‹ La cathédrale d'AnagniChapitre 39 sur 51 · IV. — DE LA BOURSE · texte numérisé non relu

IV. — DE LA BOURSE

La bourse est destinée à recevoir le corporal plié. J'ignore si celles de lu cathédrale d'Anagni sont authentiques. J'en parlerai néanmoins à cause des broderies qui les revêtent. Leur dimension est à peu près celle des bourses actuelles : carrées , elles se composent de deux morceaux d'étoffe doublés dt* forte toile , cousus sur trois côtés et ouverts en avant pour donner entrée au corporal. Le caractère de la broderie pourrait les faire assigner aux xir, xnr et xiv siècles.

I. — La plus ancienne, d'origine grecque, est bordée d'argent. Le fond en est rouge. Sous trois arcs cintrés , supportés par des colonncttcs , saint Grégoire , saint Basile et saint Nicolas bénissent à la manière grecque et tiennent de la moin gauche les saints Évangiles. Tous les trois sont nimbés et ont la tête nue. Saint Grégoire porte seul le pallium. Leurs noms sont écrits en lettres grecques , suivant cette disposition :

BA

NI

KO

AE

rpii

OC

OC

ro

pi

Saint Pierre auroit-il rapporté de Constantinoplc cette étoffe byzantine? Ses longs voyages et son séjour à la cour rendraient plausible cette hypothèse.

IL — Cette seconde, de travail grec comme la précédente, est partagée en trois compartiments. Dans celui du milieu, le Christ, c x, bénit et tient le livre de la vie, de la lumière et de la vérité. Il domine la croix et une téle encadrée dans un quatre-feuilles , peut-être le cosmos des Byzantins. Par une inversion assez bizarre et qui ne s'explique que par le rapprochement des diverses pièces dont est formée cette bourse, la Vierge chaussée, mup, cède la droite à un saint qu'il serait difficile de nommer, tandis qu'elle reste humblement 6 la gauche, elle la mère de Dieu.

III. — A la troisième, une croix d'orfroi est appliquée sur un fond rouge. Pour tout ornement, quelques flammèches aux angles du carré.

IV. — Sous une arcade ogivale, entourée d'une torsade et bordée de rinceaux verts, saint Joseph, pieds nus (particularité curieuse) et nimbé, conduit l'âne qui porte en Égypte la Sainte Famille. Derrière suit un personnage, les

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mains suppliantes. Ce morceau, du môme style que l'ornement de Boniface VIII, ne proviendrait-il pas de I' « aube parée » que mentionne l'inventaire de ce pontife : • Item alia ulba cum pectorali ad aurum cum imagine béate Virginis fugientis in Egyptum »?

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