‹ La carrièreChapitre 17 sur 25 · M\DAME, ET SUBISSEZ LA QUESTION · texte numérisé non relu

M\DAME, ET SUBISSEZ LA QUESTION

de dédaigner cetitre là. L'heure est bien choisie ! Avez-vous des yeux pour ne point voir ? Cette fête qui se prépare est cependant une comédie instructive, et vous y assistez de la coulisse. Quels sr>nt les personnages de premier plan? Une Cour, une Ambassade : le Pouvoir Monarchique et la Diplomatie. Seulement, ces beaux premiers rôles sont des pannes... ou, pour parler en philosophe, ces puissances de cérémonie sont illusoires : elles tremblent devant les puissances réelles de l'humanité. La Cour tremble devant la Révolution : parce que l'Empereur va faire Quatre pas dans la rue et vient ici boire un doigt de vin de Champagne, piquer une truffe du Périgord, depuis huit jours on ne circule plus dans le quartier, on ne dort plus

à l'Ambassade... Mais la dynamite n'est rien encore auprès de l'Opinion, qui a le journalisme pour porte-voix, et qu'avec votre permission, madame, je représente ici. Devant elle — je n'ose pas dire devant moi, • — souverains et ambassadeurs tremblent également. Si l'on savait seulement que je suis là, vous verriez tous ces agités lâcher à qui mieux mieux leurs rondes ridicules, leurs sondages de parquets, leurs auscultations de murs et s'empresser autour de ma personne : Son Excellence pour avoir un bon article, tel autre pour être cité sans que j'écorche l'orthographe de son nom. tel autre encore pour apprendre les petites nouvelles du ministère, qui sait? pour obtenir ma protection... Enfin, madame, dans cette maison qui appartient à la France, oii commande un ambassadeur, où un Empereur doit souper ce soir, il n'est que deux autorités qui comptent : la Police, — et la Presse.

Grand bruit. Toute la fifruraticin rentre en scène, comme à un final d'opérette, Gaviolini, qui n'a plus de raisons pour se dissimuler, marche résolument vers Chameroy.

Gaviolini. — Monsieur l'ambassadeur...

L'Ambassadeur. — Quelle heureuse surprise! Quelle bonne fortune!

(// //// ieud la main.) Cher monsieur Gaviolini... Nous vous aurons ce soir?

A quel hôtel êtes-vous descendu? Vous nous vovez dans un branle-bas... (// s'arrête, craignant que V expression soit trop forte, et il se caresse les favoris. Apres réflexion, il répète :) dans un véritable branle-bas.

Gaviolini, à la fois respectueux et protecteur. — J'admire, monsieur l'ambassadeur, j'admire... M'"* l'Ambassadrice se porte bien ?

L'Ambassadeur, avec décision. — Supérieurement... Avez vous besoin... (Sportif) de quelques tuyaux? Frécourt est là...

Frécourt. {Shake-Jiand.) — A votre disposition, mon cher Gaviolini. {Mystérieusement.) Il .se passe des faits de toute première importance...

Gaviolini. à son aise. — Je réclamerai vos lumières dans quelques instants. Continuez donc vos explorations, je vous en prie.

Le cortège passe. Gaviolini retourne vers Yvonne, mais La Morvaxdière se précipite.

La Morvandière. {Les deux mains.) — Mon cher ami... Ce bon Gaviolini... "Vous

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