HT- I
tiné à disparaître à la première crue des eaux.
— Vous êtes bien désolée, chère Irona, dit affectueusement Welland ; mais tout espoir n'est pas perdu, croyez-moi. Voulez-vous attendre ici que j'ai exploré cette île !
— Vous pouvez la parcourir d'un coup d'œil, aussi bien, en restant sur place.
— Peut-être non. A tout hasard, une petite vérification ne saurait nuire.
Welland se mit aussitôt à faire le tour de ce Ueu aride et désolé, il le parcourut à pas lents, examinant tout dans le plus grand détail, cherchant j entre autres choses, s'il n'y trouverait pas quelques débris de bois ou de broussailles sèches : mais ses recherches furent vaines, il ne trouva rien sur la plage dépouillée par le
passage renouvelé des flots. Aussi lorsqu'il* rejoignit Irona, son visage, aussi décomposé que celui de la jeune fille, n'offrait pas le moindre vestige d'espérance.
— Nous ne pouvons regagner la terre? lui demanda-t^elle d'une voix inquiète.
— Non : ce maudit bras de rivière s'interpose entre nous et le rivage. Je crains que l'eau n'y soit profonde en certains points, car elle y es rapide : d'ailleurs , j'ai remarqué le cheval lorsqu'il fuyait devant l'alligator ; il a plongé
plusieurs fois, comme si. le fonds se dérobait
sous ses pieds. Nous en aurions par-dessus la
tête.
— Oh 1 regardez là-bas I murmu* a Iroua frissonnante , en désignant dans le fleuve , une douzaine de gros corps sombres , reluisants, informes comme des troncs d'arbres , qui glissaient çà et là à fleur d'eau, cherchant une proie.
— Oui, je sais, les alligators : le ciel seul peut
savoir comment nous parviendrons à leur échapper.
— Ce sont eux qui ont épouvanté notre cheval, et ils l'attaquaient déjà au moment où il a
ait ce bond terrible qui nous a désarçonnés. — Est-ce qu'ils ne nous attaqueront pas ?
— Non, si nous ne nous hasardons pas dans
l'eau.
— Ross ; il n'y a pas de bois dans cette île? Je me sens glacée ; un peu de feu nous réchaufferait.
— Hélas ! il n'y a pas de quoi faire une allumette.
Irona regarda mélancoliquement le jeune Américain : leurs veux se croisèrent : chacun d'eux s'adressait une muette question que leurs lèvres murmurèrent avec un souffle de voix .
— Gomment sortir de cette île ?
lui
-■i^^iï
^^gtaertaftiafe '