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Etiologie succincte
Qu'est-ce d’abord que la nymphomanie ? M. le Professeur Cadéac la définit ainsi : une exacerbation anormale des fonctions génitales chez nos femelles domestiques. Les vaches atteintes de cette affection sont désignées sous le nom de taurelières, le terme de nymphomane étant réservé pour les juments. Suivant les régions,. ce terme peut d’ailleurs varier, désignant toujours le même état pathologique : la ribaude de Villain, la brute de Bourdon, la taure de Varron ne sont que trois termes synonymes.
Dans ce court chapitre de l’étiologie, nous considèrerons des facteurs occasionnels et des facteurs déterminants. Parmi les premiers, l'âge avancé a été incriminé par nombre d’auteurs : ce serait en fin de carrière, en effet, vers la huitième ou dizième année que beaucoup de vaches deviendraient taurelières. Cependant nos observations ne nous ont pas permis de vérifier complètement cette hypothèse. Sur une trentaine de cas environ observés, trois vaches seulement ont dépassé l’âge de neuf ans. La plupart sont atteintes après leur quatrième ou cinquième veau,
Ne
c’est-à-dire entre cinq et sept ans. Nous citerons même, cas exceptionnel croyons-nous, une jeune génisse devenue taurelière à vingt-six mois et porteuse sur ses deux ovaires de kystes du volume d’un gros œuf de poule. Néanmoins, nous ne voulons pas de ce petit nombre relatif d'observations en déduire catégoriquement la non influence de l’âge avancé.
L'alimentation abondante a été incriminée également : ce sont les animaux fortement nourris, à tempérament sanguin qui deviennent bien à coup sûr les premières victimes de la maladie.
Nous insisterons aussi sur la vie permanente à l’étable : elle a une influence des plus nettes. Dans notre région, pays non de pâturages, mais de culture des céréales et des prairies artificielles, où par conséquent les vaches sont rarement conduites aux champs, la maladie est relativement fréquente; nous comptons en moyenne cinq à dix pour cent de l’effectif bovin atteint chaque année.
Ajoutons encore une prédisposition tenant à la race : les vaches de race montbéliarde et normande seraient le plus particulièrement frappées.
Enfin, la nymphomanie serait héréditaire dans une certaine mesure : nous n’avons pas eu l’occasion de le vérifier.
En résumé, tous ces facteurs n’agissent évidemment que comme causes prédisposantes, rendant l'organisme plus ou moins réceptif à l'apparition de la maladie. Si dans nombre de cas, elles peuvent être vérifiées, souvent aussi il est difficile de les distinguer des causes déterminantes.