‹ La cathédrale d'AnagniChapitre 35 sur 51 · I. • Oremon. » de Grégoire x · texte numérisé non relu

I. • Oremon. » de Grégoire x

t. «Ordre Romain • du card. Gaetani, sous Bonifoce VIII-

G* CATII ÈDIULE D'ANAGNI.

comme relique de saint Charles Borromée dans son église titulaire de Sainte-- Praxède, tient le milieu entre la forme fixée par la tradition et la forme actuelle complètement dénaturée. Laissant celle dernière, le choix n'est pas diflicile.

La mitre moderne, ajoute-t-on, est plus majestueuse. Question de goùL Mais alors si la majesté est proportionner- a la hauteur de la mitre, quelle extension ne sera-t-il pas possible de donner à cette majesté? L'un en voudra plus et l'autre moins; quant aux brodeuses, elles n'en trouveront jamais trop.

La mitre actuelle emprisonne la tèle dans un étui de gros carlon, jugé nécessaire pour la maintenir dans sa rigidité. Lourde, elle écrase et fatigue le dignitaire qu'elle n'embellit pas, mais qu'elle fait suer. Je demande pardon d'entrer dans ces détails dont chacun peut vérifier l'exactitude. Voici dans toute sa simplicité la façon d'une mitre du x ni" siècle : une feuille de parchemin, cousue entre deux morceaux de soie, dont l'un, brodé, revêt l'extérieur et dont l'autre, uni, joint les deux cornes en se modelant sur le triangle qu'il contourne et dont se forme la coiffure intérieure. Avec de pareilles mitres, souples et légères, la longueur des processions ou des oflices n'est plus à redouter.

L'élégance ressortira de la description suivante des mitres d'Anagni : I* Mitre de laine blanche. Les fanons droits sont frangés de rouge. Commencement du xnr siècle.

"2* Mitre blanche, également de laine, à oifrois brodés en « litre » et en • cercle ». Tra\oil byzantin du xii -\ur siècle. Sur le fonds noir de l'orfroi se détachent, avec les vives couleurs de la laine et de l'or, dans des médaillon» alternativement losangés ou circulaires, des effigies de Saint.*. A la partie antérieure et en • titre ■, le Christ bénit et tient le livre de vie. Il est accompagné a droite et à gauche d'une fleur de lis. L'orfroi en « cercle • détaché par le prince Massimo, m'ont assuré les chanoines, figure aujourd'hui dans sa collection. Si le fait est \rai, on ne saurait trop protester contre une semblable mutilation, faite d'ailleurs sans autorisation capitulaire.

Au revers, Marie, MIN» ÛV, prie les bras ouverts et étendus. Plus bas, un saint bénit et montre le livre des évangiles. Deux anges les regardent et les assistent ; ils ont à la main une fleur de lis. Tous ces petits sujets, où les personnages ne sont vus qu'a mi-corps, sont traités avec beaucoup de finesse, selon les règles ordinaires de l'iconographie chrétienne.

3° Mitre de soie blanche, doublée de soie rouge.

L'orfroi la partage en « titre » et en • cercle ». C'est un simple galon d'or très-étroit, où l'on distingue encore parfaitement la place qu'occupaient autrefois les cabochons. Sur un semis de fleur de lis et de croissants d'or, par

LE TRÉSOR. 65

allusion peut-être aux armoiries du donateur, saint Thomas de Cantorbéry occupe le côté droit de l'orfroi, et saint Nicolas le côté gauche. On les reconnaît à leur nom écrit à la hauteur de la tète : tuomas. — mcholavs. Le

s\nctis est ici oublié, tout aussi bien que le nimbe. Les deux évoques, vêtus pontificalement, bénissent à la manière latine. Au revers, le semis est d'étoiles et de croissants d'or; des deux personnages imberbes, l'un se nomme saint Jean l'évangéliste (ioiivwes). Aucun signe particulier ne caractérise le second.

Deux fanons, longs et élargis à l'extrémité inférieure, sont attachés par derrière. De soie blanche, ils sont brodés, comme la mitre, de fleurs de lis et de croissants d'or. J.cur longueur peu commune s'explique par l'usage de les ramener en avant, usage constant selon les monuments romains et que parait avoir ignoré dom Tosti dans cette phrase de son histoire du pontificat de Boniface VIII : • A son couronnement, dit-il, on plaça sur sa tête une mitre a deux pointes, qui laissait tomber à droite et à gauche sur ses épaules les saintes infuies »

L'écriture, qui tend ù la gothique ronde, cl la raideur des personnages me font attribuer cette mitre à la seconde moitié du xin' siècle.

W Mitre blanche, sans parchemin, mais renforcée de grosse toile. L'orfroi de soie rouge, autrefois rehaussé (le perles et de paillettes, est bordé d'un galon d'or. Il est mis en • tilre » et en « cercle », et en médaillons circulaires de chaque côté du « titre ». Les fanons n'existent plus. Nous sommes ici aux dernières années du xiif siècle, peut-être même aux premières du XIV.

Page 1