CHAPITRE XIX
Continuation des expériences de miss Ophélia.
— N'attelez pas, ïom , je ne veux pas sortir, dit Evangéline.
— Pourquoi , miss Eva ?
— Ces misères me déchirent le cœur; je ne veux pas sortir. \ ces mots, elle rentra dans la maison.
Quelques jours après, une autre femme vint à la place de la vieille Prue aj>] orter les biscottes. Miss Ophélia était dans la cuisine.
— Mon Dieu! s'écria Dinah, qu'est devenue la mère Prue?
— Elle ne reviendra plus, dit la femme d'un ton mystérieux.
— Comment! est-ce qu'elle est morte?
— Nous n'en savons rien, elle est en bas, dans la cave, dit la porteuse en jetant un coup d'oui sur miss Ophélia.
Lorsque celle-ci eut pris les biscottes, Dinah accompagna la porteuse jusqu'à la porte.
— Qu'a donc la mère Prue? Voyons, confiez-moi ça. La femme avait envie de parler; cependant elle hésitait.
— \ uns ne le direz à personne, répondit-elle à voix fasse : Prue s'esl encore enivrée; on l'a enfermée dans la cave, et on l'y a laissée toute la journée, On assure que les mouches se sont mises après elle, et qu'elle est morte.
Dinah leva les mains au ciel; en se retournant, elle vit à son coté r.vaneélinc, dont les grands yeux mystiques étaient dilatés d'horreur, et dont le sang avait abandonné les lèvres et les joues.
— Dieu nous garde! miss Eva .^'évanouit! A ussi, à quoi bon débiter
de\ anl elle des cllO es si lerrildes ?
— .Je ne m'évanouis pas, dit l'enfant d'un ton ferme; pourquoi n'entend rais-je pas ces. çhoses-lh? .le suis aussi capable de les entente la pauvre Crue l'a été de les souffrir,