CINQUANTE ANS
Il y a longues années décela!... Je suis bien vieux; mais mon âme, morte à tout sentiment de jeunesse, peut vivre encore à ce souvenir. Il me suit dans la mort. Mes yeux se fermeront bientôt , mes illusions sont détruites , et les rêves de mes beaux jours ne peuvent s'effacer. Elle est toujours près de moi , avec son joli regard , ses douces paroles, ses attachantes caresses. Quand elle prenait mes mains dans les siennes , qu'elle me baisait doucement au front , elle remplissait alors mon cœur d'une telle joie, que rien du tumulte de la vie, rien des passions même , n'a pu l'effacer du cœur dont elle était si maîtresse. Elle l'a quitté, il est resté vide. D'autres femmes ont agité ma vie; aucune n'a pris sa place, aucune ne lui a enlevé mon constant souvenir. Je vivais pour elle, j'ai vécu sans elle, mais, je le sens encore , c'est près d'elle que j'aurais voulu mourir. Ma tête blanchie, mon cœur glacé se rajeunissent à son nom , quand je le prononce où quand je repasse dans ma mémoire les souvenirs qui me sont venus d'elle. Elle est heureuse , elle l'est sans moi , elle l'est depuis notre séparation ; et dans ce cœur oùje connus , où j'inspirai tant d'amour, il ne reste pas un regret , peut-être même.. .. pas un souvenir.
Le comte Alex, de B....
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