‹ La caricature en AngleterreChapitre 3 sur 16 · AVANT-PROPOS. III · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. III

Je continuai à remonter vers la source. Peu à peu, une vérité m*apparaissait : c*est que, chez nos voisins. Fart comique, c'est-à-dire la caricature, entendue au sens le plus lai^e du mot, la comédie dessinée, est, des deux moitiés de Tart, la plus importante, de beaucoup, et la plus significative. Il me sembla qu'en Angleterre Tart sérieux avait toujours été un produit exotique, un fruit de serre chaude, cultivé à grands frais, sur un humus artificiellement préparé, pour aboutir à un éternel avortcment, tandis que lart comique était vraiment^né du sol et avait poussé au grand vent du dehors. L'éclosion spontanée de cet art me devint encore plus évidente lorsque j'arrivai à ces artistes anonymes qui ont couvert de leurs maladroites, mais si expressives ébauches, les pages des missels et les murs des cathédrales.

J'habitais alors un coin de l'Angleterre où les Romains et les Saxons ont laissé d'intéressants vestiges. J'ai souvent visité, à cette époque, la vieille église de Minster. Elle se dressait il y a mille ans au bord d'un bras de mer qui séparait l'île de Thanet de la terre ferme. En face, la citadelle romaine do Richborough; à droite, vers Reculvers, les ruines d'une villa royale qui date des plus anciens jours de la conquête saxonne; à gauche, vers Pegwell Bay, le lieu où débarqua Augustin et où il planta la première croix. Le bras de mer s'est retiré, de siècle en siècle, ne laissant à sa place qu'une petite rivière, bourbeuse et lente, aux

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