‹ La cartographie verrazanienne [microforme]Chapitre 2 sur 4 · Notre Discovery of North America, pp · texte numérisé non relu

Notre Discovery of North America, pp

5. « Ma segui il suo disegno, di scoprir lo stretto di terra ferma.. deliberd di seguir la via dell’ Oriente verso Beragua, © il Nome di Dio, ouc s’imaginaua, e credeua giacesse il sopradetto stretto. » Fernand Colomb, Historie, 1571, cap. Xe, (° 201: Las Casas, Historia General de las Indias, t. HF, p. 22.

Mais plus tard, ce fut dans les régions septentrionales qu’on le chercha. Et au moment même où Verrazano explorait la côte orientale de l’Amérique du Nord dans ce but, Fernand Cortès, en 1524, proposait à Gharles-Quint de diriger les recherches entre la Floride et les Baccalaos !, Ses marins se seraient rencontrés au mème endroit uvec ceux du navigateur florentin. Mais l’empereur avait eu avant lui l’idée d’une exploration plus étendue, des deux côtés du continent, comme on le voit par sa dépêche du 6 juin 1523°.

Quant au tracé d’un isthme aussi étroit là où on le voit dans les cartes verrazaniennes, il laissait entrevoir la possibilité, le cas échéant, de creuser facilementun canal. De la sorte, on n'aurait pas ëlé obligé de remonter jusqu’au Fretum arctieun, non moins chimérique, auquel cependant croyaient les cosmographes copiés par Giovanni da Verrazano. L'existence de l’étroite langue de terre en ce lieu, étaitaussi un article de foi pour beaucoup de cartographes qui s’inspiraient de lui ou de son frère. Quatre portulans de Battista Agnese exposent une roule poncluée qui, partant d’un port de Normandie, Dieppe sans doute, traverse l'Atlantique, atterrit à l'endroit même du petit isthme verrazanien, le traverse, franchit le Pacifique, va aboutir au Cathay, et porte la légende : el viazo de franza. Dans plusieurs mappemondes de ce célèbre dessinateur de cartes, l’isthme n’est pas même percé, et la route reprend de l’autre côté du détroit.

Le planisphère de Giovanni da Verrazano a produit plusieurs variétés. De celle qui se rapprochele plus de l'original, on possède encore les spécimens suivants :

La mappemonde de Vesconte de Maggiolo; dressée à Gènes en

Celle de Hieronymo da Verrazano, frère et héritier* de Giovanni; faite en Italie vers 1599.

1. € Saber el sccreto de la costa que estä por descubrir entre el rio de Panuco y la Florida, y de alli la costa de la dicha Florida por la parte del norte, hasta legar à los Bacallaos, porque se tiene cierto que en aquella costa hay estrecho que pasa à la mar del Sur {le Pacifique]. » Lettre de Cortès à l'Empereur, datée de Mexico, le 15 octobre 1524, Carlas y relaciones de IHernan Cortes; éd. de Gayangos, l'aris, 1866, in-&, p. 314.

2. Carta del Emperador à Cortes, mandandole buscar el estrecho por ambas cos- Las; Valladolid, 6 juin 1593. Citée dans la Relacicn del viage hecho por las goletus Sutil y Mexicana en el año de 1792. Madrid, 1809, pet. in-4°, p. IX, note 2.

3. « Jerosme de Varasenne son frère ct héritier ». Acte du 11 mai 1596. Revue crilique, numéro du {°° janvier 1876, p. 22. Giovanni da Verrazano n’a donc pas laissé d'enfants,

Le globe précité de Robert de Bailly, daté de 1530; travail fran çais.

La Tabula novarum insularum de Sébastien Munster, circa 15384, et 1540; publications bâloises!,

Le globe construit en Italie (à Rome?) par Euphrosinus Ulpius en 1542 et dédié au cardinai Marcello Cervino.

Enfin, la carte de Michel Lok, faite à Londres en 1589, avec des éléments empruntés en partie à la mappemonde de Giovanni da Verrazano.

Mais il faut rattacher 4 cette série les mappemondes elliptiques ajoutées par Battista Agnese, de Venise, à la plupart de ses atlas. Elles sont à l'égard du nouveau monde absolument verrazaniennes pour les contours. Le cartographe, cependant, a omis les légendes destinées, dans les autres cartes de cette famille, à indiquer l’exploration faite par Giovanni da Verrazano et l'attribution que ce dernier fit à la France du continent septentrional de l'Amérique.

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Au commencement du présent travail, nous avons émis l’opinion que les cartes verrazaniennes n'étaient qu’une modification de celles de l’hydrographie dieppoise. Les cartes de cette provenance continuèrent à reproduire ses contours originaux, Il est possible, et même probable, que, de 1526 à 1534, elle ait tenu compte du voyage de Verrazano; mais tout porte à croire que les légendes se rapportant à cette exploration disparurent pour faire place à celles qui concernaient les expéditions de Jacques Cartier.

Les cartes des hydrographes dieppois qui nous sont parvenues maintiennent la séparation absolue du nouveau monde de l’ancien, et sans jamais reproduire l’étranglement au nord de la Floride qui est le signe distinctif de la cartographie du navigateur florentin et de ses imitateurs. On doit néanmoins les citer à cette place, puisqu'elles dérivent du mème prototype, et que nous possédons au moins un exemplaire où la légende Terra francescu en fait une carte verrazanienne. Il est même certain que c’est cette désignation qui a inspiré le nom de Terre franceze qu'on lit dans la mappemonde de Desliens de 15%1, D'autre part, le nom de la Nouvelle France,

1. Carlographia Americana Vetustissima, n° 216, dans notre Discovery of North- America, pp. 607-609,

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