‹ La cathédrale d'AnagniChapitre 7 sur 51 · Son corps est à la Cava · texte numérisé non relu

Son corps est à la Cava

piété des fidèles sur les restes sacrés de saint Magne. Platon , riche chrétien et tribun de la Campanie *, voulant les soustraire aux profanations d'un lieu abandonné, pensa a les mettre en sûreté dans la ville de Véroli, où il faisait sa résidence habiluclle. La translation fut accompagnée d'une pompe extraordinaire 2 . On déposa le corps dans la crypte de la cathédrale.

Vaincus par Landolphe, prince de Bénévcnt, et chassés de leurs Etats, les Calabrais appelèrent à leur secours les Sarrasins, qui vinrent effectivement, et l'Italie subit tous les désordres de la conquête. Repoussés de Rome par l'intrépidité du pape Jean X, Censi, uni au marquis de Toscane, Albéric, ils se ruèrent sur la campagne, portant de tous côtés la désolation et l'< firoi. Arrivés à Véroli, ils s'en emparèrent de vive force, massacrèrent les habitants et, las de carnage, firent de l'église cathédrale, sous le vocable de saint André, le lieu de leur campement, transformant en écurie l'église souterraine. Le lendemain matin, tous leurs chevaux étaient morts. Furieux et s'en prenant à saint Magne, qu'ils avaient jusque-là respecté, ils ouvrirent son tombeau et jetèrent ses ossements au vent. Muka, leur chef, sachant tout le parti qu'il en pouvait retirer, les fit recueillir et offrir pour une somme considéruble à la ville d'Anagni. Les habitants acceptèrent avec joie et , s'imposant pour acheter le corps de leur apôtre, envoyèrent un ambassadeur à Véroli chargé de remettre le tribut exigé. On leva donc ce* restes précieux; mais, à peine hors des murs, la chasse où ils étaient renfermés a s'échappa des mains de ceux qui la portaient et, tombant à terre, y demeura sans qu'il leur fût possible de l'en arracher. Affligés d'un tel prodige, les habitants d'Anagni prient agenouillés leur saint apôtre de se laisser emporter jusque dans l'intérieur de leur ville. Aux promesses réitérées qu'ils lui bâtiraient une église, toute difficulté cessa.

Cette translation eut lieu le 20 avril 914. Le diocèse d'Anagni en célèbre encore tous les ans, à la même date , la fête commémorative.

Né des princes de Salcrne, saint Pierre fut élevé chez les bénédictins de celte ville. Jeune encore, il professa leur règle, et leur fit alwndon de ses biens. C'est là que le vit pour la première fois le cardinal Hildebrand, alors légat du saint-

4. Mabillon, dans sou • Musxum Italicum • (pars ait., folio 54), prouve que l'Italie avait onoorc des tribuns au ix* siècle. Les fonction* des tribuns étaient celles<i, au rapport do Tite-Live (t. m) : « Nempé fuisse in moribus Rumanorum, ut dormis tribunorum noctu ne clouderenlur, sed interdiu noctuquo indigonli cuiquo oorum auxibo paterenl, quasi porlu* quidam et praesidium pereclilantium ■ mijoros enira tribunuin osso voluerunt, et tanquam arum omnibus accessibilem; proinde honore quidem saeroaanclos eos esse voluerunt, nec sine inexpiabili scelerc violabiles».

i. « Gon ogni divozione o sagra pompa, arcompagnamlole, ed egli *te*w ro' auoi soldat i, e lutta ilclero, ot popolodclLa cilla di Veroli, preceduli dal loro vescovo >.

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