‹ La carrière (volume 2)Chapitre 21 sur 23 · LIN · texte numérisé non relu

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— C'est Son Altesse Impériale Mon shiduc Héritier.

. — Ah! parbleu, oui!... Je ne le pas. Il a coupé sa moustache?

— Elle n'a pas encore poussé.

neura sans importance. Puis la foute s'èbri ini pafese le premier immédiatement après :

rmail la marche. Il bouscule même le comte, , toise ce petit Parisien avec un olympien mt

. {// inspecte ta salle d'un rapide c ment, il note) — Carré long, blanc, urs fort relief, tout or ; au fond, litaire, circulation vers le buffe Et maintenant, mon fils, de l'œil 1 jarret. Ceci est de l'histoire, et t 1

y. Il marche résolument vers Sa Majesté, ;re elle.

ier, qui remplit les fonctions de maître des icline profondément devant le Souverain,

:cr. — Prenez les ordres de l'Imp

e des cérémonies. (// s'avance vers l ■m s'entretient, à quelque distance, < de Chameroy . Même étiquette.) — gnc-t-elle ordonner la première <

Lorsque je représentais mon pays... (Ritournelle de la seconde figure .) auprès de Sa Majeslé la Reine d'Angleterre...

Gaviolini, prêtant l oreille. — Ah! ah !

Le maître des cérémonies. — En avant deux!

Gaviolini. — Oh !

L'Ambassadeur, poursuivant. — J'ai eu plusieurs fois l'honneur de valser avec Son Altesse Royale la Princesse de Galles.

Le maître des cérémonies, insistant. — En avant deux!

L'Impératrice. — ...

Elle s'excuse d'un geste et traverse la longue salle, de l'allure d'une personne qui n'a jamais marché seule devant le monde. Son vis-à-vis lui fait une révérence qui prend trois mesures de trop.

Le maître des cérémonies, précipitant le mouvement. — Passez! En avant deux ! Reculez !

L'Impératrice, se retrouvant à côté de l Ambassadeur. — Cette fête est charmante, monsieur l'ambassadeur, et la température ne m'en paraît pas excessive.

L'Ambassadeur, enivré. — Votre Majesté me met au comble de la joie.

L'Impératrice. — Je suis née en Allemagne, où Ton sait ce que c'est qu'une maîtresse de maison. M me de Chameroy...

Le maître des cérémonies. — En avant deux!

L'Ambassadeur, qui doit se détacher de Sa Majesté, lui jette un regard de supplication et de désespoir.

L'Impératrice, avec magnanimité. — Allez, monsieur, allez.

Chameroy pousse une pointe vers son vis-à-vis, et balance, avec réserve mais avec grâce.

Fin de la figure. Gaviolini se dirige vers, l'Héritier et arrive à se faire une place derrière lui, quelques instants avant la pastourelle.

L'Héritier, plus animé que de coutume, toujours très bien élevé, récite à Yvonne des phrases correctes qui semblent tirées d'un catéchisme de la civilisation puérile et honnête. — C'était un grand plaisir pour ma sœur et pour moi de venir danser ce soir à l'ambassade de France, madame la duchesse.

Yvonne, souriante, un peu maternelle. — En vérité, Monseigneur?

L'Héritier, très naïvement. — Oh! oui... (77 se passe la main sur les cheveux, à rebrousse poil, pour constater si sa Dressant est bien de niveau.)

Yvonne. — On dit que Votre Altesse Impériale aime la danse avec passion.

L'Héritier, après avoir cherché mieux. — Oh!

oui... (Il regarde Yvonne avec les yeux de Chérubin.) — Je ne vous cacherai pas qu'au Château... la danse, ce n'est pas amusant... excepté quand nous dansons dans nos appartements entre nous pour nous amuser... Mais la danse... qui est un exercice

LA CAtlltlKKb

lire comme ce soir... (// devient pourpre.) à-dire que ce soir au contraire, avec vous... 3nne. — Voire Altesse Impériale me comble...

[éritier. — Oh! madame... (Sa voix s'é- '.e.) Je n'oublierai le jour où je vous ai vue la première fois.

t ce tempe, le vis-à-vis du Prince fait consciencieusement volutions et finît par remettre sa dame aux mains de .Itesse, qui ne s'est pas encore aperçue que l'on dansai.

ie peux jamais danser cette figure-là sans

r à mon oncle.

jnnb. — Votre... l'oncle de Votre...

[éritier, de nouveau pourpre. — Oui, mon

, l'archiduc Paul.

)nne, ailleurs. — Ah!...

(éritier, étourdiment. — Vous n'avez pas

les cavaliers seuls qu'il nous esquisse dans

nité... Je veux dire... J'ai tort... D'ailleurs,

jnte que c'est une danse française. (Très in-

et perdant la notion des distances.) Cela ne choque pas, au moins ?

jsne. — C'est au contraire un spectacle qui e, Monseigneur. Notre grand roi Henri IV

au cheval avec ses enfants.

.éritier, très content sans savoir pourquoi. — îent t {Il fait un faux mouvement et donne un îcrment à sa sœur qui se trouve près de lui.)

L'Archiduchesse Théodora. — Pousse-toi donc ! {Elle le bouscule.)

L'Héritier, furieux. — Tu en as des façons !

Gaviolini. — « Pousse-toi donc ! Tu en as des façons ! » Quelle aimable cordialité ! Cette famille impériale pourrait servir de modèle à nos familles bourgeoises les plus unies.

La contredanse officielle prend fin après un galop d'un train

extrêmement modéré.

Musigny, rencontrant Gaviolini, et lui saisissant la main avec la cordialité des jours de fête. — Eh bien ? Vous êtes content ?

Gaviolini. — Je suis ravi des Princes. (// saisit Musigny par un bouton d'or de son habit.) Figurezvous... [Le bouton cède, Musigny s' échappe.) Tiens l Un souvenir... (Il met le bouton dans sa poche.)

L'Ambassadrice d'Autriche, à celle d'Allemagne. — Il me semble que la contredanse n'a donné lieu à aucune manifestation significative.

La générale Puff, méfiante. — Attendez, attendez...

Musique de valse.

Le maître des cérémonies, se précipitant vers V orchestre. — Silence! {Il se précipite vers t Impératrice.) Sa Majesté daigne-t-elle ordonner la valse? (Signe affirmatif de T Impératrice. Il se précipite vers l orchestre.) La valse!!!

Gaviolini. — Eh! eh! voili dora qui danse avec La M coquin 1... (Un tour.) Avec (Un tour.) Avec... avec un p Avec tout le monde, alors « J'avais l'honneur, l'autre avec Son Altesse Impériale.

mal.. ,(// rejoint la duchesse don, chère madame, on dira danse avec n'importe qui.

Yvonne. — Oui, oui...

Gaviolini. — Aimable sa Puisqu'elle danse avec le pr»

vous pas que je pourrais al lité... lui offrir mon... abati

Yvonne. — Elle danse ï parce que tout le monde ici

Gaviolini, vexé. — Sauf connaît pas tous ces gensleur nom sur leur figure.

Yvonne. — Et votre habil

Gaviolini. — Mon habit, Sotte mode !... D'ailleurs, madame, la princesse valse

A cet instant, l'Héritier s'approche taille. L'Impératrice, à cette vue, Merement vers l'Ambassadeur ému dans l'encadrement de la porte, deux enfants qui dansent. Tables

Humeur respectueuse.

L' AMBASSADRICE d' ALLEMAGNE. — La Voilà, t

la manifestation.

L'Ambassadrice d'Italie. — Ils veulent me qu'ils se sentent ici chez eux.

Yvonne, à Gaviolini. — Regardez, regarde

Gaviolini. — Quoi doue?

Yvonne. — L'Archiduc et l'Archiduchesse sent ensemble, l'Empereur a les larmes aux ;

Gaviolini. — Moi aussi.

Yvonne. — Vous allez me juger bien eni siaste, bien vieux jeu : je ne puis voir, sam remuée profondément. Leurs Majestés doni ma patrie une pareille marque de leur affei

Frécourt. (// arrive tout en sueur.) — Eh 1

Yvonne. — Ah t

Gaviolini. — Ah !

Musignv, à M"™ Charlet. — C'est bien toi même, des souverains qui ne font pas leur j

M™ Charlet. — De quoi ? Je le remettrai place, ton Héritier. Il me débitait déjà son co ment, quand, sur un signe de l'Empereur, lâche pour faire pivoter sa sœur.

Musigny. — Sache te sacrifier à ton pays.

Gaviolini. — J'ai besoin de prendre l'air.

Yvonne. — Moi aussi.

Ils retournent dans le petit salon, absolument désert. Yvonne se laisse choir sur un canapé. Mais presque aussitôt, elle se redresse et tire Gaviolini par la manche.

Gaviolini. — Hein ? Quoi ?

Yvonne. — L'Empereur.

L'Empereur traverse en effet le salon et se dirige vers l'escalier, L'Ambassadeur et plusieurs personnages de marque raccompagnent. Gaviolini prend une attitude militaire : il est officier de réserve.

Gaviolini. — Sa Majesté se tire déjà?

Yvonne. — Non. Elle va jouer.

Gaviolini. — Où cela?

Yvonne. — Dans le cabinet de Chailly-Descombes, au rez-de-chaussée.

Gaviolini. — J'y cours... pardon... le devoir!...

Il sort. L'archiduc Paul apparaît au même instant. Il est en grande tenue, bleu, blanc et or. Il porte sous le bras son casque , or et argent. Il regarde de tous côtés avec un effarement comique. — Musique à la cantonade.

Paul. — Personne... (Il aperçoit la duchesse.) Ah ! voilà une veine, par exemple ! Duchesse, je ne suis venu que pour vous voir, et je vous trouve du premier coup !

Yvonne. — Vous, Monseigneur ! Mais je croyais...

Paul. — Chut! Je suis en bombe... L'Empereur?

Yvonne. — Il vient de descendre. Il joue. Votre Altesse Impériale peut sans inconvénient entrer dans la salle des fêtes. (Elle fait un pas de ce côté.)

Paul, la retenant. — Vous n'y pensez pas ! Et l'Impératrice ? Ma belle-sœur est d'origine allemande : elle ne badine pas avec la discipline.

Yvonne. — Eh bien! restons ici...

Paol. — Non, c'est un passage... Au fait, le salon de l'Empereur... Puisque mon frère est au jeu, il ne remontera pas de si tôt.

Yvonne. — Mais puis-je...

Paul. — Parbleu ! vous passerez avec moi.

En effet, l'officier qui garde la porte s'efface respectueusement

devant Son Altesse Impériale.

Le salon de l'Empereur.

Aucune disposition particulière. Seulement, près de la fenêtre,

une petite table de collation pour les Souverains, avec Leur

vaisselle, Leur verrerie et Leur argenterie.

Yvonne et Paul s'installent. Elle est prise d'un fou rire.

Paul. — A la bonne heure !

Yvonne. — Votre Altesse Impériale m'excusera.. . Je suis prise d'une gaieté... assurément un peu trop libre... quand je vois à quelles précautions un prince est obligé. Votre Altesse me rappelle... non...

Paul. — Je vous en prie.

Yvonne. — Votre Altesse me rappelle mon frère, qui faisait son volontariat, il y a quatre ans. Je ne vivais plus que le dimanche, cette année-là... Quand, par hasard il n'avait pas de permission, il s'habillait en civil et venait quand même. Nous l'emmenions aux courses, et j'avais des peurs

LA RARRlfiRK

lorsque nous rencontrions un de ses offi-

lui mettais mon ombrelle devant le nez.

tenant les mains d'Yvonne et les baisant.

us ne vous doutiez pas qu'un jour, une

ui vous aime ferait, pour passer quelques

ivec vous, les mêmes extravagances que

:. — Monseigneur, Monseigneur...

ivec feu. — Ah! pour que ces jolis sou-

votre enfance vous soient revenus à mon il faut qu'à présent j'aie vraiment une s votre cœur. Duchesse, vous m'en voyez lais donnez-moi une preuve de vos sentiai fait une folie ce soir, vous en ferez iin. Vous viendrez...

:, déjârebelle. — Mais, Monseigneur... mpatienté. — Eh ! sapristi, madame, ne us pas venir au Château il y a huit jours?

!z toujours l'air de trouver que je vais

en besogne. Nous ne pouvons pas, nous rendre les mêmes délais que les gens du .. Napoléon...

!. — Il avait le monde à conquérir.

— Ça ne se fait plus... Vous détournez la .ion. Demain vous quitterez l'Ambassade sures. Personne ici n'a le pouvoir de vous . Ce n'est pas dans les termes où vous

votre mari...

LA IIÀRRïÈRK »7

— Comment, dans les termes?...

Je sais tout... son Anglaise...

à elle-même. — Au fait. . .

— Vous irez tranquillement à pied jusi. Vous prendrez le train de deux heures lu bout de trois quarts d'heure vous desine petite station que vous savez. Vous t. ma voiture...

— Qui me conduira, Monseigneur, à maison que je sais aussi. Jamais !

Etiez-vous décidée, oui ou non, à me chez la comtesse au Château ? Quelle Est-ce la solitude qui vous effraie ? Vous donc de moi ? Car je n'ose espérer que vous-même.

— Si je faisais cette folie... mais non...

Alors, c'est l'Empereur qui aura le der- ; n'êtes pas femme.

à part. — Tant pis... (A Paul.) Du ■e Altesse Impériale me jurerait...

— Eli ! tout ce que vous voudrez. Mais re tour.

— Que ?...

Que quoi qu'il arrive d'ici à demain rez... (Silence.) J'attends... Je ne parti- 3 si j'emporte votre parole.

— Monseigneur...

?i 298 LA CARRIÈRE

Paul, sec. — Bien, je reste.

Voix d'un chambellan, dehors, à Fofficier qui garde la porte. — Sa Majesté a fini la partie. Elle remonte.

Yvonne. — Venez vite.

Paul, très calme. — Jurez.

Yvonne. — Eh ! tout ce que vous voudrez.

Paul. — Jurez sérieusement.

11 Yvonne. — Je jure.

Paul. — Que vous viendrez ?

Yvonne. — Que je viendrai.

Paul. — Bien.

Elle le fait sortir par la porte du fond. Ils voient l'Empereur sur le palier. Ils se dissimulent. Aussitôt que Sa Majesté est passée, ils descendent.

Paul, à son chasseur. — Fais avancerma voiture, sans appeler.

Voix en haut. — Les équipages de Leurs Majestés !

Yvonne. — Ah ! mon Dieu !

Paul. — Je croyais que l'Empereur restait à souper.

L'Empereur paraît, en haut de l'escalier, accompagné de l'Ambassadeur. Au même instant, le chasseur de l'archiduc revient.

Paul. — C'est juré ?

Yvonne. — Mais oui, partez vite.

Il s'esquive. Yvonne s'écarte pour laisser passer le cortège impérial. Au moment où elle va remonter, Gaviolini, éperdu, lui tombe presque dans les bras.

Gaviolini. — Ah ! madame !... Ah ! duchesse !...

Yvonne. — Qu'y a-t-il ?

Gaviolini. — L'archiduc...

Yvonne, tressaillant. — Hein ? L'archiduc ?

Gaviolini. — Oui, l'héritier... Le Prince Impérial.

Yvonne, respirant. — Ah !

Gaviolini. — Il est d'une affabilité !

Yvonne, sans savoir ce qu'elle dit. — Oui, charmant, charmant.

Gaviolini. — Croiriez-vous ? Son Altesse Impériale... a bien voulu... me marcher sur le pied... et Elle a daigné m'en exprimer Son regret !

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