LA FAMILLE IMPÉRIALE A CHISLEHLRST
EN CAPTIVITE
ou si, simplement, on mettrait l'Empereur en liberté, en le laissant partir seul.
Je ne pus qu'observer le silence, les intentions de notre Empereur m'étant inconnues. Cependant, je remarquai que l'idée de traverser sans escorte l'Allemagne, encore très excitée, était loin d'être agréable aux Français.
A ma question sur le point de savoir si l'Empereur désirait encore me voir avant mon départ pour Francfort, le général me pria de me présenter encore à Wilhelmshœhe, l'Empereur tenant beaucoup à cette visite.
Nous en vînmes ensuite à parler du général d'Aurelle de Paladines. Ce vieux et brave soldat avait toujours témoigné à la dynastie une fidélité inébranlable et avait, chargé d'ans, quitté le service avant la guerre. Le général Castelnau le connaissait personnellement très bien, et d'Aurelle de Paladines1 s'étant montré, en ces derniers mois, républicain enragé, je demandai s'il était dans son for intérieur aussi républicain qu'il en avait l'air.
« Hé ! Aussi peu que vous et moi, mon général, » répliqua Castelnau. Cela prouvait que, d'une manière générale, la République en
Jugement
' de
Castelnau
sur le
général
d'Aurelle
de Paladines.
1 Le général d'Aurelle de Paladines était dans la réserve au moment où éclata la guerre. Il fut mis à la tête de l'Armée de la Loire par le Gouvernement de la Défense nationale.
NAPOLEON III EN CAPTIVITE
France l'emportait, puisque des hommes occupant de hautes situations, sans nourrir au fond des sentiments républicains, n'osaient pas manifester d'autres opinions que celles de la majorité.