CHAPITRE VI
LES ÉVÉNEMENTS DE SEPTEMBRE. — LE RÔLE DE TROCHU. — RÉCIT DE NAPOLÉON. — L'ATTITUDE DES PARISIENS. — LA SÉANCE DU CORPS LÉGISLATIF. — DÉTRÔNEMENT DE L'EMPEREUR. — LA FUITE DE L'iMPÉ- RATRICE.
Jes événements du 4 septembre à Paris, * que l'Empereur connut à Wilhelmshcehe, firent, on le comprend, une grande impression sur lui. Un télégramme qu'il reçut de Londres et qui lui apporta la nouvelle que les siens étaient en sécurité, exerça sur lui une influence apaisante. Il devint à vue d'œil plus gai et plus communicatif. Bientôt on apprit aussi à Wilhelmshœhe des détails plus circonstanciés sur les incidents de Paris, et leurs conséquences possibles ou probables furent discutées souvent.
NAPOLEON III EN CAPTIVITE
On ne me cacha pas que Trochu ' surtout Le rôle de
avait joué un rôle des plus fâcheux, et qu'on n'aurait pas attendu cela de lui. Les généraux de la suite impériale prétendaient que Trochu s'était toujours tenu très à l'écart de l'Empereur et avait été plutôt un partisan des d'Orléans, dont il recherchait la société, tandis qu'il évitait les Tuileries. « Il était avec nous tous au camp de Châlons, lorsqu'il fut nommé gouverneur de Paris », disaient les généraux, « et lorsqu'il eut appris cette nouvelle, il emmena dix-huit bataillons pris parmi les gardes mobiles de la Seine et des faubourgs de Paris, afin de s'emparer du pouvoir avec leur aide. Une basse populace suivait ces troupes auxiliaires. » Les officiers regrettaient amèrement que l'Empereur eût mis une confiance aveugle en Trochu et lui eût confié un poste si important. En réalité, sa nomination au poste de gouverneur de Paris n'avait eu lieu qu'après le refus du maréchal Canrobert2.
1 Trochu semblait le successeur tout indiqué de Niel au ministère de la Guerre. Mais il déplut à la Cour par sa brochure : L'armée française en i86j où il critiquait sévèrement notre organisation militaire et proposait des réformes à la prussienne. Néanmoins, il fut nommé gouverneur de Paris en août 1870. Le 4 septembre, il fut désigné comme président du Gouvernement de la Défense nationale et garda le commandement de Paris jusqu'à la capitulation.
2 Le maréchal Canrobert commandait le 6° corps de l'Armée
Trochu.
L'Empereur était au début absolument terrassé par la trahison de l'homme à qui il avait confié ses biens les plus précieux : son empire et sa famille. En s'en plaignant, il disait ne pas concevoir comment Trochu, au lieu de défendre jusqu'à la mort le gouvernement impérial et l'Impératrice-Régente, avait pu trahir ouvertement !
Impression Dans le courant du premier mois de sa capproduite à tivité, Napoléon reçut de l'Impératrice Eugénie désastre et ^e (lue^(lues fidèles, des lettres le renseide Sedan, gnant sur les terribles journées. Il m'en communiqua bien des détails, m'en lut des passages, si bien que je fus à même de me faire de ces événements une image assez exacte. Depuis, ils ont été universellement connus, mais je rapporte néanmoins ce que je tiens de la bouche même de l'Empereur.
« Il semble, dit Napoléon, que les événements de la guerre et surtout la journée de Sedan aient privé le peuple français de toute faculté de penser. » Ni l'individu ni la masse ne pouvaient plus se former sur la situation un jugement calme, ni même un jugement quelconque. C'est à cet état d'esprit que l'Empereur attri-
du Rhin. Il fut enfermé dans Metz et fait prisonnier. Il resta jusqu'à la mort du prince impérial à la tête du parti bonapartiste.
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buait les excès qui se produisirent et qui semblèrent avoir fait de la France une maison de fous. Napoléon ne cessait de déplorer que les Français, que le peuple français presque tout entier, eût pu perdre si complètement toute tenue.
Dans toutes les classes de la population, lui rapportait-on, régnait une incertitude inquiète.
Le tempérament gaulois, si facilement irritable, était depuis le commencement des hostilités, ballotté entre une joie délirante, lorsqu'on racontait que Bazaine et Mac-Mahon avaient opéré leur jonction, présage de glorieux lendemains, et une tristesse mortelle, lorsque cet événement était démenti.
Quand la nouvelle de la bataille de Sedan arriva à Paris, elle n'y rencontra d'abord que l'incrédulité universelle. On chuchotait que l'Empereur était prisonnier et on reprochait au ministère de la Guerre de laisser se répandre ces bruits creux. On fut ahuri lorsque les nouvelles devinrent plus précises. Enfin ce devint une certitude et. . . on reprit courage ! « La guerre est terminée ! » pensaient les Parisiens, oubliant de plaindre leur pays ou leur dynastie. « A bas l'Empereur ! Vive la République ! » telles étaient les clameurs qui domi-
Attitude
de la
population
parisienne.
naient la situation, après que le peuple eut promptement pris son parti des revers subis.
« Est-ce qu'en Allemagne l'état d'esprit du peuple dépendrait ainsi du changement de fortune ? » demanda à diverses reprises l'Empereur. Il pensa au jour, où, partant pour l'armée, il ne s'était qu'avec peine dérobé aux impétueuses ovations de son peuple agité. Et maintenant ? « A bas l'Empereur ! Vive la République ! » L'Empereur eut un sourire amer, en faisant passer devant son esprit les images des dernières semaines.
Le peuple de Paris avait sans doute perdu toute direction. Jeunes et vieux paraissaient prendre part à la confusion générale. Une partie de la foule, dans laquelle on remarquait de' jolies jeunes femmes avec leurs enfants dans les bras, s'était rendue auprès de Jules Simon1, pour lui faire une ovation. D'autres avaient vu le général Trochu et le pressaient de prendre le pouvoir suprême.
L'Empereur raconta comment le général,
1 Jules Simon (1814-1896) fit partie de l'Assemblée nationale de 1848. En 1851, il refusa de prêter serment à Napoléon : il fut révoqué de ses fonctions de professeur de philosophie' à la Sorborine. Plus tard, il fit partie de la minorité anti-gouvernementale au Corps législatif. Après la chute de l'Empire, il fut membre du Gouvernement de la Défense nationale et ministre de l'Instruction publique.
L IMPÉRATRICE EUGÉMIE, ACCOMPAGNÉE DE MADAME LE BRETON, Q.UITTE FURTIVEMENT LES TUILERIES.
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Photo Stereoscupir Co. London DEUX PORTRAITS PEU CONNUS DE NAPOLÉON III.
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par un mouvement bien contradictoire avec son attitude ultérieure, avait refusé avec calme et dignité cette proposition.
« Messieurs, aurait-il dit aux députés, vous me prenez au dépourvu et il ne m'est pas possible de vous donner une réponse. Mon devoir, et ma ligne de conduite, c'est l'obéissance. Paris m'a été confié, et je le défendrai au prix de ma vie. »
Ces démonstrations et d'autres encore furent Séance du suivies par un rassemblement, à minuit, de- corPs ^&1S~ vant le palais du Corps législatif. Il paraissait impossible de prévoir quel cours les événements prendraient. Quelques cuirassiers parurent à cheval, mais on ne pouvait pas dire avec certitude de quel côté ils pencheraient. La populace était déchaînée ; mais gendarmes et gardes demeuraient silencieux. Personne n'intervenait pour mettre un terme à l'indigne spectacle d'une foule délirante. A l'intérieur du bâtiment même, le tumulte et le désordre étaient à leur comble.
Tous les ministres et tous les députés étaient présents. La foule débridée avait envahi la salle des séances, hurlait et tempêtait, jusqu'au moment où le président Schneider1 brusque-
1 Eugène Schneider (1805-1875) ; ministre du Commerce et de l'Agriculture en 1852. Président du Corps législatif après la mort
ment se leva et agita sa sonnette. Un silence de mort s'établit aussitôt.
Schneider dépeignit alors en quelques mots l'infortune du pays et, en présence de la catastrophe de Sedan, proposait d'ajourner la séance et de ne la reprendre qu'à un moment moins tragique. Jules Favre, en réclamant la parole d'une voix retentissante, mit fin au tumulte renaissant. Il résuma ses déclarations en trois propositions grosses de conséquences. Déchéance de l'Empereur, nomination d'une commission de gouvernement et maintien de Trochu comme gouverneur militaire de Paris. La séance fut ensuite suspendue ; il était deux heures.
Proclama- Elle fut reprise l'après-midi, et à cinq heures, tion de la Paris apprit que l'Empire appartenait au passé. p 'La France était devenue une République. « A
bas l'Empereur ! Vive la République ! » Ces cris, mille fois répétés retentirent dans les rues, des drapeaux rouges flottaient au vent et soulignaient les clameurs. Des insignes tricolores et des rubans rouges se vendirent par milliers, et l'ancienne cocarde disparut des képis des jeunes soldats.
Sur tout cela s'étendait un ciel bleu, calme
du duc de Morny. Il abandonna la vie politique après la chute de l'Empire.
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et serein. Une magnifique journée d'automne était le témoin de toutes ces scènes : c'était bien là le pays dont l'Empereur déchu avait dit : « Il n'y a rien de perpétuel ! »
Napoléon raconta en outre ce qu'il avait appris de la folie de destruction des bandes déchaînées; il avait reçu des détails précis.
Il savait comment on avait pris pour cible son portrait peint par Horace Vernet, jusqu'à ce qu'il fût criblé de trous et devenu méconnaissable. On ne lui avait pas celé qu'un précieux buste de l'Impératrice1 avait été réduit en miettes par la foule furieuse. Une porte surmontée d'un médaillon de l'Empereur avait subi le même sort. Lorsque le drapeau qui flottait sur les Tuileries fut amené, la foule en fureur s'était ruée dans cette direction. « L'Impératrice est partie ! Elle a fui ! » Ainsi hurlait la populace, en se précipitant aux Tuileries, dans l'espoir d'empêcher encore la fuite de l'infortunée souveraine. Le flot humain avait pu, sans rencontrer de résistance, pénétrer dans le château, devenu propriété nationale. Ni sentinelles ni gardiens ne s'y opposèrent. Partout des inscriptions recommandaient au peuple de protéger « la propriété nationale », et il obéit
1 Ce buste était dû au sculpteur Carpeaux.
à la recommandation. Le château, en effet, ne
fut pas pillé et aucun dommage appréciable ne
fut causé.
Fuite de On cherchait l'Impératrice, mais elle avait
1 Impeia- qUjtté les Tuileries avant l'arrivée de la foule. tricc .
Ce que l'Empereur me dit de la fuite de son
infortunée épouse était poignant. Plus d'une fois, sa voix s'étrangla, et bien qu'il fût passé maître dans l'art de se dominer, il ne pouvait conserver son calme, lorsqu'il parlait de ce 4 septembre, qui vit l'Impératrice, naguère adulée, quitter son pays, abandonnée et trahie.
Par une porte de derrière, accompagnée de sa dame d'honneur, Mme Le Breton ' et du prince de Metternich2, l'impératrice Eugénie avait pu s'échapper. La rue grouillait de gens surexcités, et partout on criait : « Vive la République ! ».
Un voyou avait reconnu l'Impératrice et essayé d'attirer l'attention sur elle, mais heureusement personne ne l'avait écouté. Un fiacre put être hélé, et les deux dames y montèrent. Quel eût été leur sort, si elles étaient tombées
1 Mme Le Breton était la sœur du général Bourbaki.
- Le prince Richard de Metternich, fils du chancelier d'Etat, fut ambassadeur d'Autriche à Paris, de décembre 1859 jusqu'à la chute de l'Empire.
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entre les mains de la populace exaspérée ? Ni l'Impératrice, ni Mme Le Breton n'avaient d'argent sur elles, ou du moins elles ne possédaient que juste ce qu'il fallait pour payer une petite course de quelques minutes.
Elles quittèrent la voiture bientôt et se rendirent à pied au domicile du célèbre dentiste le Dr Thomas Evans1. Là, elles durent naturellement attendre leur tour, comme tous les autres clients. Quand elles furent introduites, Mmc Le Breton dévoila au médecin la qualité de la visiteuse et, en le suppliant de garder leur secret, elle se mit avec sa maîtresse sous sa protection. Le Dr Evans resta muet de saisissement. Occupé comme il Tétait, il ne savait pas encore grand'chose des derniers événements. Il se refusa d'abord à croire que la vie même des deux femmes fût menacée, et les pria d'attendre. Il alla aux renseignements et revint bientôt, ayant compris la gravité de la situation. Il se mit à la disposition de l'Impératrice, sans penser le moins du monde aux dangers auxquels il s'exposait ainsi.
L'Empereur était visiblement touché du
1 Le docteur américain Evans était le dentiste ordinaire de rimpératrice. Il habitait au coin de l'avenue du Bois de Boulogne et de l'avenue Malakoff.
dévouement de l'Américain. Quel contraste avec l'attitude de ses sujets toujours portés aux exagérations !
La femme du dentiste était absente de Paris et ne devait rentrer que quelques jours plus tard. On dit aux domestiques que deux dames, dont l'une était souffrante, étaient arrivées inopinément et devaient être logées. De cette façon, l'Impératrice et Mme Le Breton passèrent plusieurs jours sous le toit de leur protecteur, qui, pendant ce temps, faisait des préparatifs pour leur faire quitter la ville.
L'Empereur fit ensuite une description minutieuse de la mise en scène de la fuite. Pour dissimuler les traces du voyage, le Dr Evans avait, de Paris à Deauville, petite plage où séjournait Mme Evans, changé plusieurs fois de voiture. Néanmoins, le petit groupe se vit à diverses reprises menacé d'être découvert. Mais la chance favorisa l'Impératrice et, après une course épuisante, elle atteignit enfin son but. Il fallait maintenant organiser la traversée pour l'Angleterre.
L'Impéra- Deux yachts étaient à l'ancre dans le port, trice s'em- et [\ s'agissait de gagner l'un ou l'autre pro-
îourTAn- priétaire, pour transporter en Angleterre l'Im-
gleterre. pératrice et sa petite suite.
La Gabelle était la propriété de Sir John
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Bourgoyne. Au début, il refusa de se mêler de cette affaire scabreuse. Il redoutait, comme conséquence de son intervention, des complications politiques entre l'Angleterre et la France.
Enfin il se décida à rendre à la malheureuse femme le service qu'elle attendait de son esprit chevaleresque.
L'auguste voyageuse fut amenée à bord, avec de grandes mesures de précaution, car le bruit vague commençait à circuler que la Gabelle avait recueilli des hôtes que la France ne verrait s'en aller que contre son gré, et des espions étaient montés sur le bateau pour le visiter. Mais, comme l'Impératrice ne s'embarqua qu'au dernier moment, les espions durent repartir sans avoir rien découvert.
Les éléments paraissaient hostiles à la fuite. Une formidable tempête s'éleva et ballottait, comme une coquille de noix, le petit bâtiment qui ne mesurait que trente-cinq pieds. Tout espoir de sauver le navire paraissait perdu à minuit, et les vagues le submergeaient, mais il put se maintenir et, le 8 septembre, vers trois heures de l'après-midi, il jeta l'ancre au port de Ryde.
Le prince impérial était arrivé avant sa mère en Angleterre, et l'Impératrice partit le même jour pour le rejoindre à Hastings.
La courageuse entreprise du Dr Evans avait réussi. Son premier souci fut ensuite de chercher pour l'Impératrice et son fils une demeure convenable.
L'Impéra- Il la trouva à Chislehurst, au château de trice Camden, dont le propriétaire mit généreuse- Chislehurst ment sa demeure à la disposition de la famille errante.
Tous ces événements tragiques, l'Empereur les racontait avec une émotion profonde. Pourtant il paraissait infiniment soulagé de savoir les siens loin de la France.
En présence d'une pareille infortune, il n'y avait place que pour de la pitié. Qu'il l'eût mérité ou non, son sort était infiniment dur, et il le supporta virilement.
Je crois que l'Empereur reçut les premières nouvelles sûres de sa famille par une lettre de l'Impératrice que le comte de Bismarck m'avait adressée pour la transmettre.
Je reçus du chancelier à cette occasion la lettre suivante :
Reims, 13 septembre 1870.
« Par ordre de S. M. le Roi j'envoie cijoint à Votre Excellence une lettre cachetée de l'Impératrice Eugénie et une lettre ouverte
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du prince Napoléon ' avec la prière de les faire parvenir par voie sûre à l'Empereur. Vous expliquerez que la lettre de l'impératrice Eugénie se trouvait dans un pli adressé par l'ambassade de Bruxelles au général de Boyen à Cassel, qu'elle suivit donc ici le général, ce qui causa le retard dans sa transmission.
« La lettre du prince Napoléon arriva ici, jointe à une autre lettre datée de Florence, 4 septembre et adressée par le prince à S. M. le Roi à qui il demandait l'autorisation de rendre visite à l'Empereur. S. M. le Roi ajournera sa réponse à la lettre du prince Napoléon, jusqu'à ce qu'Elle soit informée des désirs de l'Empereur. Je ne sais rien de précis au sujet du domicile actuel du prince Napoléon. On dit qu'il est en Suisse, mais je tâcherai d'avoir par l'entremise de la légation de Florence des renseignements exacts. »
de Bismarck.
L'Empereur ne désira pas recevoir son cousin Plon-Plon, et à la demande de celui-ci fut
1 Napoléon-Joseph-Charles-Paul, prince de Montfort, né le 9 septembre 1822 à Trieste, mort le 18 mars 1891 à Rome, fils de Jérôme Bonaparte, le plus jeune frère de Napoléon Ier, par conséquent cousin germain de Napoléon III, dont le père, Louis Bonaparte, roi de Hollande, était le deuxième frère de Napoléon Ier.
NAPOLÉON III EN CAPTIVITÉ
faite une réponse conforme à l'avis suivant que j'expédiai le 14 septembre :
a L'Empereur ne désire pas recevoir dans sa situation actuelle la visite du prince Napoléon . »
Comte Monts.