CH
L’énol de la cyclohexanone est donc très instable. Sa durée d’existence est assez longue, néanmoins, pour permettre de le saisir et de l’étudier.
Action de l’iode sur le mélange céto-énolique de Cyclohexanone
Au début de notre étude (1), dans nos dosages par l’iode des produits de réduction, nous avons été amené à émettre l’hypothèse de la fixation d’une molécule d’iode sur la double liaison énolique.
Nous avons pu vérifier ce fait sur le mélange céto-énolique, en se plaçant dans des conditions semblables à celles de nos dosages. L’iode est absorbé assez rapidement, et il semble que l’on puisse en tirer une méthode de dosage de la forme énolique existante. Mais la fixation de l’iode n’étant pas instantanée, il est vraisemblable qu’il se produit en même temps une tautomérisation partielle de la forme énolique (?).
On sait en effet que Meyer recommande le brôme pour le
(1) Cf. page 73.
(2) Savard : Loc. cit.
dosage des énols (1). Il est nécessaire d'opérer à -80 ou-100 pour diminuer l’action tautomérisante du brôme, et d’ajouter immédiatement du $ naphtol qui s'empare de l’excès de brôme pour donner un composé stable (2).
Il convient de rapprocher ce fait d’une constatation analogue faite par MM. Job et Reich (3). Ces auteurs ont constaté la fixation de 2 atomes d’iode sur les solutions d’énolate zincique. En reprenant par l’eau, le zinc se détache à l’état d’iodure de zinc et la molécule organique reste dans la solution éthérée, combinée à un seul atome d’iode. Ces dérivés iodés obtenus ont tendance à libérer spontanément de l’iode. Ils réagissent sur l’iodure de potassium en libérant 2 atomes d’iode de la même façon qu’un éther hypoïodeux :