I.A CAÏtlUKLU
— Mais encore une fois qu'est-ce que it?
-et. — Comment, ce que cela me fait?
peau !
.NDiÈitE. — Votre chapeau ?
let. — Oui, une merveille, un fond de
isse avec un diadème pailleté, que
xpédîait par l'entremise du Départe-
îs pensez bien que je ne me fais pas
i choses-là à découvert... Pour payer
'our que la douane y mette le nez ou la
vous avez abandonné mon chapeau à la
i à la MoTvandièfe, — Je commence à
>eaucoup plus drôle.
très penaud. — Croyez, madame, que deviner... si j'avais su que j'étais por-
)jet aussi précieux...
iET, exaspérée, lui tourne le dos. — A
- En voilà un courrier de cabinet!...
i consigne!... Mon chapeau à la fronuvre France !...
SouveUe entrée : Xaimraili.es.
î flattés. — Ah I...
indière. — Mon cher Xaintrailles, c'est isir que vous nous faites... Quand vous a vous-même, vous avez bien voulu
quelquefois honorer de vos visites notre modeste garçonnière... Mais à présent que vous êtes un homme marié...
Xaintrailles, très cordial. — Est-ce une raison pour rompre avec ses meilleurs amis?... Croyez que c'est toujours... Bonjour, madame Charlet... Mon cher Frécourt... (// distribue des poignées de main.)
Frécourt, lui amenant Verneuil et Sabouraud. — Permettez, mon cher duc... Monsieur Verneuil, monsieur...
Xaintrailles, F interrompant. — Monsieur Verneuil?... C'est lui qui apportait la valise?
Frécourt. — Oui.
Xaintrailles. — Elle est donc arrivée ?
La Morvandière, enchanté. — Non.
Xaintrailles. — Comment cela?
La Morvandière. — Verneuil a eu maille à partir avec la douane, et ma foi ! il a laissé la valise en consigne.
Xaintrailles. (Son rire de Louis XIV.) — Ah ! ah I ah !...
Sarouraud, imitant cette princier % e hilarité. — Ah! ah! ah ! ah!...
La Morvandière, au duc. — Vous trouvez cela drôle, n'est-ce pas?
Xaintrailles. — Mon cher, moi je trouve cela impayable.
Sabouraud, riant plus fort pour attirer son attention. — Ah ! ah ! ah î...
M rae Charlet, pincée. — On voit bien que M. de Xaintrailles n'avait pas un chapeau dans la valise.
Xaintrailles. — Non, je vous avoue que je n'avais pas...
Musigny. — Chère amie, le duc fait venir les siens par la valise anglaise.
Verneuil, avec admiration. — Par la valise anglaise ! Est-ce authentique ? Oh !...
Xaintrailles. — Chers amis, maintenant que vous m'avez bien fêté, je vais vous confesser que je ne méritais pas trop votre aimable accueil. Ma visite n'est pas tout à fait désintéressée, et ce n'est pas uniquement pour vous voir que je suis venu.
La Morvandière. — Ah ! ah !...
Xaintrailles. — J'ai appris que M. Sabouraud était ici de passage. J'ai le plus vif désir de faire sa connaissance, et je vous prie de me présenter à lui.
Frécourt. — Monsieur Sabouraud... Le duc de Xaintrailles.
Xaintrailles. — Monsieur...
Sabouraud. — Monsieur...
Shake-hand.
Xaintrailles. — Je ne saurais vous cacher aussi
que je désirerais dire un mot en particulier à M. Sabouraud. Voulez- vous me permettre de passer avec lui dans le cabinet de Frécourt ? Poursuivez, sans vous soucier de nous, votre partie de halma.
La Morvandière, à Frécourt. — Ce Xaintrailles est renversant. Il est partout comme chez lui.
Sabouraud, à part. — Ces représentants des vieilles familles, on ne leur ôtera pas cela : ils savent vivre.
Xaintrailles et Sabouraud passent dans le cabinet, et s'assoient sur deux chaises l'un vis-à-vis de l'autre : Xaintrailles très correct, Sabouraud la jambe droite croisée sur la jambe gauche et le pied dans la main.
Sabouraud, oubliant quil ri est pas le domestique de Xaintrailles. — Monsieur le duc. . . (Se reprenant. ) Cher monsieur... Laissez-moi vous dire combien je suis flatté... Votre désir de me connaître... Votre empressement... Moi-même...
Xaintrailles. (Grand style.) — N'est-ce pas tout naturel, monsieur? Nous devions nous sentir attirés l'un vers l'autre. Nous ne sommes pas, je le veux bien, du même bord, mais notre situation est identique : nous portons tous deux de grands noms. Les roturiers ou les parvenus qui nous entourent n'ont que du mérite personnel. Nous autres, nous valons d'abord par nos ancêtres.
Sabouraud. — C'est juste, nous descendons tous les deux.
entrailles. — Lorsqu'il s'est agi pour vous de dre un état, avez-vous, plus que moi, hésité? bouraud. — Pas un instant.
entrailles. — Vous voyez : comme les repréints de la vieille noblesse, dont je suis, les isentants de la noblesse républicaine, dont êtes, ne peuvent accepter d'autre carrière
bouraud, à part. — Il est intelligent.
entrailles. — Vous y plaisez-vous, monsieur ? entez-vous pas quelquefois, au cours de vos ains voyages, la nostalgie de la France ?
bouraud. — J'ai l'àme cosmopolite. Le sang ■ôants révolutionnaires coule dans mes veines. ie trouve odieusement à l'étroit parmi les meseries et les vulgarités de la vie parisienne. lintrailles, supérieur. — Je connais cela.
bouraud. — Et puis, vraiment, la société unatique est encore la seule où l'on puisse t, lorsque avec le goût du progrès on garde de Lchement aux traditions.
untrailles. — A propos, mes compliments...
bouraud. — Quoi donc?
entrailles. — Je vous ai aperçu de loin au , cet après-midi. Vous aviez un pantalon...
Sabouraud. — Vous trouvez ?
Xaintrailles. — Oui, une étoffe d'un osé, d'un nerveux !.'..
Sabouraud, modeste. — Oh!... (A part.) Quel homme charmant! (Il change de pied.) Mais, mon cher duc, dans l'excès de votre amabilité pour moi, vous vous oubliez vous-même : qu'aviez-vous à me dire ?
Xaintrailles, — C'est juste... Mon cher collègue, j'ai un grand service à vous demander.
Sabouraud. — A moi ?...
Xaintrailles. — Un service de carrière.
Sabouraud. — Dans ma modeste situation...
Xaintrailles. — Laissez donc... entre nous... Avec votre père... le grand nom que vous portez... Enfin, vous savez bien que vous avez une influence considérable.
Sabouraud. — Mon Dieu...
Xaintrailles. — Vous avez sans doute ouï dire que M. de Chameroy serait appelé prochainement à Vienne. La place de premier secrétaire y est vacante, et l'Ambassadeur ne manquera point de réclamer Chailly-Descombes.
Sabouraud, finement. — L'Ambassadeur... ou l'Ambassadrice ?
Xaintrailles. — Ne m'en parlez pas, c'est un scandale.
Sabouraud. — On a grandement tort de le tolé-
à in t railles. — Eh bien ! je voudrais quitter mon e, passer sur le dos de Chailly, et être nommé nier à Vienne. II a, je le sais, plus de titres
moi, mais j'en ai aussi de véritables, sans pter mon nom et ma fortune. Je demande une ur, non une injustice.
ibouradd, étonné. — Vous voulez quitter votre e, un poste que tout le monde envie... Car je ;e que ce n'est pas le simple désir d'avance-
aintrailles. — Je vous demande un service,
; bien le moins que je joue cartes sur table
; vous. Je me moque de l'avancement, mais je
t partir d'ici. J'ai eu ces derniers jours une
ie avec l'un des archiducs, avec Paul, le frère
>a Majesté...
iBOUBADD, les pupilles dilatées. — Une pique
: le frère de l'Empereur !
aintraili.es, souriant. — Mais oui...
\bol-raud. — Histoire de...
aintrailles. — Hem !...
ahoukaod. — Ah ! ah !... Petite femme?...
aintratlles, réservé. — Mon cher...
ibouraud. — Pardon.
aintrailles. — Vous comprenez que ma posi-
ici n'est plus tenable.
LA GARRJÊKK 193
Saboubaud. — N'insistez pas : j'agirai. (Après réflexion.) D'autant que je ne suis pas fâché de jouer un tour à Chailly-Descombes. Il était jusqu'à ce soir mon meilleur ami ; mais il s'est permis de me parler sur un ton qui ne me convient pas. .. pour cette bêtise de la valise laissée en consigne... Mon cher monsieur de Xaintrailles, ravi de vous rendre
service.
Xaintrailles, — Vraiment, vous croyez pouvoir...
Sabocraod. (Jeu de pieds.) — Mon cher! !... Le Ministre n'ose rien nous refuser : mon père est à tu et à toi avec le chef de l'Etat, qu'il a vu naître. Mon grand-père est, à l'Elysée, le seul joueur de billard que le Président autorise à faire des massés.
Xaintrailles, convaincu. — Alors...
Pressions de mains.
Sabodraud, expansif. — Vous ne pouvez pas vous figurer comme je suis heureux de vous être utile.
Xaintrailles. — J'en étais bien sûr. Nous sommes faits pour nous comprendre.
Sabouraud. — Parbleu !... Et tout à l'heure, vous expliquiez si bien pourquoi... Tenez, la différence qu'il y a entre moi par exemple et Chailly-Descombes... Chailly-Descombes n'est pas né... Et moi, sans être né comme vous...
Xaintkailles. — Sans être né comme moi, bah !... ventionnels, fils de croisés... Croyezins quelques siècles, quand vous aurez i du recul et de la perspective, on aperre la petite distance qui sépare votre :n ? Vous êtes les preux d'une autre his-
a, èlreignant son pied gauche avec frets Montmorency de ta guillotine.
les. — Je ne l'aurais pas dit.