APPLICATIONS CHIRURGICALES
De l'étude anatomique et des particularités histophysiologiques de la carotide interne intra-pétreuse nous ponvons déduire ces considérations :
1° La carotide intra-pétreuse n’est pas un organe chirurgicalement intangible ; elle est facilement abordable ; elle se prête à certaines manipulations ; la gouge peut travailler dans son voisinage sans lui faire courir un danger excessif.
2° Au moment de la découverte de Fartère, l’opérateur ne sera pas prévenu de son voisinage immédiat par une hémorragie prémonitoire du sinus veineux péricarotidien. D'autre part, il ne doit pas s'attendre à constater des battements.
5° Une blessure de la carotide au cours de l’intervention entraînera une hémorragie susceptible d’être enrayée dans un certain nombre de cas par un tamponnement correct.
4° Si le tamponnement se montrait insuffisant, l'opérateur aurait cependant tout le temps de pratiquer la ligature au cou ; les hémorragies de la carotide intra-pétreuse ne présentant pas un caractère cataclysmique.
Il est inutile lorsqu'on veut intervenir sur le ro-
cher de faire Ia ligature préalable de la carotide in- ‘terne ou primitive et même de placer un fil d’attente.
Ces notions ouvrent un jour extrêmement favorable sur l’avenir de la chirurgie de la pyramide pétreuse. Nous allons en voir les applications dans lextraction des projectiles intra-pétreux, lexérèse des cancers du rocher, et le traitement des ostéites
pétreuses profondes.
L’extraction des projectiles intra-pétreux
Si, à propos des blessures par coups de feu de l'oreille les chirurgiens ont pu pendant longtemps être divisés en deux camps : les interventionnistes et les absteñtionnistes, il n’en est plus de même actuellement. Aujourd’hui, l’opinion est à peu près universellement admise qu’en présence de linclusion d’une balle dans le massif pétreux l’abstention n’est plus de mise.
La temporisation conserve encore des partisans. Leurs principaux arguments sont les suivants :
1° Souvent le projectile est aseptique. Son enkystement est possible et sa présence pourra être très bien tolérée. ,
2° L’attente peut permettre à l’opérateur de trouver dans une complication tardive, un signe certain de localisation précise du projectile.
3° Les difficultés opératoires et en particulier la
possibilité d’une hémorragie cataclysmique, par bles-
sure de la carotide intra-pétreuse, font courir au blessé un danger beaucoup plus grand que linfection.
Les interventionnistes répondent facilement aux deux premiers arguments.
La théorie de l’asepsie de la balle n’a plus cours actuellement. Les travaux et les expériences de Mesner, Bergmann, Fraenkel, Tavel, montrent qu’il n’y a pas de lésions aseptiques dans les coups de feu. Le projectile logé dans la caisse ou dans le rocher n’est pas, comme le projectile inclus dans la profondeur des parties molles ou des organes, dans des conditions qui permettent d'espérer un enkystement aseptique. Le foyer de fracture ou séjournent le corps étranger et des esquilles osseuses communique avec le milieu extérieur par la trompe d’Eustache et le conduit auditif externe ; il est fatalement voué à l’infection. L’ostéite et la suppuration interminable qui en découlent pourront amener les plus graves complications. Il est donc indispensable de transformer le trajet étroit et tortueux du projectile en une brèche largement ouverte et de tenter systématiquement l'extraction du projectile. « Du jour où il est infecté, on peut tenir pour certains que l’os suppurera tant que restera en lui un fragment de corps étranger (Sébileau).
Le deuxième argument des temporisateurs, sur l'utilité que peut avoir une complication tardive pour permettre de localiser le projectile, n’est pas d’un
esprit chirurgical, Attendre une complication n’est