II AVANT-PROPOS
sauf, peut-être, une seule exception, après Tinévîtable pèlerinage de Rome et de Florence, après de longues méditations devant les toiles de Michel- Ange, de Raphaël et du Titien, je voyais l'insularité, r « anglaiserie », si je puis dire, reprenant possession de leurs facultés à l'heure où ils remettaient le pied sur le pavé de Londres. Ils faisaient les plus consciencieux et les plus inutiles efforts pour aimer les Romains et les Florentins; mais c'est seulement avec les Flamands qu'ils réussissaient, du premier coup, à se mettre en communion et en commerce. Sentiment de la nature, instinct moral, tendance familiale, admiration de la beauté, mais d'une certaine beauté, sympathie envers les races animales qui servent l'homme et partagent sa vie : voilà ce que mo révéla l'école anglaise de 1760 à 1820. C'est ainsi que Reynolds, Gainsborough, Lawrence, Romney, West, Landseer commentèrent pour moi Scott et sa conception de l'histoire, les romans de miss Burney et de miss Edgcworth, Wordsworth et les Lakistes, Crabbo et ses poèmes réalistes. Mais personne ne m'en a jamais appris autant sur la psychologie de ses compatriotes que Hogarth. Après Shakespeare, il est peut-être le meilleur exposant de l'âme anglaise. Outre les causes d'inspiration déjà découvertes, je remarquais on lui l'observation railleuse du détail et le goût des contrastes, longuement et patiemment soulignés, avec un esprit d'analyse qui a été rarement surpassé.