‹ La Carie Dentaire Chez Les TuberculeuxChapitre 9 sur 18 · LUE · texte numérisé non relu

LUE

Molle s’est étendu d’une façon plus particulière sur l'exploration des pneumo-gastriques. Après examen de diverses méthodes, il s’est arrêté à celle qui consiste à comprimer le nerf entre la pulpe du pouce et la face antérieure de la colonne cervicalé. Il signale à quelles difficultés on se heurte quand on essaye de dégager, parmi les phénomènes provoqués par la compression du faisceau musculonerveux du cou, la part qui revient à chacun des éléments dudit faisceau ; à son avis, les phénomènes qui sont sous la dépendance de la compression du vaisseau carotidien s’obtiennent par une pression douce et prolongée, alors que ceux consécutifs à la compression du vague apparaissent à la suite d’une pression plus brutale et de peu de durée.

B. — Le signe de décubitus latéral de prédilection.

Les faits que nous venons d'étudier jusqu’à présent sont d’ordre essentiellement subjectif ; ils sont sans doute intéressants, diront de nombreux cliniciens, mais ils sont éminemment justiciables de la grande objection qui s’adresse aux phénomènes de cette nature, lesquelles sont souvent suggérés par les médecins à leurs patients.

«Nous touchons à la partie faible de l'édifice, déclare « Didier ; toutefois, ajoute-t-il, Molle a prévu cette objec- «tion et il est parvenu à renforcer la réalité de ce trouble «nerveux à l’aide d’un autre symptôme, dont la concor- «dance lui a paru toujours parfaite, et qui est totalement «en dehors de la suggestion médicale... Ce symptôme, qui «lui est absolument personnel, est pleinement celui qu’il «a décrit sous le nom de «Signe du décubitus latéral de «prédilection. »

Il est bon d’entrer dans quelques détails à son sujet.

D’après Molle, un malade ne choisit jamais, pour son décubitus au cours du sommeil, le côté où siège l’hémihy-

peresthésie neuro-musculaire, quelque faibles qu’en soient les symptômes révélateurs. Il couche régulièrement sur son côté normal ; il ne faut pas croire, en effet, que dans le. sommeil, le malaise qui amène dans les masses musculaires la mise en jeu un peu prononcée de leur élasticité ne soit pas ressentie. «Si la conscience ne le perçoit pas, « l'instinct en est averti, et, si bien, que le dormeur, tout «en ne se réveillant pas, change d’attitude ».

Or, chez les sujets qui ont réellement un côté de prédiléction pour le repos (et ils sont la grande généralité), il est parfaitement légitime de soutenir que les pressions exercées par le poids du corps, et les dispositions vicieuses des membres, agissent sans doute d’une façon plus précise et plus impérieuse du côté sur lequel ils redoutent précisément de prendre leur sommeil ; il est donc permis de conclure que le patient enregistre de cette façon, et pour ainsi dire automatiquement, son hémihyperesthésie, le médecin n'ayant plus alors qu'à interpréter ce fait dont la signification devient pleine d'intérêt. rx EE

Nous en avons terminé avec l'exposé des procédés qui permettent de cataloguer une grande proportion de sujets en hémihyperesthésiques droits où gauches, ou; pour employer l'expression de Molle en «faibles droits» et « faibles gauches» ; cet auteur, en effet, a déduit de l’observation d’un grand nombre de faits que les troubles d’hémihyperesthésie constituaient en réalité comme le substratum d’une hémihypotrophie sous-jacente ; l'exposé des lois qu’il a formulées concernant la disposition .de la carie dentaire et la systématisation des lésions pulmonaires au cours de la tuberculose, complètera la matière de ce premier chapitre.

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