JW LA CASA VANS US LA MQ&T
— Du côté du sud,
— Vous venes du nord ?
— Oui, Nous venons du pays de *tyart, des Berwari ^ et des Chatdéens, M
— Vous êtes des hommes braves et vaillants. A quelle u tribu appartenez «vous ?
— Cet homme et moi nous sommes des émirs du Fran* ai kistan ; les autres sont nos amis.
— Du FrankistanI Seigneur, vouiez- vous venir avec nous ? y
— Ton khan nous tendrait- il la main?
— Certainement* Nous savons que les Franks sont de grands guerriers. Faut- il aller annoncer votre arrivée ? |
— Oui. Va, et demande si nous pouvons nous pré* senter, »
Le Turcoman s'éloigna à la hâte. Mes compagnons approuvèrent ce que j'avais fait ; Mohammed Emin sur- e , tout se montra enchanté.
« Etfendi, dit-il, j*ai souvent entendu parler des Bcyat. a , Us vivent en querelles continuelles avec les Djerba, les Obeïd, les Beni-Lam : à cause de cela ils nous seront utiles. Cependant il vaut mieux ne pas nous foire connaître pour des Haddedin, du moins en ce moment.
— C'est mon avis. Soyons prudents, Nous ne savons pas comment ce chef va nous traiter. Allez chercher les chevaux et préparons nos armes. U ne faut point nous laisser surprendre. »
Les pourparlers à notre sujet me semblèrent d'une longueur extrême. Nous eûmes le temps de faire cuire * notre mouton et de le manger avant le retour du Turcoman» Celui-ci revint enfin, accompagné de trois guerriers. Il nous assura des bonnes dispositions du khan»
« Conduis-nous, » lui dis- je.
Nous montâmes à cheval et, la main sur nos armes, nous le suivîmes. Arrivés à l'angle du bois, nous n'aper-
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LA CAfiAYAXH DU LA MOHT
eûmes aucune trace de campement. Il nous fallut traverser encore un épais fourré pour atteindre une place parfaitement choisie, garantie de tous côtés, et au milieu de laquelle brûlait un petit feu.
La cuisine des Turcomans rôtissait sur les char-
Deux cents guerriers étaient couchés sur l'herbe, le khan assis à part» plus près du feu. Il se leva lentement a notre approche. Nous poussâmes nos chevaux vers lui et
sautâmes à terre.
« La paix soit avec toi ! dis-je en saluant le cheL
— Reçois mes compliments» » répondit le khan, s inclinant avec courtoisie.
Tout cela sentait le persan. Peut-être le chef voulait-» me prouver qu'il était véritablement un Beyat, dont les aïeux sont originaires du Khoraçan.
Le Persan peut passer pour le Français de 1 Orient. î>a langue harmonieuse et flexible sert dans toutes les cours des souverains asiatiques; mais sa politesse un peu attestée, ses manières trop flatteuses, m'ont rarement inspiré autant de confiance que la rudesse sans détour des Arabes nomades et à demi sauvages.
Tous les guerriers s'étaient levés ; ils s'empressaient autour de nous. Les uns prenaient la bride de nos chevaux, les autres nous tendaient la main. Etait-ce politesse
ou ruse? ..in. -i
« Laissez-leur vos montures, nous dit le khan, Us en
auront soin. »
Je n'étais pas très rassuré* Je demandai en persan au
chef !
« Veux -tu garantir notre sûreté parmi vous?
— Je te le jure. Assieds -toi, causons. »
Les Beyat emmenèrent nos chevaux ; mais Halef ne
voulut pas quitter la bride du mien. Je lui en sus bon gré.
Nous primes place autour du khan. Les flammes du foyer