VOYAGE A ANAGNI
Aldobrandini et que protège un château crénelé de la fin du xvi* siècle. L'on stationne pour la première fois au quinzième mille, à cette terre princière qui a donné son nom a l'illustre famille Colonna. De l'ancien «Labicum», point de départ de la « via Labicana - , il ne reste que le souvenir. On m'avait recommandé, s'appuyant sur un vieux proverbe italien de ne pas me mettre en route un vendredi. Je reconnus toute la sagesse de cet avis, car, à raison de l'abstinence , je dus me contenter d'un fort mauvais dîner, dans une « osleria » pour laquelle le terme de ■ cabaret » serait encore trop noble. Le compte de la dépense me fut présenté au revers d'une feuille de papier où , jetant les yeux par hasard, je lus une supplique adressée au saint Père, le 10 juin 1835; cette supplique était revêtue de la signature d'un vicaire général de Cap, avec les armes de l'évèché et le sceau du secrétariat. Inutile de dire qu'une telle pièce n'est pas de celles que l'on déchire, et que la nouveauté et la curiosité du fait ne me firent pas moins de plaisir qu'un excellent dîner. A la • Colonna •, le pays commence à être cultivé. Les vignes y alternent avec les plantations de roseaux et les champs de maïs. Quelques milles plus loin, avant Lugnano (tLongcianum.), sont les belles carrières de silex, où Rome s'approvisionne pour l'entretien de ses grandes roules et de ses rues. Pittoresquemcnt situé dans une gorge de montagnes, Lugnano est humide , malsain et misérable. Les femmes y travaillent la terre, maronnent, apprêtent le chanvre, tandis que leurs maris, nonchalamment assis sur l'herbe ou fumant leur pipe, regardent d'un air hébété le feu qu'ils ont allumé au pied des arbres pour s'épargner la peine de les scier. Déjà l'on aperçoit, au milieu des châtaigniers, Valmontonc*, que Grégoire XVI, en I8'»3, anoblit du titre de cité, « citta ». Elle garde, du temps de la féodalité, ses portes en ogive et sa ceinture de murailles flanquées de tours rondes. Sa population va de deux à trois mille âmes , comprises sous la juridiction de deux paroisses, Sainte-Marie-Majeure et Saiiit-Étienne; elle relève du diocèse de Scgni. La collégiale de Sainte- Marie fut construite p ir les princes de la maison Pamphili , sur le modèle de leur église seigneuriale de Sainte-Agnès, a lu place Navono de Rome, en 1651, époque à laquelle Camille Pamphili et Jean -Baptiste, son fds, ayant acheté au cardinal François Barberini, pour la somme de six cent quatre-
xiir siècle dan» sa splendeur, maintenant oxiliï, tout fracassé de* «ecousa» du voyage, dans le palaia vide de Saint-Jean -de-Lulran.
4. « Ne di venere ne di marte, — Non si «posa non si parte ».
t. Dan» le litre de pnrtage fait entre lu Colonna de leur* Gela, en Valmontono est
nommé « Twiimentum Vallis-MonUmi* ».
vingt-sept mille deux cent quatre-vingt-dix-huit écus 4 , les terres de Valmontone, aujourd'hui encore fief de la même famille, Lugnano, Montclanico et Pimpinara *, élevèrent le grand et magnifique palais attenant a l'église qui dtuninc toute la ville. J'ai copié sous le portique de ce palais les deux inscriptions suivantes; je les mentionne, quoique païennes, à cause des observation* auxquelles elles fournissent matière. Voici la première :
AVHELUB IVLIAK BLAMAS COIVGI
ANIMAS BO*AB SAtICTISSf MAE
Voici la seconde :
MIMENIVS QW CIXrT I KAL IDRBTIIODOBOSOÎIS