‹ La cathédrale d'AnagniChapitre 33 sur 51 · I. — DE LA MITRE · texte numérisé non relu

I. — DE LA MITRE

La mitre est de droit, dans les solennités, la coiffure des évôqucs et des abbés, et, par concession, des cardinaux, des chanoines de certains chapitres privilégiés, comme celui des cathédrales de Naples et de Milan, et des protonotaires apostoliques

La plus ancienne mitre connue serait incontestablement celle que possède à Rome l'église de Sainl-Martin-dos-Monts, s'il était possible de prendre au sérieux la tradition qui donne cette mitre comme celle offerte par l'empereur Constantin au pape saint Sylvestre. Hugues Ménard ! , Onuphre Panvinius et le cardinal Bon» ne font pas remonter l'adoption de la mitre au delà de l'an 1000. Cependant, dès 83T>, Théodulphc, évèque d'Orléans, la mentionne assez clairement dans ces trois vers :

Auroii pontificis ritincbut lamina fronlem, (Juiv Lis bimis a|*-\ iiomcn herili» dabat; llliu? ergo caput ivsploiHliwis tnilni logebal.

Mabillon, dans sa préface au v siècle bénédictin, nous fournit le commentaire de ces vers :

• Ex quibus verbis quadrifidam olim fuisse mitram episcopalem non nemo forsan colligeret : at adverbimn numericum, bis, non cadit in adjectivum binus, sed in verbum dabat ; ita ut sit sensus : Binus apex bis dabat herile nomen ; nempe jus, ut puto, quod vocant spirituale et temporale. »

Voici donc, dans les deux cornes de la mitre, une double puissance indiquée. Sera-ce, comme l'a prétendu dom Tosti, pour la double couronne de la tiare des papes, une marque non équivoque de pouvoir spirituel et

I. » Novem autrui sunl ornarwinUi gpccialia pontiflcum, viddicel : caliga?. sandalia. succinotorium, tunica, dalmalica, mitm, chyrolhoca», annuluset baculus ». — Iknuc. ni, «de sacriflcio Missfr n, lib. i, cap. 10.

t. « Exifttimo, vix ante annum post Christum nalum millosimum, milra usum in Ecdcsia fuisse ». — « Li libr. Sacramenl. » S. Gbhoowi Ma<.\i.

temporel? Mabillon l'affirme. J'aime mieux le symbolisme que lui attribue, au \ir siècle, saint Bruno, évèque de Ségni :

« Mitra, qua? linca est, castitatis odorem munditiamque signifient.... Hoc uutem oriiamcntum multum crat capiti necessarium, quia ibi sunt quinque corporis sensus, quibus corruptis facile castilas violatur. Mox ne ergô sensus corporis episcopi violenlur, merito mitrâ caslilalis ejus eaput ornatur 1

Ce texte menlionne la seule « mitre de lin ». Maintenant encore, en présence du pape, les évèqucs assislanls au trône n'en portent pas d'autres. Ce lin signifie la bonne odeur et l'éclat de la chasteté; féveque en fait un ornement qui couvre et préserve les cinq sens de sa tète, sens fragiles et impressionnables, par lesquels le parfum pourrait s'évaporer et la blancheur se ternir.

Le pape, évèque de Rome, officie pontificalcment et assiste aux chapelles avec la initie; la tiare est exclusivement réservée, comme symbole d'autorité, aux processions et aux bénédictions les plus solennelles. Innocent III en expliquait ainsi la raison, aux premières années du xin' siècle.

. II. Pontifex in signum imperii utitur regno, et in signtim pontificii ulitur mitrrt. Sed mitrA semper utitur et ubique; regno veio nec ubique neque semper, quia pontilicalis auctoritas et prior est et dignior et diffusior quàm imperialis. Kcclesia in sigmim temporalinm dédit mihi coronam : in signum spirittialium contulit mitram. Mitiam pro sacerdulio, coronam pro regno : illius me conslituens vicaiiiiin, qui haln-t in vestimenlo et in femore scriptum : llcx regum et dominus dominaulium 2 ».

Les eérémoniaux du moyen âge distinguent deux sortes de mitres, la mitre • simple » et la mitre « à orfrois ». L'orfroi s'applique de trois manière*: verticalement, en * titre •; horizontalement en « cercle » ; en • litre • et en « cercle » à la fois. « Prima est albn totn ; altéra de auriphrygio in titulo, sine circulo ; tertia auriphrygiata in circulo et in titulo . s . La mitre a double orfroi sert pour les fêles, excepté en temps de pénitence et de deuil. Celle dont l'orfroi est en « titre » figure dans les consistoires et les jugements: l'orfroi suis perles s'emploie aux fériés. La mitre blanche est affectée aux dimanches et a l'Avent.

i Aurifrixiata in circulo et in titulo utitur in officiis diebus festivis et aliis, excepto a Septuagesima usque ad Pascha, et ab Adventu usque ad Natale et quando cantat pro defunctis. Et ratio, quia coronam représentât, et activas et

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