LA CATAPLEXIE DU RÉVEIL
Il existe une variété particulière de la cataplexie qui se produit uniquement le matin, au moment où je malade se réveille après un rêve angoissant ou non.
Lhermitte et Tournay écrivaient (1927) : « Immédiatement après le réveil matinal, alors que la conscience est parfaitement éveillée, le sujet, bien qu'il en ait le désir et la volonté. se trouve comme paralysé. dans l'incapacité de relever les paupières, d'ouvrir à bouche et de faire aucun mouvement des membres. Cet état s'accompagne d’une impression d'angoisse diffuse et extrêmement pénible. »
En 1928, Lhermitte et Dupont en publiaient deux observations. Wilson retrouve cette description chez nombre de ses malades. Nous avons vu déjà (au chapitre Symplomatologie) qu'un malade de ce dernier auteur présentait cette cataplexie du réveil. Il était intéressant d'isoler cette forme clinique, puisqu'elle se produit toujours dans les mêmes conditions et, comme le fait remarquer Lhermitte, cette variété de cataplexie est pure et ne s'accompagne jamais d'attaque narcoleptique, sauf peut-être dans le cas de Brock.
Rosenthal, en 1928, ignorant sans doute cette variété clinique de la cataplexie, appela « Wachanfälle » les crises que présentait sa malade n° 7. Il s’agissait d’une femme non narcoleptique qui, s’éveillant d’un sommeil profond, restait quelques instants dans l’impossibilité complète de se mouvoir, de parler, bien que pleinement consciente.
Il y a plusieurs années, Weïrmitchel décrivit ce phénomène qu'il appela « parésie ou paralysie nocturne ».
4° SYNDROME DE GÉLINEAU.
Au début de ce travail, nous avons attiré l’attention sur ce fait que la cataplexie à l’état isolé est relativement rare, que le plus souvent on la trouve associée à la narcolepsie, formant le syndrome décrit pour la première fois par Gélineau (voir chapitre Historique). Jusque vers 1928, le syndrome cataplectique paraissait tellement lié à la narcolepsie qu'il semblait impossible de l’en séparer au point de vue nosologique (Lhermitte, Redlich, Adie). On ne connaissait alors que la cataplexie associée et alternant avec la narcolepsie, c'est donc, somme toute, la forme clinique de cataplexie la plus courante. L'attaque de sommeil précède généralement la perte de tonus statique, l’une et l’autre étant déclanchée indifféremment par une émotion.
Il existe d’ailleurs entre la cataplexie et l'attaque de sommeil tous les intermédiaires. C’est ainsi, comme le fait remarquer Lhermitte, que le début de la perte de tonus peut être annoncé par une sensation de fatioue et qu'il peut y avoir même un certain degré d'obnubilation de la conscience. « Si la vision, l’audition et la mémoire ne sont pas complètement abolies, ces facultés sont néanmoins très affaiblies. »
Diagnostic différentiel
Ayant le plus souvent à faire un diagnostic rétrospectif basé sur J'interrogatoire du malade et de son entourage, le médecin devra avoir présent à l'esprit toute une série de syndromes qui s’accompagnent de chute.
Tout d'abord et pour l’éliminer, nous citerons la syncope qui comme la cataplexie, peut succéder à une émotion. Mais les signes de la syncope (perte de connaissance, arrêt des mouvements respiratoires, etc...) sont suffisamment nets pour qu'il nous soit permis de ne pas insister davantage.
Généralement le diagnostic est également facile avec la simulation, car les crises cataplectiques surviennent dans des circonstances quelconques et quelquefois dangereuses pour le patient. k
Dans le vertige d'origine auriculaire comme dans notre affection, la chute est brusque et inopinée ; elle est parfois précédée d'une aura constituée par des bourdonnements ou des sifflements. Mais le malade tombe toujours du même côté et en l'interrogeant il racontera qu'avant la chute il voit les objets tourner
autour de hi.