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Ces dernières sont nombreuses. La nymphomanie est presque toujours déterminée par une lésion des organes génitaux. Ecoutons la longue énumération de M. le Professeur Cadéac, puis nous mettrons en évidence celles de ces causes que nous considérons. comme devant être le plus fréquemment incriminées.
Notre Maïtre accuse : l’inflammation, la dégénérescence kystoïde, l’hypertrophie, les tumeurs cancéreuses, sarcomateuses et tuberculeuses des ovaires, la vaginite chronique, l’endométrite chronique, les obstructions du col, les tumeurs, changements de rapport, l’atrophie et l’hypertrophie de lutérus ; enfin des polypes vaginaux et des oxyures habitant les voies génito-urinaires ont été signalés. .
De cette longue énumération, nous pouvons affirmer que chez la vache, la lésion la plus fréquemment rencontrée est la dégénérescence kystoide des ovaïres. Toutes nos opérées, à l’exception d'une seule, étaient porteuses de kystes ovariens de grosseur différente, atteignant en général un volume intermédiaire entre celui d’une noisette et celui d’un œuf de poule, voire plus gros encore. Souvent aussi, un seul ovaire était atteint, l’autre entièrement sain ou ne présentant que quelques petits kystes d’un volume insignifiant. Sur une seule de nos opérées, nous avons constaté la présence sur un ovaire d’une tumeur macroscopiquement d’origine cancéreuse, la malade ayant été tuberculinée avant l’opération. En effet, les cas de tuberculose des ovaires provoquant la nymphomanie ne sont pas rares. Nous les avons plusieurs
fois constatés à l’autopsie de vaches taurelières non castrées, parce qu'ayant réagi à la tuberculine. C’est pourquoi nous n’avons jamais opéré une vache sans l'avoir au préalable tuberculinée. Bien des insuccès enregistrés dans la castration des vaches laitières peuvent être attribués à la tuberculose. Pourquoi n’en serait-il pas de même en ce qui “concerne la vache taurelière ? |
Symptomatologie
Nous rangerons. les symptômes de l'affection sous trois chefs : ceux d’ordre général, ceux d’ordre anatomique, ceux d’ordre physiologique.
Les premiers sont des plus nets et les propriétaires le plus souvent ne s’y trompent guère. Le début est marqué par des chaleurs répétées régulièrement toutes les trois semaines ou même tous les quinze jours, mais qui se prolongent plus que de coutume, et qui, malgré des copulations successives, ne sont - jamais suivies de conception. D’autre part, ces chaleurs semblent revêtir une plus grande intensité que normalement. Pendant leur durée, le caractère des malades change d’une manière appréciable.
A l’étable, pas de repos, un continuel état d’inquiétude, des piétinements répétés, une agitation parfois extrême, des beuglements à timbre particulier, tantôt prolongés et sourds, tantôt brefs et sonores rappelant ceux du taureau. Tels sont les premiers symptômes qui indiquent chez les malades un besoin intense de satisfaire leur appétit génésique. Puis très vite, ces premiers signes prennent de l’ampleur et de
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la fréquence : la vache est pour ainsi dire continuellement en chaleur; l’œil devient hagard et brillant, le regard fixe, la pupille dilatée, l'allure sauvage ; les beuglements espacés et sourds du début deviennent plus fréquents et plus forts; ils se font entendre dès le moindre changement dans l’étable : un bruit insolite, l'entrée d’une personne inconnue, d’un chien suffisent à les déclancher. La malade gratte sans cesse le sol de ses membres antérieurs, repoussant en arrière toute la litière.
En liberté, soit aux heures de l’abreuvement, soit au pâturage, la vache taurelière sème le désordre parmi le troupeau. Elle court immédiatement sur ses compagnes, les chevauche, leur distribue maints coups de corne, prend la tête du troupeau l’entrainant en des courses éperdues, enfin dans des crises de surexcitation extrême, peut même attaquer l’homme. Ce tableau quelque -peu impressionnant permet de prévoir facilement les résultats qui seront étudiés dans un autre paragraphe.
Parmi les symptômes du second ordre, il est important de citer une modification anatomique dont il n’est pas fait mention dans les ouvrages déjà anciens et qui pourtant ne manque jamais. C’est Champagne, vétérinaire à Montmirail, qui, dans un mémoire adressé à la Société Centrale de Médecine Vétérinaire, un des premiers a attiré l’attention sur la forme que prend le ligament sacro-sciatique : son bord postérieur devient plus concave et plus tendu; il en résulte de chaque côté de la base de la queue, une dépression plus ou moins profonde suivant l’état
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d'ancienneté de la maladie. C’est bien à notre avis un signe important et qui, nous l’avons dit plus haut, ne fait jamais défaut. C’est là, concurremment avec les autres symptômes, la signature de la nymphomanie et le paysan ne s’y trompe pas quand il dit : « Ma vache se casse ». Il s’agit bien, en effet, d’une cassure apparente semblable à celle des vaches gestantes sur le point de mettre bas.
Enfin, progressivement et en même temps que se poursuit l’évolution de la maladie, l’aspect extérieur du corps de la malade se rapproche de plus en plus de celui du mâle : à mesure que le train postérieur s’émacie, les muscles du train antérieur et de l’encolure prennent de l’ampleur et de la puissance.
En dernier lieu, viennent s’ajouter deux autres symptômes d'ordre physiologique qui ne sont que la conséquence inévitable de cet état de déséquilibre intense de l’organisme de la vache taurelière. L’appétit dès le début est devenu capricieux; aussi parallèlement la sécrétion lactée baïsse-t-elle très rapidement. En quelques mois la quantité peut diminuer de plus de moitié. Elle devient quasi nulle de quatre à six mois après l’apparition des premiers symptômes.
Enfin, la malade s’amaigrit de plus en plus, peut même: aboutir à la cachexie, n’ayant plus pour tout soutien que la surexcitation excessive de son organisme en délire.
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Des inconvénients inhérents à la possession d’une vache taurelière
Ce chapitre sera bref, tant ces inconvénients sont évidents après l’étude des symptômes. Ils se traduisent tous en pertes pécuniaires importantes pour le propriétaire, pertes résultant des accidents divers occasionnés par les malades, de la sécrétion presque nulle d’un lait impropre à l'alimentation humaine, de leur amaigrissement progressif et de la production d’une viande de qualité nettement inférieure.
Les accidents dûs à la présence d’une vache taurelière dans une étable suffiraient à eux seuls à rendre nécessaire l’opération de la castration. Souvent des plus dociles avant l’apparition de la maladie, la ribaude change progressivement de caractère. Elle prend rapidement les allures du taureau. Tous ces symptômes nous sont connus : elle devient inabordable, impossible à conduire, des plus dangereuses pour les autres animaux de l’étable. L'homme lui-même est bien souvent à la merci de cet organisme névrosé. Aussi que de soucis pour le fermier; son attention ne doit cesser d’être en éveil. Malgré cela, ce sont des chutes et l'avortement chez les femelles en état de gestation avancée, des hernies
abdominales, des fractures, en un mot, tout le cortège d’accidents fatals en pareille occasion.
Personnellement, nous citerons comme victimes de la folie de ces vaches taurelières : de multiples avortements, un cas d’étranglement à létable par la chaîne d’attache, un cas de hernie abdominale chez une vache gestante de huit mois et enfin deux cas de déchirures vulvaires occasionnées par des coups de corne.
Cette courte énumération est assez éloquente en elle-même, Tous les confrères vétérinaires peuvent assurément citer des exemples analogues, résultats des méfaits causés par une vache taurelière mise en liberté parmi ses compagnes, soit par inadvertance du fermier, soit par rupture des moyens d’attache de la malade.
Et pourtant le remède existe, d’une efficacité absolue : c’est la castration. Dans nos observations, nous n’avons enregistré aucun insuccès : l’opération a loujours influé heureusement sur le caractère des malades. Cette étude sera l’objet d’une autre chapitre.
Cette première série d’inconvénients n’est pas la seule. Parallèlement à l’évolution de la maladie, la sécrétion lactée diminue progressivement : nous avons opéré l’année dernière une excellente laitière - normande devenue taurelière, dont le rendement laïitier journalier de dix-huit litres est tombé, en moins de six semaines, à trois litres. Cette vache ne constitue cependant pas une exception; toutes les taurelières perdent leur lait plus ou moins rapidement, il
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est vrai, mais on peut affirmer en moyenne que toutes, six mois après l'apparition de la maladie, ont un rendement absolument négligeable.
D'autre part, si la quantité baisse, la qualité devient nettement inférieure : c’est un lait qui change progressivement de couleur; au lieu de blanc crémeux, il devient de plus en plus bleu, ne monte pas à l’ébullition, est impropre à la fabrication des beurres et des fromages. Il est vraisemblable qu’une analyse chimique montrerait un abaïissement considérable du taux des matières grasses.
Enfin, la vache taurelière constamment tourmentée voit son appétit diminuer : elle gaspille plus d'aliments qu’elle n’en consomme; tous les principes nutritifs contenus dans ceux ingérés sont déviés de leur destination normale; au lieu de se fixer dans les mailles du tissu conjonctif inter-cellulaire pour former la graisse ou dans la mamelle pour donner le lait, ils ne servent qu’à entretenir et augmenter une ardeur génitale sans cesse croissante. Aussi peu à peu, la malade s’amaigrit. La fibre musculaire, elle aussi, est atteinte : ce sont d’abord les quartiers postérieurs qui s’émacient en premier lieu, puis toute la musculature s’atrophie, à l'exception de quelques muscles de l’encolure et du train antérieur qui restent tels.
Puis progressivement la maladie plonge la bête atteinte dans un état de marasme et de déchéance organique tels, que sa viande prend des caractères tout à fait particuliers : elle se présente à l’inspecteur de boucherie beaucoup plus rouge que norma-