‹ La Caravane des sombrerosChapitre 9 sur 23 · NOUVEAUX PERSONNAGES · texte numérisé non relu

NOUVEAUX PERSONNAGES

Il n'y avait pas à s'y tromper, c'était bien elle ; c'était bien l'ovale pur et régulier de son charmant visage, les tresses abondantes de son épaisse chevelure noire, ses yeux veloutés et expressifs, sa taille élégante. Véritablement Irona Seraville était devant les yeux de Welland.

Cependant, le jeune Américain n'en pouvait pas croire l'évidence- : il se demandait comment iléîait possible que cette jeune fille, naguère tranquille dans un palais heureux au sein d'une cité, se trouvât, par une nuit solitaire, égarée au plus profond du désert, en compagnie de deux chasseurs grossiers et suspects.

L'imagination toujours prompte de Welland se lança dans les pensées les plus extraordinaires. Il se demanda quelles pouvaient être les

raisons étranges qui avaient amené tin pareil bouleversement : ces demi- sauvages étaient-ils les ravisseurs d'Irona, ou ses protecteurs...? Un sentiment de dégoût lui passa dans l'esprit en supposant que peutrêtre elle aurait volontairement quitté le toit paternel pour suivre de pareils gens.

Puis il se reprocha cette mauvaise pensée, indigne d'elle et de lui-même î De quel droit se permettait-il de semblables suppositions à l'égard d'une aussi aimable et délicate créature...?

Non ! Irona n'était pas capable d'agir ainsi î Non J elle n'avait point quitté volontairement son père et sa paisible demeure ! — Donc elle était captive, et avait été victime de quelque odieuse machination.

Toutes ces réflexions se succédèrent avec la rapidité de l'éclair dans l'esprit du jeune homme: sur le champ il se décida à aborder les chasseurs, à se faire connaître et à réclamer sa part de protection en faveur d'Irona.

Au même instant il fit un pas pour s'avancer, se heurta contre un tronc d'arbre et tomba. Ce mouvement imprévu lui sauva la vie, car à peine avait-il touché terre qu'une balle sifflait à deux pouces au-dessus de sa tête et la détonation d'un rifle cinglait l'air. Au simple bruit d'une branche froissée, les chasseurs avaient deviné

rapproche d'un inconnu, et avaient tiré sur lui, au juger, avec une rectitude des plus dangereuses, ainsi que Welland pouvait s'en apercevoir.

Avant que le jeune homme eût fait un mouvement pour se relever, une forme sombre bondit en l'air comme une panthère et s'abattit sur lui.

— Holà 1 holà î murmura Ross en se débattant vainement sous l'étreinte formidable qui le retenait ; je suis un ami, ne me faites pas de mal !

Sans égards pour sa réclamation, le chasseur le traîna irrespectueusement à travers les branches jusqu'auprès du feu ; là on exposa ses traits à la lumière, et on l'examina.

— Un blanc ! ou le diable fasse de moi un peau -rouge ! s'écria le chasseur : qu'est-ce que vous faites par ici, répondez ?...

Avant de rien dire, Welland jeta un coup d'oeil à Irona, et constata avec une intime satisfaction qu'elle ne l'avait point reconnu. Alors il f lui tourna le dos et répondit en déguisant sa voix :

— J'avais aperçu votre foyer de campement ; jKtfsxiïFlïe .vous aborder ie cherchais à recon-

/ -/-^nàitrë sivvotts étiez des amis ou des ennemis : c'est ; t : à-ce^ônïèritjdl me semble, que vous vous êtes

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