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parole, je l'ai gardée fidèlement» J*ai promis de suivre les guerriers jusqu'à leur arrivée, je ne me suis pas autrement engagé.
— Tu as raison. Soyez donc mes h6tes. »
11 frappa dans ses mains ; une vieille femme apparut. Il lui ordonna d'apporter des pipes, du café et des nattes.
Nous prîmes place aux côtés de ce respectable personnage, qui s'appelait prêtre parce qu'il s'était senti quelque velléité de Têtre, Le bonhomme semblait s'humaniser; il poussa la condescendance jusqu'à préparer lui-même nos pipes avant de nous les offrir. Je m'informai prés de lui de la situation des Chaldéens. J'appris des choses tristes et effrayantes.
Notre escorte campait dans la cour. C'était, à ce que me dit mon hôte , une troupe de pauvres paysans , contraints par les invasions des nomades et la cruauté des Kurdes de prendre les armes pour se défendre... Ces renseignements achevèrent de me convaincre du peu de vaillance de nos gens. Leurs armes ne tiraient point, tant elles étaient usées; cinq ou six de leurs fusils à peine pouvaient servir. Nous serions venus à bout de toute la troupe, l'Anglais et moi, sans grande peine.
« Vous êtes fatigués, remarqua le frère du melck. Venez, je vais vous montrer une chambre où vous pourrez vous reposer. »
Il se leva, ouvrit une porte, s'effaça pour nous laisser passer; mais à peine étions -nous entrés, qu'il referma vivement cette porte et tira les verrous en dehors.
«c Eh bien ? soupira Lindsay.
Eh bien, voilà un petit tour assez proprement joué.
— Vous vous êtes laissé prendre.
— Bah ! je m'attendais à quelque chose de ce genre.
— Alprs il ne fallait pas entrer.
Vous êtes bon, je voulais me reposer... Je n'en
peux plus, ma chute m'a brisé.
LA CABAYAXK t*K LA MÙHT &
— Enfin nous voilà prisonniers*
— Point du tout. Un coup de pied enfoncerait cette
porte.
— Enfonçons -la.
— Nous ne sommes pas mal ici pour l'instant.
— Voulez-vous attendre le retour du chef? Nous pourrions bousculer cette petite troupe, au lieu que plus tard il ne sera plus temps.
— Je ne me déplais point ici. Nous aurons une excellente occasion pour étudier cette secte chrétienne.
— Elle n'excite nullement ma curiosité. J'aimerais mieux être libre, sir,... m. »
Au même moment j'entendis le grondement de mon chien irrité. Il devait se trouver aux prises avec quelque ennemi... Les petites ouvertures qui éclairaient la salle étaient trop étroites pour y passer la tête, et d'ailleurs elles ne donnaient pas du côté où j'avais laissé Doyan. Je ne pouvais rien voir.
Un nouvel aboiement très bref, puis un cri de douleur, parvinrent à nos oreilles. Je n'hésitai plus.
« Venez, sir! » m'écriai -je.
Je donnai un grand coup d'épaule contre la porte.
«c Prenons la crosse de nos fusils, » opina Lindsay.
Apres quelques efforts, la porte volait en éclats, Daiu la pièce où notre hôte nous avait reçus se tenaient quatre hommes chargés sans doute de veiller sur nous. Ils accoururent avec leurs armes; mais leur mine n avait rien de féroce.
« Arrêtez ! » dit l'un d'eux fort poliment.
Je le repoussai de la main et descendis à toutes jambes. J'eus bientôt retrouvé la place où étaient nos chevaux. Un groupe d'hommes les entourait. Notre hôte, le vénérable vieillard, gisait à terre, sous les pattes de mon chien.
a Sauvons nous, murmura l'Anglais.