I.A CARR
i m'aurait cité chez u qu'il m'a baisé la i )uraud. — Mon cher !
son pied droit, croise si , et saisit son pied gauche, rvalles réguliers, comme,
que tour a tour à gauche
neuil (fort accent am ettante, monsieur >
iIorvandière, gui se dé, :oi)rt, qui depuis m et bas avec Musigm ■n transport d'enthom te des alliances sera L'équilibre européer
HoRVÀNDlÈRE. — Ah !
recevons, mon ami..
ivec la politique.
:ourt. — Eh ! de q
MoRVANDIÈRE. — Nfi ]
nous avons épuisé toi
en revue tous les pa
tirs étrangères, et ch
in. Il est temps de
igny. — Jouons... à
— »-7ïW5r*w- ~. 'gr**^' ' ■ ^ • vr
La Morvandière. — A quoi ? Mais Musigny, vous m'étonnez. Vous parlez comme un homme dépourvu de toute éducation. A quoi jouer ? Est-ce que l'on a Tembarras du choix ? Est-ce qu'il y a six jeux? Est-ce qu'il y en a cinq? Est-ce qu'il y en a quatre? J'en connais trois, ni plus ni moins, qui ont droit de cité dans les chancelleries : les échecs... quand on sait... le whist, quand on vous regarde et, quand on veut s'amuser sans façon, entre amis, le halma.
Verneuil, extasié, avec un accent encore plus anglais et une aspiration surhumaine. — Le... halma !
Sabouraud. — Mon cher... le halma!...
La Morvandière, appelant. — Hé !... canaille!... saloupieffl...
Musigny. — Le langage des cours.
Le domestique, se reconnaissant aux épithètes de La Morvandière, paraît.
La Morvandière. — Le halma !... vite!...
Le domestique, toujours en état de transpiration, installe le halma sur un des tabourets incrustés de nacre. La Morvandière et Verneuil disposent leurs pions.
Verneuil. — Je suis de première force, vraiment... Je vous avertis.
La Morvandière. — Oh ! moi aussi.
Verneuil. — Je me suis perfectionné à Dresde, mais j'avais appris à Cambridge, où j'étais étudiant pendant une année, à l'Université.
LA CAIIRIKIŒ
okvandièbe. — Vous avez fait une année j à Cambridge?... Oh ! mais c'est très chic t pas banal... (Avec émotion.) Vous devez mglais merveilleusement.
ki'il. — Comme un lad.
)urt. — Ah ! monsieur Chailly-Descom- Quelle surprise aimable!...
,ly-Descombes. — Bonjour, mon cher, je...
okvandièbe, lui saisissant la main. — Cher us allez prendre une tasse de café turc avec
Ne dites pas non.
ly-Descombes. — Merci... mais je...
ibaud, lâchant ses pieds. — Mon cher !!...
ly-Descombes. — Tiens ! Sabouraud... Ah !
enchanté de vous voir, cher ami... Vous : donc?
jraud. — Je profite de mon congé... Voyage nt, exquis... Reçu dans toutes les ambas-
Une cordialité !... Accaparé... Pas un insflon cher !!... Vous me croirez si vous voun'ai pas vu un musée, mais je n'ai pas raté ellence.
ly-Descombes. — C'est très bien d'être venu i nous serrer la main. (Shahe-hand.) baud. — Occasion unique... Accompagné
Verneuil qui apportait la valise... Savez, Verneuil, ami intime, intime... Au fait, connaissez pas?... Mon cher ! ! . . . (Appelant.) Verneuil ! . . ,
Verneuil. — Oh !...
Sabouraud. — Mon cher !!...! M. Verneuil...
M. Chailly-Descombes, premier secrétaire.
Verneuil. — Monsieur... (Mouvement convulsif dé la tête.)
Chailly-Descombes. — Charmé...
Verneuil. — Charmé... (Shake-hand.)
Chailly-Descombes, reprenant tout à coup son air officiel. — C'est précisément pour parler à monsieur que je suis venu ici.
La Morvandière, à part. — Il est poli.
Chailly-Descombes, très sec. — Qu'est-ce que cela signifie, monsieur ? Vous êtes chargé d'une mission de confiance. Le Ministre remet entre vos mains la valise, qui renferme, cette fois par hasard, des papiers de la plus haute importance. Vous arrivez, et votre première visite n'est pas pour l'Ambassade ?
Verneuil, très flegmatique, mais très rouge. — Monsieur. . .
Chailly-Descombes. — C'est au débotté, monsieur, que nous devions vous voir, au débotté, entendezvous?
Verneuil. — Monsieur...
1S2 LA CARRIÉRt
Chàillï-Descombës. — Et la valise? La valise?
Où est-elle ?
Verneuu,. — Voilà justement : je n'en sais rien.
Chaillt-Descohbes, hors de lui. — Vous n'en
les bras au ciel, geste peu diplo-
i Frécourt. — C'est à se rouler.
mt. — Je ne trouve pas.
'ateur, à Chailly-Descombes. —
i. — Permettez, mon cher, c'est e, qui ne regarde que monsieur
■ant, àla Morvandière et à Fré- .... s'il cherche une affaire qui
— Bien dit.
■t. — Très crâne.
i, à Verneuil. — Expliquez-
■rivant & la frontière, nous exhimoi, nos passeports. Nous nous de coutume, passer sans diflii, Sabouraud et moi, que vingtdes ordres secrets ? Voulait-on, méprise, mettre le nez dans rs est-il qu'un douanier s'avisa xiger mes clefs. Je refusai net.-
il ." T
Chailly-Descombes. — Bien entendu.
Verneuil. — Une violente discussion s'ensuivit.
Chailly-Descombes. — Vous étiez dans votre droit.
Verneuil. — Je sais... Aussi je ne cédai point. Mais il ne céda pas davantage.
Chailly-Descombes. — Il fallait nous télégraphier ici, et attendre la réponse.
Verneuil, cassant. — Eh ! monsieur, le train était sur le point de repartir.
Chailly-Descombes. — Eh bien, monsieur, il fallait le manquer.
Verneuil. — Y pensez- vous ? Et attendre vingtquatre heures sur le quai ? Vous savez bien que la station-frontière est un trou et qu'il n'y a pas la moindre auberge. Sans compter que, Sabouraud et moi, nous avions hâte d'être ici. J'ai pris le meilleur parti, le plus simple : j'ai laissé la valise en consigne.
Frécourt, bas. — C'est tout de même raide.
Chailly-Descombes. — La valise en consigne !
Mais, monsieur, c'est de la folie. Vous avait-elle été confiée, oui ou non ? Aviez-vous une mission ? Vous deviez vous asseoir sur votre valise, monsieur, et n'en pas bouger, vous entendez, n'en pas bouger avant d'avoir reçu nos instructions. Je vous avertis que je ferai mon rapport, l'affaire estgrave.
Sabouraud, se rapprochant. — Voyons, Chailly, vous n'allez pas faire une histoire...
Chailly-Descombes, avec impatience. — Ah ! mon er...
Sabouraed. — Mon cher! !...
Cu ailly-Descombes, éclatant. — La valise en conrne ! ! I Non, c'est fabuleux, ma parole d'honneur, ;st fabuleux !... Au revoir, messieurs.
11 sort. — Un froid.
La MorYandière. — Mon cher Sabouraud, puis- Le Chailly est votre ami personnel, je ne veux s vous dire de mal de lui ; mais il devrait renonr à la Carrière et se jeter dans la politique : il t plus parlementaire que diplomate.
Sabooradd. — Ah ! mais, vous savez, c'est mon ii, c'est mon ami... Il commence à m'embêter. .. ire tout ce bruit pour une sottise pareille !... Un mme qui me doit tout !... Faut pas qu'il fasse le ■lin.
porte s'ouvre. M"° Charlet. Toilette de jour très simple, tailleur, drap marron.
(Cri unanime.) — Ah 1...
M me Charlet. (Coup d'oeil circulaire.) — Oui, ça tnquait de femmes. Mes enfants, me voici. Vous ez eu la correction d'inviter mon mari. Mais je ai suggéré la migraine. Excusez-le... (Soudain
Comédie-Française.) Pardon, je m'oublie, il y a du monde. Qui sont ces nobles étrangers ?
La Morvandière, présentant. — M. Sabouraud.
M me Cbarlet. — Il me semble avoir eu déjà le plaisir...
Sabouraud. — Ah ! madame, je vous ai applaudie bien souvent...
Frécourt, présentant. — M. Verneuil.
M rae Charlet. — Monsieur... Au fait, n'est-ce pas monsieur qui devait apporter la valise ?
Verneuil. — Oui...
M me Charlet. — Alors, puisque vous êtes arrivé, la valise est arrivée ?
Verneuil. — Non...
Musigny. — Qu'est-ce que cela vous fait ?
M me Charlet. — Comment, non ?
Sabouraud. — On nous a fait des difficultés à la douane, et pour ne pas rater le départ du train, nous avons dû laisser la valise en consigne.
M mo Charlet, saisie. — Oh !...
Sabouraud. — C'est comme j'ai l'honneur de vous le dire.
M m * Charlet, avec indignation. — Par exemple, elle est d'un beau calibre, celle-là !
Sabouraud. — Ah! ça, chère madame, vous n'êtes pas le premier secrétaire, vous : vous n'allez pas nous attraper aussi.