‹ La cathédrale d'AnagniChapitre 44 sur 51 · Cantic. canlic. », c. i, v · texte numérisé non relu

Cantic. canlic. », c. i, v

CATHÉDRALE D'ANAGM.

trant, non plus l'« arbre», mais une croix fleurdelisée, ces paroles que la croix répète encore à l'univers :

Heureux « celui qui trouve le fruit de l'arbre de vie », il possède un trésor - préférable à l'or et aux pierres précieuses »; au dernier jour, il ne périra pas.

C'en est assez : je reste sous le charme de ces dernières paroles. Plus tard, je l'espère, le directeur des * Annales» et moi rapporterons de l'opulente Anagni le dessin qui, malheureusement, nous fait défaut en ce moment.

l-es richesses archéologiques que je viens d'énumérer sont incontestablement de premier ordre. Je serais heureux si mes paroles avaient assez d'autorité pour décider quelque artiste à les publier. Tous ces vêtements, où l'art moderne pourrait puiser des inspirations, laissent bien loin derrière eux les étoffes, plus curieuses qu'utiles, reproduites à grands frais dans les « Mélanges d'archéologie et de littérature».

J'achève cet inventaire du trésor et de la sacristie par l'indication de quelques pièces d'orfèvrerie, de sculpture et de dévotion.

Chasse en cuivre avec émaux limousins champlevés, xiu' siècle. Saint Pierre, sa croix sur les épaules, veille à la porte de l'occident, et saint Paul se tient debout au chevet de la petite basilique. Sur la paroi nord, où souille le vent des frimas et de la mort, deux soldats fondent, le glaive levé, vers saint Thomas de Cantorbéry. Le saint archevêque, vêtu pontilicaleincut, célèbre à un autel : son calice est posé devant une croix à trois pieds. La main de Dieu le bénit. Au toit, enveloppé d'un drap mortuaire bleu, il reçoit la dernière bénédiction d'un évêque. Cette châsse, évidemment destinée h renfermer les reliques du saint martyr, contient aujourd'hui les corps de plusieurs saints Innocents. Saint Thomas est expulsé de l'oratoire où il avait prié et de la chasse qui avait recueilli ses ossements; en vérité, MM. les chanoines d'Anagni paraissent peu soucieux d'une de leurs gloires. — Le revers de la chasse est réticulé et semé de quatre-fouilles.

Cassette de vermeil, travaillée au repoussé; xui* siècle. Elle ne sert plus de châsse, depuis que l'on s'est aperçu que les versants du toit sont historiés de ciselures mythologiques fort légères. Ce coffret, carré long, a double versant et crête feuillagée. me paraît une boite de mariage.

Crosse émailléc, xn* siècle. La volute se termine par un dragon. La hampe e>t recouverte d'une feuille d'argent très-mince. On assure qu'elle u servi à

jiklior : kst : rn\r.r' : mevs : av»o : et :

i.apiok : PRtcioAo : qvi : me : invknemt..

mf :

LE TRÉSOR

l'évêquc saint Pierre. — Crosse en ivoire avec sa hampe ; la volute finit en tête de serpent.

Encensoir pyramidal d'argent, xiv* siècle. Le pied circulaire est semé de petites roses. Sur les huit pans de sa cassolette rampent des griffons à tête humaine, découverte ou encapuchonnée. La calotte a deux étages de hauteur. Au premier, chaque pan de l'octogone est percé d'une fenêtre, dont les deux baies en ogive tréflée sont surmontées d'une rosace dans le tympan, et d'un pignon aigu pour amortissement avec choux aux rampants. Des contre-forts, prolongés en clochetons, dissimulent la saillie des angles. Le second étage, en retraite sur le premier, s'arrondit en coupole. Des quatre-feuilles y donnent passage à la fumée de l'encens. La coupole a pour couronnement un fruit de la nature de celui qui forme le nœud du calice d'Hcrvéc, publié dans le volume ni des « Annales Archéologiques », page 206. Des lézards descendent vers les côtés. Cinq chaînes fixent la cassolette a la patère, qui affecte la forme d'un lis renversé et aplati, sur lequel courent des lézards.

Siège épiscopal en bois, fin du xni" siècle. Quatre colonnes trapues et à chapiteaux épannelés soutiennent le siège, sous lequel règne une arcature ogivale, l.'ne galerie à jour, de trois ogives posées sur des colonnettes, sert d'accoudoir. Des pommes sont sculptées aux bras et au dossier, un peu plus élevé que la partie antérieure.

Calice en or offert par Pie VIII, qui, étant vicaire général d'Anagni, annota les • Institutioncsjuris canonici» de son évéque Devoti *.

Reliques. — L'ostension solennelle se fait par un chanoine chapé, en présence; de l'évêque, le jour de l'Annonciation, a la messe et aux vêpres. Suivant l'usage de Rome, quand une relique est présentée à la vénération du peuple, un chantre lit à haute voix, en latin et en italien, le nom de cette relique et souvent son histoire. J'ai toujours remarqué une telle affluenec à ces ostensions, que ce me semble un moyen excellent et fort populaire pour exciter à la dévotion et à la confiance aux saintes reliques. Je ne m'arrête qu'aux principales :

Du voile de sainto Lucie, vierge et martyre. Ossements, vêtement et cheveux de saint Roch *. De la chair de saint Vincent de Paule. De la chair de saint Charles Borromée. Des vêlements des trois rois mages. Reliques des saints Innocents ». Chef de saint Pierre, évôquc d'Anagni. Partie du chef de

I . Cet ouvrage isl le seul adopté pour l'enseignement do l'université de la Sapicuce. i. V. mon « Année liturgique, à Rome », 16aoûl. 3. o lbid. », i8 décembre.

CATHÉDRALE D'ANAGM.

saint Magne *. De la peau de saint Barthélémy, trois doigts du même apôtre. Dent et os do .saint Mathieu. Bras et os de saint Jacques Majeur. Dent et relique de saint André; de sa croix. De la tête de saint Jean-Baptiste. Deux dents de saint Pierre, arrachées par Boniface VIII lui-même à la bouche du prince des apôtres. Le manteau et le bâton de saint Joseph. Du voile et de la chemise de la sainte Vierge. De la crèche, de la paille, des langes, du vêtement de pourpre et de la table de la Cène de Xotrc-Seigneur; de la pierre sur laquelle il était assis lorsqu'il parlait à la Samaritaine; de la pierre du Calvaire teinte de son sang (elle fut prise à l'endroit même où était plantée la croix); partie d'une épine et morceau insigne de la vraie croix. La tradition rapporte que ce morceau est c elui sur lequel Jésus-Christ appuyait sa tête pendant sa crucifixion. Il devait faire partie de la traverse de la croix, car on voit encore l'emplacement du clou qui l'assujettissait à la tige.

La salle du trésor, où reposent ces riches étoffes, ces reliquaires précieux, ces reliques vénérées, est un carré de deux travées ogivales, arrondi en absidiole a l'occident. De grosses colonnes, coiffées de chapiteaux a crochets, supportent les arcs-doubleaux. Les murs sont épais, les voûtes basses, les jours étroits ; cet appareil sombre et sévère, fortifié d'une porte à triple verrou, indique au voyageur ce que vaut un pareil trésor.

i. tl»nl. ■ . l'J .mut. Lis ivIi<iiii>- <lf HntiR- » (im|il<-tcnl ri'llt- il An.i.-:>i. !> ra|.|>nx-luim'Hl i-t jus-: l.icili' <|ii intrrosmt. Miv I Ann.f lilui^u|iic .

Page 1