LES HORLOGES VIVANTES
L'humble fantassin, forcé, par ses affaires ou par désœuvrement , de voyager dans Paris, y rencontre certaines personnes qui se promènent sur les boulevards, dans les passages ou à travers les tues, comme s. elles étaient soumises aux lois d'un système plané*
taire. Les figures de ces inconnus forment un zodiaque humain qui accomplit ses révolutions diverses dans la capitale avec une céleste exactitude.
Vous les voyez aux mêmes heures, errans au Palais-Royal, immobiles à Tortoni, roulant rue Vivienne, ou placés au balcon d'un théâtre. Insensiblement vous prenez ces gens en haine ou en affection. Vous cherchez à deviner leur vie. Leurs traits et les singularités de leur costume restent dans la mémoire. Vous connaissez leur démarche , leurs cannes , leurs cravates ; et alors ils deviennent pour vous, soit un texte fécond de pensées qui vous poursuivent quand vous les voyez , soit des meubles citadins qui vous manquent quand vous ne les rencontrez plus.
Chaque quartier de Paris a ses habitués , qui en sont en quelque sorte l'ornement et qui lui donnent une physionomie. H y a tel marchand de bas, tel vieux général dont les têtes vous sont familières, que vous avez expliquées ; et , quand vous les perdez , elles vous font faute. C'est ainsi que j'ai maudit le guerroyant Nicolas, en apprenant le départ d'une princesse russe dont je m'étais fait un besoin moral. Elle avait une figure blanche et passionnée qui me ravissait. Sans elle et sans sa calèche, il n'y avait pas de boulevards pour moi, elle était le boulevard lui-même. . . .
Henri B...
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Pendant trois jours la révolution s'est promenée à pied et tête nue dans la bonne ville de Paris , qui ne s'est pas même mise aux fenêtres pour la voir pourchasser par la garde nationale. Mais enfin la chambre des Pairs a fort civilement condamné M. de Polignac, et lelîoi, monté à cheval , a donné des poignées de main aux douze arrondissemens, après quoi on a illuminé à en étouffer de plaisir. — ■ Lorsqu'à l'Ambigu , on est venu livrer au public les noms des auteurs de Robespierre , ainsi que ceux du compositeur, décorateur et autres comparses de succès, on n'aurait point dû taire celui du souffleur, qui, en véritable héros, avait lu toute la pièce à haute et intelligible voix.
— Au milieu des soins paternels de son gouvernement, l'intéressa don Miguel fait construire une nouvelle prison dans le bois deQueli pour y renfermer les personnages de distinction. — ■ M. de Prade vient d'arriver à Cambray, où il se propose d'improviser sa a3i"tn gédie. Si elle est bonne, ce sera la première. — - La loi n'exemptej les princes du sang de la conscription, et cependant ils ne tirent poi au sort. — Les élèves du collège Bourbon réclament contre ladéoi mination de leur collège dont ils ne veulent plus. C'est très-flatte pour le monarque. — L'invention si originale des dessins à port publiés récemment par la Caricature , a donné à M. Aubcrt, galeri Véro-Dodat, l'idée de former un recueil de portes et fenêtres , qui ( tient en ce moment uu vrai succès de vogue. Leconcoursde plusiem artistes ajoute encore le mérite d'exécution à celui d'un choix de si jets pour la plupart fort piquans. Nous n'en citerons qu'un comi preuve. C'est celui qui représente un mari, solliciteur et confiant se frottant d'aise contre la porte d'un chef de division, en pensantq sa femme lui remet son placet.... Oh! miséricorde! l'ouverture de porte dévoile toute la perfidie de la séduction administrative, et, \ juger par Madame, il est probable que le pauvre solliciteur a obtenu plus qu'il n'espérait. D'autres scènes aussi plaisantes quevd riées font de cette collection l'une des plus agréables à offrirencadaj du jour de l'an. — L'urbanité toute chevaleresque des Polonais j'a fait remarquer jusque dans leur révolution. Trente porte-enseijjM qui avaient déjà massacré trois généraux, coururent chez tepria Lowicz. Ayant rencontré la princesse son épouse, ils s'inclinera devant elle avec beaucoup de politesse, après quoi, ils jetèrent» mari par la fenêtre. — Informée de la faveur dont jouit la vieilles mée sous le nouveau gouvernement, la Contemporaine revient d'Alji pour solliciter d'être réintégrée dans les cadres. — On sait le gui affiche de certain duc, qui, par placard et écriteaux, force le pull à n'ignorer ni son domicile rue Joubert. ni sa loge aux Italiens,» dernière représentation du Barbier, quelqu'un voulut satisfaireeH] cette petite passion aristocratique, et, à la sortie des Bouffes, sur le manteau d'une dame qu'on remarque ordinairement àl'avai scène ; Hôtel de M. le duc de Choiseul.
Triboulet,
Le Gérant, Ch. PHIl-IFOK.
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La Caricature donne , par an , cent quatre lithographies exécutées par les Artistes les plus renommes. Chaque numéro, compose d'une feuille de texte et de deux Lithographies , paraît très-exactement le jeudi.
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Les personnes qui recevraient des exemplaires froissés peuvent , au moyen de l'action d'une presse à papier, faire disparaître les plis. Il faut avoir soin d'exposer préalablement la feuille à l'humidité.
TOUR TROIS MOIS, franc de port 15 fr.
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