‹ La Caravane des sombrerosChapitre 15 sur 23 · HT- I · texte numérisé non relu

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tiné à disparaître à la première crue des eaux.

— Vous êtes bien désolée, chère Irona, dit affectueusement Welland ; mais tout espoir n'est pas perdu, croyez-moi. Voulez-vous attendre ici que j'ai exploré cette île !

— Vous pouvez la parcourir d'un coup d'œil, aussi bien, en restant sur place.

— Peut-être non. A tout hasard, une petite vérification ne saurait nuire.

Welland se mit aussitôt à faire le tour de ce Ueu aride et désolé, il le parcourut à pas lents, examinant tout dans le plus grand détail, cherchant j entre autres choses, s'il n'y trouverait pas quelques débris de bois ou de broussailles sèches : mais ses recherches furent vaines, il ne trouva rien sur la plage dépouillée par le

passage renouvelé des flots. Aussi lorsqu'il* rejoignit Irona, son visage, aussi décomposé que celui de la jeune fille, n'offrait pas le moindre vestige d'espérance.

— Nous ne pouvons regagner la terre? lui demanda-t^elle d'une voix inquiète.

— Non : ce maudit bras de rivière s'interpose entre nous et le rivage. Je crains que l'eau n'y soit profonde en certains points, car elle y es rapide : d'ailleurs , j'ai remarqué le cheval lorsqu'il fuyait devant l'alligator ; il a plongé

plusieurs fois, comme si. le fonds se dérobait

sous ses pieds. Nous en aurions par-dessus la

tête.

— Oh 1 regardez là-bas I murmu* a Iroua frissonnante , en désignant dans le fleuve , une douzaine de gros corps sombres , reluisants, informes comme des troncs d'arbres , qui glissaient çà et là à fleur d'eau, cherchant une proie.

— Oui, je sais, les alligators : le ciel seul peut

savoir comment nous parviendrons à leur échapper.

— Ce sont eux qui ont épouvanté notre cheval, et ils l'attaquaient déjà au moment où il a

ait ce bond terrible qui nous a désarçonnés. — Est-ce qu'ils ne nous attaqueront pas ?

— Non, si nous ne nous hasardons pas dans

l'eau.

— Ross ; il n'y a pas de bois dans cette île? Je me sens glacée ; un peu de feu nous réchaufferait.

— Hélas ! il n'y a pas de quoi faire une allumette.

Irona regarda mélancoliquement le jeune Américain : leurs veux se croisèrent : chacun d'eux s'adressait une muette question que leurs lèvres murmurèrent avec un souffle de voix .

— Gomment sortir de cette île ?

lui

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