA PÉTITION.
HJORSQUE, le soir du 3 mars, je rentrai de Wilhelmshœhe en ville, tout respirait la joie. Des clameurs de triomphe et de victoire retentissaient dans les rues. Toutes les maisons étaient pavoisées, les cloches sonnaient, et les coups de canons annonçaient que la nouvelle de la conclusion de la paix était arrivée.
Tous les cœurs allemands étaient pénétrés de sentiments puissants et édifiants, et notre souverain avait exprimé ce que pensait toute la nation, lorsque, parlant de nos succès et de nos victoires, il avait dit : « Dieu nous a comblés. »
Le lendemain matin, je reçus la visite du général Castelnau et du commandant Hepp. Ils paraissaient très déprimés et déclarèrent franchement qu'ils ne savaient pas ce que deviendraient ceux d'entre eux qui n'avaient pas de fortune. Privés de leur situation et de leurs appointements, ne pouvant compter sur l'Empereur, qui ne pouvait emmener presque personne avec lui, n'ayant aucune certitude au sujet de leur séjour en France, ils n'avaient pas la moindre idée de ce que leur réservait l'avenir.
Le peuple, autant que le gouvernement républicain, était hostile à ces infortunés. Tous les journaux les accablaient sans pitié comme partisans dévoués de l'Empereur. Même nos officiers allemands s'étaient cru obligés à diverses reprises, dans leurs quartiers en France, de défendre l'honneur de l'armée française, attaquée sans pudeur, en présence de l'ennemi, et de la façon la plus impitoyable par ses propres compatriotes.
Ce soir-là, il y eut à Wilhelmshœhe une grande émotion, qui finalement se traduisit par un appel à mon intervention.
L'Empereur avait envoyé en France un télégramme chiffré, qu'on avait arrêté à Francfort.
La direction générale des télégraphes se
EN CAPTIVITÉ
refusait à l'expédier, le chancelier ayant donné l'ordre de ne plus accepter de télégrammes de ce genre.
Or, que pouvait télégraphier de dangereux pour nous à ses rares fidèles, l'Empereur banni, accablé, dont la vie même n'était pas à l'abri de la menace? Je m'adressai au comte Bismarck, qui donna immédiatement l'autorisation demandée, et l'on se rassura à Wilhelmshœhe.
Maintenant que la paix était conclue, il fallait Organi-
ramener chez nous la vie militaire à son état satlon du
. rapatrié-
normal. Nos autorités déployèrent dans cette ment jes
tâche une activité vraiment fiévreuse. Tout prisonniers.
devait être réglé le plus rapidement possible,
et avant tout la circulation des chemins de
fer rétablie dans son état antérieur, afin que
le trafic n'en souffrît plus.
Naturellement, les prisonniers, — officiers aussi bien que simples soldats, — insistaient pour être rapatriés.
La province de Hesse-Nassau, ayant à elle seule, comme je l'ai déjà dit, vingt dépôts de prisonniers et, par surcroît, l'Empereur Napoléon, le travail ne manquait pas au gouvernement militaire de Cassel. Mes officiers pouvaient à peine quitter leurs bureaux. Ils étaient sans interruption occupés à expédier dans toutes les directions de la province tous les
Impopularité
de Bazaine
en France.
ordres qui devaient émaner du commandement général.
Au nombre de ceux qui avaient des désirs à formuler, se trouvait le maréchal Bazaine.
La correspondance qu'il entretenait avec des personnalités françaises très en vue, la lecture des feuilles publiques, les attaques haineuses dirigées contre lui et contre son attitude, les hostilités auxquelles il était en butte même de la part de ses compatriotes prisonniers comme lui, étaient de nature à lui ôter toute illusion sur ce qui l'attendait à son retour dans sa patrie.
La haine profonde que lui portait l'armée s'était manifestée maintes fois, et souvent de façon très brutale. Un incident de ce genre ne fut porté malheureusement à sa connaissance ainsi qu'à la mienne, que lorsqu'il était trop tard pour sévir, comme il eût fallu.
On avait permis aux prisonniers français qui, dirigés vers leur lieu d'internement, passaient à Cassel, de profiter de leur séjour dans cette ville pour y faire de petites promenades. Un capitaine, dont il fut dans la suite impossible de connaître le nom, avait mis à profit cette autorisation, pour se présenter chez Bazaine. Le domestique lui ayant dit que son maître était sorti, l'officier répondit en criant :
EN CAPTIVITE
« Comment! cet animal, cette bête n'est pas là! » et continua à proférer des insultes, jusqu'à ce que le domestique lui eût fermé la porte au nez.
En tout cas, les nouvelles que recevait le maréchal sur l'état d'esprit qui régnait en France, à son égard, devaient être très défavorables, car comme je lui demandais s'il s'y rendrait après sa libération, il répondit franchement : « Oh! non, croyez-vous que je veuille me faire traîner par terre ? »
Il me demanda l'autorisation d'envoyer en France un de ses officiers, prisonnier comme lui à Cassel, « pour tâter un peu le terrain », selon son expression.
Dès cet instant, sa situation lui parut sombre, et même désespérée. Il me sembla toutefois qu'il attendait les événements, dans la mesure où ils le concernaient, avec tranquillité et avec une conscience calme. Il ne prédisait à la France que des catastrophes. Après un temps plus ou moins long, le gouvernement actuel serait renversé, la République sociale se constituerait, et le pays s'acheminerait lentement, mais sûrement, vers sa ruine.
Lorsque je lui dis qu'on avait l'intention de maintenir l'occupation des provinces du nordest pendant quelque temps encore après la
paix, il me répondit : « Vous faites bien, très bien. »
Combien ces paroles étaient significatives de la façon dont il appréciait la situation !
Son officier d'état-major reçut la permission demandée, se rendit à Paris et, à son retour, déconseilla au maréchal de se montrer en France. Les sentiments populaires lui étaient hostiles beaucoup plus qu'il ne s'y était attendu.
Le maréchal suivit cet avertissement. Après sa libération, il se rendit en Suisse avec sa famille.
Par une lettre qu'il m'envoya un jour du lac de Genève, j'appris que les messieurs de la Commune avaient pillé la maison appartenant à sa femme à Paris.
A Wilhelmshœhe régnait maintenant une mauvaise humeur non dissimulée, tous aspirant à partir, et l'ordre de libération se faisant toujours attendre. Le bruit s'était aussi répandu qu'on avait l'intention de ne mettre l'Empereur en liberté qu'après la conclusion définitive de la paix, et non pas tout de suite après les préliminaires. Cette supposition fit dire aux Français que, du côté allemand, on craignait que l'Empereur ne publiât une protestation, susceptible de compromettre la paix définitive.
EN CAPTIVITE
Au début de mars parut partout une Péti- Propagande tion de Varmée française. Elle semblait tis^e avoir été rédigée par les officiers français en France. internés en Allemagne et avait produit une grande sensation, tant à Berlin qu'à Versailles. Au quartier général, on la supposait émanée de Wilhelmshœhe, et elle me fut adressée, pour que j'en recherchasse les auteurs.
Il était absolument dans notre intérêt, et même, on peut le dire, dans celui de toute l'Europe, d'étouffer dans le germe tout ce qui eût pu provoquer des complications.
Mes recherches établirent que Pietri, l'écrivain Melz-Cohn, l'usinier Pommier de Leipzig et Dohet, un partisan de l'Empereur habitant Bruxelles, étaient les principaux auteurs de la pétition. Ainsi il était constaté que "Wilhelmshœhe étaitabsolumentd'accordaveclesauteurs.
Les numéros du Drapeau des 21 et 27 février 1871 abondaient dans le sens de la pétition qui était commentée partout. Le passage essentiel en était le suivant :
« L'Empire seul peut rétablir l'ordre et la confiance dans ce malheureux pays, jadis si prospère et aujourd'hui si ravagé.
« Par exemple, vous devriez bien insister, dans votre journal, pour qu'on n'oublie pas l'armée prisonnière, le jour du vote. »
Le Drapeau faisait suivre ce passage de remarques explicatives, et disait entre autres choses :
« Qu'est-ce que l'Empire ? — C'est le régime monarchique approprié à la société moderne, inauguré et soutenu, au nom de la souveraineté nationale, par le suffrage universel. »
M. Melz-Cohn, qui possédait plutôt les défauts de sa race que ses qualités, s'était plus particulièrement fait valoir dans toute cette affaire, et y avait sans doute été encouragé par l'Empereur.
Ce monsieur commençait d'ailleurs, sous bien des rapports, à me paraître importun. Les fonctionnaires de la Cour à Wilhelmshœhe ne lui étaient pas non plus favorables, et je sais que des raisons sérieuses ne leur manquaient pas. Si la captivité de l'Empereur s'était prolongée longtemps encore, j'aurais eu à assumer le devoir désagréable d'user à l'égard de M. Melz-Cohn de mon droit d'expulsion. Cela m'eût été d'autant plus pénible que Napoléon se serait senti à coup sûr froissé par cette mesure. Des scribes à gages et des mouchards comme M. Melz-Cohn sont, à la longue, insupportables à toutes les autorités, et il ne reste finalement pas d'autre moyen que de les éloigner. Ils écrivent à tort et à tra-
EN CAPTIVITE
vers, dénaturent les faits, jugent sans compétence et veulent faire argent de tout. Pour être instruit des menées de ce littérateur, — dans la mesure où elles se poursuivaient par la voie télégraphique, — je donnai l'ordre à l'inspecteur des télégraphes, M. Zapp, de me faire parvenir désormais copie des télégrammes de Wilhelmshœhe.
A la même époque parut aussi la Protesta- Protestation du 6 mars 1 871, rédigée par Napoléon, et . ~
qui fut envoyée partout. au
Le général Castelnau m'en apporta aussi un président
exemplaire. En voici le texte : ?, . !"T
B semblée Na-
tionale.
« Protestation de l'Empereur Napoléon III, adressée à M. le Président de V Assemblée Nationale.
« Monsieur le Président,
« Au moment où tous les Français, profondément attristés des conditions de la paix, ne songeaient qu'aux maux de la patrie, l'Assemblée nationale a prononcé la déchéance de ma dynastie et affirmé que j'étais seul responsable des calamités publiques.
« Je proteste contre cette déclaration injuste et illégale : injuste, car lorsque la guerre fut déclarée, le sentiment national, surexcité par
des causes indépendantes de ma volonté, avait produit un entraînement général et irrésistible ; illégale, car l'Assemblée, nommée dans le seul but de faire la paix, a outrepassé ses pouvoirs en tranchant des questions au-dessus de sa compétence, et fût-elle même constituante, elle serait impuissante à substituer sa volonté à celle de la nation.
« L'exemple du passé est là pour le prouver. L'hostilité de la Constituante, en 1848, est venue échouer devant l'élection du 10 décembre, et, en 1851, le peuple, par plus de 7 millions de suffrages, m'a donné raison contre l'Assemblée législative.
« La passion politique ne saurait prévaloir contre le droit, et le droit public français, pour la fondation de tout gouvernement légitime, c'est le plébiscite. Hors de là, il n'y a qu'usurpation pour les uns, oppression pour les autres. Aussi, suis-je prêt à m'incliner devant la libre expression de la volonté nationale, mais devant elle seulement.
« En présence d'événements douloureux qui imposent à tous l'abnégation et le désintéressement, j'aurais voulu garder le silence, mais la déclaration de l'Assemblée me force à protester au nom de la vérité outragée et des droits de la nation méconnus. Recevez, Mon-
EN CAPTIVITE
sieur le Président, l'assurance de ma haute estime.
« Napoléon. »
Wilhelmshœhe, le 6 mars 1871.
On me demanda si j'autoriserais la distribution de cette lettre dans les dépôts. Je ne trouvais pas qu'en accordant cette autorisation je me mettais en contradiction avec mes devoirs, ou que nous avions l'air de prendre parti. La paix, en effet, était conclue avec le gouvernement au pouvoir.
La réapparition de Farincourt à Wilhelmshœhe déprima de nouveau les esprits. Les nouvelles qu'il rapportait de Versailles étaient faites pour anéantir les dernières espérances napoléoniennes. Il s'y ajoutait l'énervement produit par l'attente quotidienne et vaine de l'ordre du départ. On savait la paix conclue depuis plusieurs jours et on connaissait la condition stipulant la libération des prisonniers, dès la conclusion des préliminaires. Les journaux signalaient déjà l'arrivée de Bismarck à Berlin.
Le flot de télégrammes qu'on échangea entre Wilhelmshœhe et toutes les villes et pays imaginables, me montra qu'au château on ne pen-
On attend avec impatience
Tordre de libération.
On
annonce
le retour
prochain
de
l'Empereur
Guillaume
et son
passage
Francfort.
sait plus qu'à une seule chose : partir.
Dans un télégramme à la comtesse de Pierrefort, — pseudonyme de l'Impératrice Eugénie, — Napoléon refusa la visite projetée du prince impérial, puisqu'il devait aller très prochainement lui-même en Angleterre.
L'inquiétude à Wilhelmshœhe atteignit son comble, lorsqu'on apprit que l'Empereur allemand arriverait le 15 mars à Francfort et repartirait le lendemain matin pour Berlin.
Je dois avouer que j'eus, un instant, moi aussi, l'impression qu'on avait oublié le monarque prisonnier. En haut lieu, on avait déjà décidé que ceux des officiers français qui voudraient repartir à leurs frais, devraient y être autorisés immédiatement. L'agitation au château n'en fit que grandir.
Plusieurs de ces messieurs de l'entourage impérial déclarèrent qu'ils ne songeaient pas à séparer leur sort de celui du monarque prisonnier.
L'ardent désir de Napoléon était naturellement de me voir aller à Francfort pour recevoir mon souverain, et en rapporter, si possible, des instructions relatives à son départ.
En ma qualité de général commandant de corps d'armée, mon service m'appelait naturellement à Francfort. Les prisonniers de
EN CAPTIVITE
Wilhelmshœhe devaient se dire que, de toute façon, je ferais ce voyage et ne pas croire, par conséquent, que je l'entreprenais dans le but souhaité par eux.
Le général Castelnau vint, le 12 mars, me trouver de la part de l'Empereur, pour me charger de saluer l'Empereur Guillaume et de lui exprimer le désir de connaître sa décision relative à la date de la libération.
Je fis part au général de mon intention de me rendre encore à Wilhelmshœhe, avant mon départ, pour m'informer si S. M. avait d'autres ordres à me donner.
Je jugeai convenable d'informer notre Empereur, avant son arrivée à Francfort, de la demande de Napoléon. Je ne me croyais pas le droit de surprendre mon souverain à l'improviste, dans le tumulte de l'arrivée, avec une telle requête, et de l'obliger à une décision précipitée. D'ailleurs, je n'étais nullement certain d'obtenir, à Francfort, le bonheur d'une audience.
Le soir même de mon entretien avec le gêné- Instructions
rai Castelnau, je reçus de Ferrières un télé- de 1 Em-
, ,,-r, . pereur dia-
gramme signe par 1 Empereur, et contresigne laume
par Abeken \ Il m'indiquait la ligne de con-
1 Collaborateur de Bismarck, conseiller des Affaires extérieures.
duite dont j'aurais à m'inspirer lors de ma prochaine visite à Wilhelmshœhe. Il disait :
« Si l'Empereur Napoléon ou son entourage posent des questions, ou font des allusions relatives à leur mise en liberté ou à leur départ, soyez provisoirement très réservé, comme n'ayant pas d'instructions, mais télégraphiez immédiatement au quartier général, et à Berlin au Chancelier. Évitez vous-même toute initiative. »
Je mis immédiatement à exécution mon projet de transmettre à l'Empereur le désir de Napoléon, et je télégraphiai le 13 mars de bonne heure :
« L'Empereur Napoléon, informé de mon intention d'aller au-devant de Votre Majesté Impériale et Royale à Francfort, me recommanda dès hier de présenter verbalement à Votre Majesté ses devoirs, avec la prière de vouloir bien décider maintenant de son sort. Sauf contre-ordre de Votre Majesté, j'arriverai mercredi comme général suppléant pour sa réception à Francfort. L'Empereur Napoléon a l'intention de s'établir en Angleterre. La Belgique a déjà désigné le général Chazal pour sa
EN CAPTIVITE
réception à la frontière. Le comte Bismarck est prévenu.
« Comte Monts. »
J'adressais en même temps par dépêche au Chancelier une copie fidèle de ce télégramme.
Je crus avoir agi correctement à tous les points de vue. Il semblait qu'au quartier général, on ne fût pas encore fixé sur le moment de la mise en liberté du monarque français. En tout cas, on hésitait sur le point de savoir si l'on devait désigner comme terme de la captivité la conclusion de la paix ou les préliminaires.
J'avais du mal à admettre que l'hésitation pût être de longue durée, puisqu'autrementles simples soldats eussent été mieux traités que l'Empereur. Mais on pouvait faire valoir une autre façon de voir, également justifiée. Notre gouvernement ayant fait la paix avec la République française, et l'ayant ainsi reconnue directement ou indirectement, était engagé à ne pas lui créer de nouvelles difficultés. Or, l'Empereur prisonnier et détrôné pouvait, après son départ de captivité, lui susciter des dangers. Même s'il n'avait pour lui que les masses et l'armée rendue à la liberté, il n'était pas impossible qu'il reparût brusquement en France et ressaisît
NAPOLEON IH
le pouvoir, comme son oncle l'avait fait en 1 8 1 5 . Cette éventualité n'eût pas été désirable pour nous non plus.
Entretien Le dernier entretien prolongé que j'eus avec M le général Castelnau, avait de l'intérêt pour moi
le général sous bien des rapports. Il me dit qu'il avait eu Castelnau. le désir de suivre son maître en Angleterre. Riche et célibataire, il avait la libre disposition de sa personne. Napoléon avait décliné l'offre en l'en remerciant. D'une part, il voulait réduire le plus possible son train de maison et, d'autre part, il ne voulait en aucune façon gêner la liberté d'action de son aide de camp. Au sujet des projets de l'Empereur, d'organiser sa maison le plus simplement possible, le général Castelnau dit que l'Impératrice Eugénie insistait beaucoup sur ce point, et qu'elle avait, à diverses reprises, fait télégraphiquement des propositions en ce sens. Ainsi, elle avait prié l'Empereur, afin d'éviter les grands frais de transport, de laisser ses chevaux en Belgique ou de les vendre.
Le général sonda le terrain en m'apprenant, ce que je savais d'ailleurs, que le comte Chazal était chargé par le roi des Belges de recevoir S. M. à la frontière belge, et de l'accompagner pendant tout le parcours. Il ajouta qu'il ignorait, si, de notre côté, on en ferait autant,