IA CABAVAXE HE LA VO*T
— Comment se nomme le but que vous voulez atteindre ?
— Nous marchons vers Sinna*
— En Perse ?
— Oui* Il se donne là une grande fête où nous sommes invités» »
Tout cela me semblait assez louche. Les Beyat campaient devant les ruines de Kizil-Karaba, sur les rives du Kourou-Tchaï, par conséquent proche de Kifri ; mais cette ville est située à Pouesc, fort loin du lieu ou nous nous trouvions» tandis que Sinna était a une dislance de deux tiers moins considérable, au sud-est» Pourquoi ces Beyat n'allaient -ils pas directement de Kifri à Sinna? pourquoi faisaient* ils un pareil détour?
« Que cherchez-vous ici? demandai- je. Pourquoi dou* blcz-vous ainsi votre route?
— Pour ne point traverser le terrain du pacha de Sou* limania, qui est notre ennemi,
— Et justement vous êtes ici même dans sa province !
— Ici-, sur la hauteur, il ne nous cherchera pas. Il sait que nous avons quitté le camp, mais il nous croit partis du côté sud de sa résidence. a
L'explication devenait assez vraisemblable ; cependant je me défiai toujours. Je finis par me dire que la rencontre de ces Beyat pouvait tourner à notre avantage. En nous plaçant scus leur protection , nous arriverions sans danger à Sinna, Le Turcoman sembla deviner ma pensée et mes hésitations.
« Seigneur, s'écria-t-il , laisse-moi la liberté, je ne t'ai rien fait.
— Tu nous as épiés, mais pour obéir à tes chefs. Sois donc libre. »
Notre homme respira. Il reprit :
« Je te remercie, seigneur. De quel côté sont tournées les têtes de vos chevaux ?